Ce qui suit est un extrait (traduit par Google Lens) d’un article du Docteur en théologie évangélique suisse Erich MAUERHOFER, dans la revue « Der schmale Weg » n3 en 2023, sous le titre « Un chrétien peut-il perdre son salut ? »
En fait, il faut dire honnêtement que ce vrai titre de l’article montre que le long aboutissement que je ne publie pas (!) est le développement classique arminien, déjà largement débattu sur ce blog, quant à un salut qu’on pourrait reperdre. Alors, pourquoi est-ce que je publie quand-même ce début d’article, sachant que la sotériologie qu’il défend est également abondamment présentée sur jean3seize.com, dont c’était même l’objectif premier ?
Eh bien, parce que je remarque toujours à nouveau que nos frères calvinistes s’accrochent à des clichés quand ils parlent de la doctrine arminienne, qu’ils confondent apparemment avec l’enseignement semi-pélagien !
Cet article est une évidence de plus que nos amis arminiens croient fermement à la souveraineté de Dieu et à son élection, et n’attribuent pas une infime parcelle du salut à une initiative humaine ! Et même pour ce fameux 5e point « tulip » de la sécurité éternelle des élus, où nous ne partageons pas leur conclusion d’une vie éternelle qu’on puisse reperdre par négligence, vous noterez dans la portion publiée que l’auteur croit fermement que nous sommes en sécurité auprès de notre Dieu, qui nous garde en lui.
Bonne lecture à vous !
1. La base du salut est l’action salvatrice de Dieu
-en Jésus Christ : Galates 4.4.5 : Quand le temps fut accompli…
– dans le sacrifice substitutif de Jésus : Romains 5.8 ; 1 Pierre 2.24 ; 3.18 ; Hébreux 10.14
– dans la résurrection et l’ascension de Jésus : 1 Pierre 1.3.4 ss. ; Hébreux 7.25 (intercession)
Cet acte de salut témoigne de l’amour de Dieu et de l’obéisance de Jésus-Christ : Jean 3.16 ; Hébreux 5. 8.9
L’assurance du salut des croyants est basée sur le plan divin du salut (Éphésiens 1.3 et suiv.) et sur ce qui a été accompli par Jésus (Romains 5.10 ; 2 Corinthiens 5.19), ainsi que sur ce que nous sommes devenus par la foi en Jésus. (Rom. 8.1 ; 2 Corinthiens 5.17).
2. Vocation et élection
Matthieu 22.14 : Il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus.
– La perspective de la parabole des noces royales, en anticipation aux autres passages bibliques qui parlent de l’élection, est clairement celle-ci :
L’appel divin et l’élection divins doivent être accueillis par l’homme par la repentance et la conversion.
Celui qui ne reçoit pas l’appel de Dieu à venir à lui n’appartient pas aux élus et est comme l’homme qui veut se présenter devant le roi sans vêtement de noces (v. 12, 13).
Malgré son appel au royaume des cieux, cet homme va à sa perdition.
Deux des passages les plus importants concernant l’élection se trouvent dans Romains 8.28-30. Sur la base de ces parallèles, l’élection peut être considérée dans les domaines suivants :
|
Éph.1 |
Rom. 8 |
autres |
| – le dessein divin, sa volonté salvifique et son plan de salut avant la fondation du monde : |
v.3,4 |
v.28b |
1 Pierre 1.20 |
| – la prescience et préconnaissance divine |
|
V 29a |
Ps 139.16 |
| – la prédestination |
v 5,11 |
v29b,30 |
|
| – la révélation de Dieu en Jésus dans l’accomplissement des temps et dans le déroulement du salut |
v 7 |
v 32 |
Gal.4.4,5 ; Jean 14.9 |
| – la communication de la volonté de Dieu |
v 9 |
|
1 Tim.2.4 ;
1 Thess 4.3 etc. |
Le résumé de l’élection se trouve en Éphésiens 2.11ss
3. La souveraineté de Dieu et la question de la prédestination
a) Petite note sur l’histoire du dogme
Augustin, Calvin et ses successeurs enseignaient que Dieu avait prédestiné les uns au salut, les autres à la perdition. C’est la doctrine de la double prédestination. Cette construction mentale n’est en aucun cas étayée par la Bible.
b) Le point de vue biblique
L’invitation de Dieu, son élection, sa volonté de sauver et son acte de salut concernent fondamentalement tous les hommes.
1 Timothée 2. 4 ; 2 Pierre 3.9 ; Romains 5. 18 ; 1 Jean 2, 2 ; 2 Corinthiens 5.19 ; Jean 3.16 ; Tite 2.11
C’est pour cette raison que le message du salut proclamé s’applique à tous de manière indépendante, comme le précise clairement le commandement missionnaire du Seigneur :
Matthieu 28.18 ss. : Marc 16.15.16.
En référence à Matthieu 25.34.41, la doctrine de la double prédestination est totalement intenable, mais même la simple prédestination ne nous est décrite nulle part comme un déterminisme du salut.
- Le plan de salut ou les « décrets » de Dieu
L’action salvifique de Dieu était déterminée et prête avant la création des humains (avant la fondation du monde) : Éphésiens 1.4 et 1 Pierre 1.20). Dans ce contexte se trouvent aussi les passages qui parlent de la prescience de Dieu : 1 Pierre 1.2 ; Apocalypse 13.8 ; 17.8 ; 20.15 ; 21.27.
Apocalypse 13.8 ne doit jamais être confondu avec un déterminisme éternel du salut pour quelques élus, mais est en relation avec la prescience du Dieu qui voit tout (cf. Psaume139.16 et 1 Pierre 2.9, 10).
Les questions de prédestination ne peuvent jamais être correctement saisies et classées par notre esprit limité ; si nous n’avions pas les nombreux passages de la volonté salvifique de Dieu qui s’applique à tous, nous serions dans l’incapacité de concilier la prédestination divine et la liberté de choix personnel de l’homme, et nous tomberions comme Calvin dans l’erreur de la double prédestination. Mais une confrontation entre tous les passages qui parlent d’élection avec ceux qui appellent à la conversion nous montre que la prédestination de Dieu ne s’opère pas indépendamment de la décision de l’homme. Comparez, par exemple, Apocalypse 13.8 avec Apocalypse 3.5
Même si elle est limitée, la compréhension humaine peut mieux saisir le sujet de l’élection en considérant la préscience et la préconnaissance de Dieu.
5. La grâce prévenante
Puisque la perte de l’homme est abyssale (cf. Éphésiens 2, 1.5; deux fois « mort dans ses transgressions »), l’amour scrutateur de Dieu vient à notre rencontre (cf. la parabole de la brebis perdue et de l’argent perdu, Luc 15, 1-10 ); cf. Actes 16.14 de Lydie à Philippes : « Le Seigneur ouvrit son cœur pour qu’elle puisse prêter attention à ce qui était dit par Paul. >> Comparez aussi le passage très important de Jean 6.44.65.
Cette grâce prévenante était déjà reconnue par Augustin. La grâce prévenante est suivie par la «volontas subsequens » (la volonté ultérieure) de l’homme. Appliqué à la parabole du fils prodigue, cela signifierait : La grâce qui précède suit l’enfant prodigue et le conduit à la connaissance de soi. Si le fils, réduit au statut de porcher et d’esclave, s’était fermé à ce «processus de grâce », alors une réflexion intérieure, une conversion et un retour à la maison n’auraient jamais eu lieu (cf. Luc 15.18 ss.).
6. L’élection de la grâce
La référence à l’élection par grâce s’inscrit dans le contexte de l’élection à la vie éternelle. Personne ni rien n’aurait pu forcer Dieu à nous sauver, nous, les êtres humains perdus par nature. Son plan de rédemption et l’accomplissement du salut dans la croix et la résurrection de Jésus se combinent pour former la plus grande offre d’amour ; Il s’agit d’un don volontaire et incroyablement grand : c’est la grâce.
– Comparez l’élection d’Israël par grâce : Deutéronome 7. 7.8a
– Comparez l’élection de la grâce dans le Nouveau Testament par le Christ pour les Juifs et les Gentils : Éphésiens 2, 8.9 et autres.
7. Élection et responsabilité personnelle de l’homme
a) Election et vocation (identique) :
2 Pierre 1.10 : C’est pourquoi, frères et sœurs, appliquez-vous d’autant plus à affermir l’appel (la vocation) et le choix dont vous avez été l’objet, car si vous faites cela, vous ne trébucherez jamais.
Cf. aussi :
Apocalypse 17.14b : Ceux qui ont été appelés, choisis et fidèles et sont avec lui les vaincront aussi.
Luc 6.13 : Quand le jour fut levé, il appela ses disciples et il en choisit parmi eux douze auxquels il donna le nom d’apôtres :
b) La vocation comme actualisation du décret divin :
2 Timothée 1.9 : Il nous a sauvés et nous a adressé un saint appel (une vocation). Et il ne l’a pas fait à cause de nos œuvres, mais à cause de son propre plan et de sa grâce, qui nous a été accordée en Jésus-Christ de toute éternité 10 et qui a maintenant été révélée par la venue de notre Sauveur Jésus-Christ.
Cf. Hébreux 3.1 ; 2 Thessaloniciens 2.14
c) Ceux qui sont appelés acceptent l’appel (invitation) de Dieu sont les élus :
Matthieu 22.14 : Car il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus.
Le théologien Donald Guthrie dit à juste titre que les élus sont ceux qui acceptent (ou ont accepté réellement l’invitation.
d) Dieu ne contrôle pas l’homme ; mais il n’agit pas non plus sans les hommes:
1 Corinthiens 15.10 : Par la grâce de Dieu, je suis ce que je suis, et sa grâce n’a pas été sur moi en vain.» Cf. aussi Romains 1.6.7.
- Prescience de Dieu et responsabilité de l’homme : Actes 27.24,31
- Appel de Dieu et volonté de l’homme : Matthieu 22.3 … ils voulaient venir Matthieu 23.37 : tu n’as pas voulu. Jean 5.40 « mais vous n’êtes pas venus à moi pour avoir la vie. Jean 1.12 (j’ai un peu élargi le passage)
Jean 1.9 Cette lumière était la vraie lumière qui, en venant dans le monde, éclaire tout être humain. 10 Elle était dans le monde et le monde a été fait par elle, pourtant le monde ne l’a pas reconnue. 11 Elle est venue chez les siens, et les siens ne l’ont pas accueillie. 12 Mais à tous ceux qui l’ont acceptée, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le droit de devenir enfants de Dieu, 13 puisqu’ils sont nés non du fait de la nature, ni par une volonté humaine, ni par la volonté d’un mari, mais qu’ils sont nés de Dieu.
e) Les élus sont les croyants :
1 Thessaloniciens 1. 4ss ; Tite 1. 1. Romains 8.33 et plus
f) Les croyants ne sont appelés élus qu’après avoir accepté le salut :
1 Thessaloniciens 1.4,5 : Chers frères, bien-aimés de Dieu, nous savons que vous êtes élus, car notre prédication de l’Évangile vous est parvenue. Cf. v 6 à 10
g) Le but de l’élection est la transformation à l’image de Jésus Christ :
Attention : L’élection est une étape très décisive vers le but éternel, mais l’élection n’est pas déjà l’aboutissement !
h) Élection et discipulat
Les élus (1 Thessaloniciens 1.4) ont encore un besoin pressant :
- d’avertissements mutuels (1 Thessaloniciens 5.9.11)
- de consolidation doctrinale (2 Thessaloniciens 2.13,15)
- de croissance dans la sanctification (1 Thessaloniciens 4.3,7; 5.23),
- de viser un comportement digne (Éphésiens 4.1-6; Colossiens 3.12-14)
- de l’affermissement de leur élection (2 Pierre 1.9-11).
Le but n’est pas encore atteint (Philippiens 3.13,14). Le combat de la foi est l’aide du Seigneur pour survivre (2 Timothée 2.10 ; 1 Pierre 5.8.9 ; 1 Corinthiens 9.24 à 27)
8. Dieu préserve les croyants
– Le but nous est préservé : 1 Pierre 1.4 ; 2 Timothée 1.12
– Dieu nous préserve nous-mêmes (en lui) : 2 Thessaloniciens 3.3 ; 1 Pierre 1.5 ; Jean 10.28 ; Philippiens 4.7 ; Apocalypse 3.10
– Dieu fortifie les croyants : 2 Thessaloniciens 2.16.17 ; 3.3 ; 1 Pierre 5.10 ; Colossiens 1.11 ; Hébreux 13.21
– Dieu nous purifie et nous sanctifie : Jean 15.2 ; 1 Jean 1.7 ; Jean 17.17 ; Éphésiens 5.27 ; 1 Thessaloniciens 5.23
– La prière protectrice et le service d’intercession de Jésus : Jean 17.11,15 ; Romains 8.1. Jean 2.1 ; Hébreux 7.25
– Le Seigneur ne laisse pas les croyants seuls (Jean 14.16-18). Il préserve, purifie et mène au but.
9. L’accomplissement
a) l’assurance de l’achèvement du salut
– Avec la foi en Jésus, nous sommes enfants et héritiers de Dieu : Romains 8, 4, 7 ; Tite 3:7 ; Jacques 2:5
Le Saint-Esprit est donné à ceux qui sont nés de nouveau comme un acompte, un gage Éphésiens 1.14 ; 2 Corinthiens 1.22 ; 5.5
b) L’action accomplie de Dieu
– la fidélité de Dieu : 2 Thessaloniciens 2.13-17
– la fidélité de Dieu dans nos tentations : 1 Corinthiens 10.13 ; 2 Thess. 3, 3 ;
– La fidélité de Dieu dans le pardon : 1 Jean 1.7b, 9 ; 2.1,2
– la fidélité de Dieu dans la préservation du salut : 1 Cor. 1.8.9 ; 1 Thess. 5.23
Du côté de Dieu, une conduite sûre jusqu’à la destination est garantie,
Hébreux 10.14 ; 12,2 ; Philippiens 1.6
c) mais tout ceci non sans référence à la responsabilité personnelle !
Les promesses de préservation du salut se présentent souvent précisément en relation avec
une référence à la responsabilité personnelle du croyant.
| Promesses et fidélité de Dieu |
Responsabilité humaine |
| Philippiens 1.6 |
Philippiens 1.27 |
| Philippiens 2.13 |
Philippiens 2.12 |
| 1 Corinthiens1.8,9 |
1 Corinthiens 1.10a |
| Hébreux 12.2 |
Hébreux 12.1 à 17 |
| Éphésiens chapitres 1 à 4 |
Éphésiens chapitres 4 à 6 |
La suite de ce bel article est une très longue accentuation de la responsabilité humaine pour ne pas perdre le salut. L’auteur y dit des choses importantes pour nous stimuler à veiller et à progresser dans notre sanctification.
Ayant la même Bible, nous sommes d’accord avec lui, avec la nuance fondamentale que nous ne voyons pas dans les Écritures un risque de perdre la vie… éternelle, mais un risque de ne pas arriver au but :
- de cette vie éternelle, en ce qui concerne ceux qui ne sont pas allés jusqu’au bout dans leur démarche (« efforcez-vous d’entrer par la porte étroite »
- de la course vers la vocation céleste en vainqueur, sans rapport avec le salut (comme au travers du feu).
Cette problématique est largement exposée sur le blog, je ne rallonge donc pas l’article d’une partie encore plus longue que jusqu’ici, mais je termine quand-même par une affirmation de l’auteur à laquelle tous souscriront :
Qu’on se comprenne bien, il n’est pas question de savoir si nous pouvons ou devons faire quelque chose pour notre salut. C’est complètement impossible ! En revanche, le Nouveau Testament nous montre clairement que dans les passages qui concernent le maintien en Jésus, la sanctification, la croissance et la succession des régénérés, deux choses doivent être prises en compte :
– La sanctification (croissance) est un don du Seigneur et s’effectue sur nous et en nous par le Saint-Esprit ;
– mais en même temps, la sanctification relève entièrement de la sphère de responsabilité humaine.
Une attention particulière portée à cette « tension » biblique entre don et responsabilité ou entre indicatif et impératif montre que la personnalité du croyant est toujours pleinement préservée par Dieu même après la nouvelle naissance. Dieu ne peut progresser chez le croyant que dans la mesure où le croyant donne son consentement.
Là où l’œuvre du Saint-Esprit est bloquée, le chrétien devient tiède et retombe dans la mort spirituelle (cf. Apocalypse 3 : 14 et suiv.). Quiconque met l’accent unilatéralement sur l’œuvre de Dieu sur les croyants au détriment de la responsabilité personnelle ne peut pas saisir correctement la profondeur biblique de l’avertissement.
Amen ! (sauf… retombe dans la mort spirituelle » 🙂 )
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