Jean 6.37 : Tout ce que le Père me donne viendra à moi (Frédéric GODET)

Ce verset et les suivants établissent-ils la prédestination au salut ?
Le théologien suisse du XIXe siècle, Frédéric GODET fait le point.
Et il ne le fait pas comme un débat des hautes sphères, mais de manière à toucher nos cœurs et les pousser à l’adoration de notre Sauveur !

2021-12-17

(création : Bible.com)

Quiconque arrive à Jésus comme un recommandé du Père est sûr d’être accueilli de lui.

Tout ce que le Père me donne, arrivera à moi ; et celui qui viendra à moi, je ne le mettrai point dehors; car je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé.  Jean 6.37, 38
.
Par ces mots : Tout ce que le Père me donne, Jésus oppose énergiquement les croyants de tous les temps à ces hommes auxquels il vient de dire : Vous ne croyez pas ! //
L’étendue de ce « tout » dépend d’une action du Père désignée ici par le terme de donner, plus tard par ceux d’enseigner, d’attirer (v. 44 et 45).
Le premier de ces trois termes, pas plus que les deux autres, ne se rapporte à un décret éternel d’élection : il y aurait plutôt dans ce cas : « Tout ce que le Père m’ a donné« .

Jésus parle d’une action divine exercée dans le cœur des croyants, au moment où ils se donnent à lui. Cette action est opposée non à la liberté humaine, mais à un attrait purement charnel, à ces grossières aspirations messianiques qui avaient ramené le matin même ces foules à Jésus (v. 26) sans cette faim et cette soif de la justice (Matthieu 5.6) //

Chaque fois que Jésus voit venir à lui une pareille âme, il la reçoit comme un don de Dieu, et son succès auprès d’elle est certain. //
Jésus veut dire, non pas seulement que tous ceux que le Père lui donne s’achemineront vers lui, croiront, mais qu’ils parviendront au but.

Il ne leur arrivera pas, comme à ses auditeurs actuels, de faire naufrage en route. La seconde partie du verset est parallèle à la première. //
– « Celui qui vient à moi » répond à : »Tout ce que le Père me donne« ; ce sont les deux côtés, divin et humain, de la préparation intérieure du salut.
– « arrivera à moi » répond à : « Je ne mettrai pas dehors« ; c’est l’accomplissement du salut lui-même sous le rapport positif et négatif.
Jésus paraît faire allusion par ce dernier terme : mettre dehors, à la manière  sévère dont il avait reçu cette foule si empressée à venir à lui et l’avait repoussée avec une sorte de dureté (v. 26 et 38).

Il ne les a ainsi reçus que parce qu’il n’a point reconnu en eux des dons du Père ; car jamais aucun cœur travaillé par des besoins spirituels et venant à lui sous cette divine impulsion ne sera repoussé par lui.

Cette parole rappelle celle des synoptiques : « Venez à moi, vous tous qui êtes travaillés et chargés, et je vous soulagerai » (Matthieu 11.28).
– La seconde proposition a donc au fond le même sens que la première ; mais elle la complète, d’abord en individualisant le « tout« , de la première « celui qui. . .« , puis en substituant la forme négative, qui exclut toute exception (je ne mettrai pas dehors), à la simple affirmation (arrivera).
– La certitude de cet accueil plein d’amour promis aux croyants est justifiée au v. 38 par la dépendance complète où Jésus s’est mis par rapport au Père en venant ici-bas.

Ayant renoncé d’avance à toute œuvre propre, il ne peut qu’accueillir quiconque s’approche de lui marqué du sceau du Père. -Le terme « je suis descendu« , renferme l’affirmation de sa préexistence. //

Pour peu que Jésus voulût accomplir ici-bas une œuvre à lui, distincte de celle du Père, son accueil ou ses refus seraient déterminés, au moins en partie, par des sympathies ou des répugnances personnelles, et ne coïncideraient pas absolument avec la préparation due au travail de Dieu dans les âmes.

Mais, comme il n’en est rien et qu’il n’a de volonté que pour s’approprier
à chaque instant celle du Père, il résulte de là que  quiconque lui arrive comme un recommandé du Père, est sûr d’être accueilli de lui ; comparez la même idée de dépendance volontaire dans le discours du ch. 5.

6.39 : Or voici la volonté de celui qui m’a envoyé, c’est que je ne perde rien de tout ce qu’il m’a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour.

La volonté du Père n’est pas seulement que Jésus accueille, mais encore qu’il garde ceux qu’il lui donne. Et il l’a revêtu en effet des pouvoirs nécessaires pour sauver les siens jusqu’au bout ; il est chargé de Dieu de les conduire jusqu’au terme glorieux du salut, et même de les retirer de la mort.//

Jésus penserait-il peut-être à ce pain, don de Dieu aussi, dont aucun fragment n’avait dû se perdre (v. 12), et en comparaison duquel le don de Dieu dont il parle ici est infiniment plus précieux.//

Le don est maintenant réalisé par la foi de l’homme, d’une part, par l’accueil de Jésus de l’autre. Mais le but n’est pas encore atteint par là. Il faut d’abord empêcher le croyant de retomber dans l’état de péché qui le perdrait de nouveau, puis l’affranchir au dernier jour de la mort physique, afin de le présenter glorieux aux regards du Père.

Nous retrouvons ici la double activité que Jésus a décrite 5.21-29 : la communication de la nouvelle vie spirituelle et par là le don de la résurrection du corps, qui seul épuise le sens de l’expression : pain de vie. //

Le passage 5.29 prouve que Jésus pense, non à une phase particulière de chaque existence individuelle, mais à l’heure solennelle où tous les morts, couchés dans les tombeaux, entendront sa voix et ressusciteront corporellement. //

Si cette notion avait si peu d’importance pour l’auteur, comment reparaîtrait-elle jusqu’à quatre fois dans ce morceau et en formerait-elle comme le refrain (v. 39,40,44,54) ?  Il est incontestable que la résurrection corporelle est présentée dans ce passage, aussi bien que dans le discours du ch. 5, comme le couronnement nécessaire de l’œuvre spirituelle accomplie par le Christ dans l’humanité. Jean est, sur ce point, d’accord avec les synoptiques et avec Paul (1 Corinthiens ch. 15). //

– Jésus, en terminant cette première partie de l’entretien, insiste de nouveau sur la condition humaine de la foi qui doit correspondre à sa propre œuvre, car
c’était là ce qui manquait à ses interlocuteurs. p 838  Frédéric GODET
https://theotex.org/perl/theotex_pgsvg.pl?bk=godet_jean#top

Qui était Frédéric Godet ?
https://theotex.org/sdo/notice_godet.html

Compléments :

Cliquer pour accéder à Etude%20de%20Jean%202014-09-25.pdf

(Bernard GUY, Église évangélique baptiste l’Eau vive à Sherbrooke (Québec)

https://www.levangile.com/Bible-Annotee-Jean-6.htm

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Soyez bénis et réjouis lors de votre fête de Noël, en communion avec le Sauveur du monde qui est le nôtre ! Et bonne année bénie 2022, les yeux rivés sur notre Dieu souverain !

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2 réflexions sur « Jean 6.37 : Tout ce que le Père me donne viendra à moi (Frédéric GODET) »

  1. Suis sensible à l’accent de ce passage de Jean 6 qui me semble porter sur la concordance de la volonté du Père et du Fils envers les croyants, pour la sécurité de leur salut. Merci Seigneur !

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