Éphésiens 2.1, 5 : On ne lance pas une corde à un mort ?

Un homme est embourbé au fond d’un puits profond. Son seul salut réside dans les bras forts qui lui lancent une corde et le hissent en-dehors du puits…
Qui ne connaît cette analogie pour le pécheur déchu ?
Mais Éphésiens 2 l’invaliderait-il  ? Continuer à lire … « Éphésiens 2.1, 5 : On ne lance pas une corde à un mort ? »

Hébreux 4.12 : Est-ce que la Parole sépare l’âme et l’esprit ?

Est-ce que la Parole trie entre ce qui vient de l’âme et ce qui vient de l’esprit ?Lisons le passage biblique en question dans son contexte :

Hébreux 4. 11 à 13 : 11 Empressons-nous donc d’entrer dans ce repos afin que personne ne tombe dans la désobéissance à l’exemple des Israélites. 12 Car la Parole de Dieu est vivante et efficace. Elle est plus tranchante que toute épée à double tranchant et, pénétrant jusqu’au plus profond de l’être, jusqu’à atteindre âme et esprit, jointures et moelle, elle juge les dispositions et les pensées du coeur. 13 Nulle créature n’échappe au regard de Dieu, tout est à nu et à découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte.

Cette épée à deux tranchants de la Parole de Dieu est donc appelée à nous conduire dans ce repos de Dieu dont parle ce chapitre, donc à enlever ce qui nous en prive !

Garder cela à l’esprit nous préservera de fausses compréhensions, dont celle, à mon avis, rendue (uniquement, il me semble) par les diverses versions Segond, la 21 y compris, à mon étonnement) :

jusqu’à séparer (ou partager) âme et esprit ??

(moëlle et jointures ??)

C’est ainsi que le jeune Watchman Nee avait élaboré toute une anatomie spirituelle de l’homme, qui, selon lui (dans « L’homme spirituel ») se décoderait ainsi :
– à l’étage inférieur : une âme composée de l’intelligence, de la volonté et des sentiments, les 3 expressions de la vie du « moi ». Et comme celui-ci est pécheur, l’âme livrée à elle-même nous égare ! (ce qui est vrai !)
– à l’étage supérieur, un esprit constitué de 3 composantes supérieures à celles de l’âme, et vivifiées par la nouvelle naissance : l’intuition, la volition et la communion.

Selon ce schéma (qu’il ne me semble pas que Watchman Nee ait repris dans ses écrits plus mûrs, comme « La vie chrétienne normale »), il conviendrait de se méfier des initiatives de l’âme et d’amener cette dernière à la soumission à l’esprit, partie régénérée du chrétien. Et Hébreux 4.12 est alors cité. – ??

Essai de réponse :

Notons d’abord, qu’ici l’âme et l’esprit sont évoqués en même temps qu’une autre paire,  la moelle et les jointures :
– qui n’ont pas besoin d’être séparées (la moëlle est cachée dans l’os et n’est jamais en contact avec les articulations !)
– qui n’ont apparemment aucune connotation spirituelle !

Ensuite, cette séparation entre âme et esprit risque d’être très ardue à faire, quand on lit, par exemple :

Psaume 77.4 : mon esprit est abattu.
Psaume 107.5 : leur âme était abattue.
Hébreux 12.3 : afin de ne pas vous laisser abattre par le découragement.

>> On voit bien qu’au-moins ici, les termes âme et esprit sont interchangeables, et peuvent être remplacés aussi par le « je » de notre être intérieur. Et cela se complique encore avec le terme « cœur » :
Dans les Écritures, le cœur réfléchit, a une volonté,  se réjouit ou s’attriste, l’âme et l’esprit aussi !!

Dans De l’âme et de l’esprit, Henri Blocher recense beaucoup d’autres exemples de ce genre. Pour nous, cela suffira : je ne pars pas en guerre contre la conception trichotomiste de l’homme. Ce n’est pas notre propos, ce serait un débat stérile. Nous, nous intéresserons seulement à bien cibler notre vrai combat.

Notre combat de chrétiens n’est pas entre une âme charnelle et pécheresse et un esprit saint, soumis au Saint-Esprit.
Il consiste plutôt à amener notre être entier  (corps, âme, esprit, cœur… ) à ne pas continuer à vivre livré à lui-même, mais à se soumettre constamment à la seigneurie de Christ, qui habite en nous par le Saint-Esprit ! C’est cela la différence entre « vivre selon la chair » et « vivre selon l’Esprit » ! (avec une majuscule !)

Avec cet éclairage, lisons l’exégèse de notre passage d’Hébreux 4 par des serviteurs de Dieu avisés :

Extraits de Levangile.com, repris par plusieurs autres sites, dont TopBible.

La parole de Dieu est vivante et efficace, ou énergique ;
– vivante comme le « Dieu vivant » (Hébreux 3.12) dont elle procède, comme son Esprit qui agit par elle et qui par elle crée la vie dans les âmes ; c’est par elle qu’il a appelé à l’existence les choses qui n’étaient pas (Hébreux 1.3) ;
– efficace, au point que jamais elle ne s’adresse en vain à aucun homme, mais opère en chacun, soit la repentance et le salut, soit la résistance et la condamnation, « odeur de vie pour la vie, ou odeur de mort pour la mort » (2 Corinthiens 2.16). //

La Parole perce cette cuirasse d’illusions, d’orgueil, de subterfuges, d’égoïsme, de mensonge dont l’homme s’enveloppe devant Dieu (comparer Matthieu 7.28 ; Actes 2.37).

Grec : Jusqu’au partage d’âme et d’esprit, de jointures et moelles. Elle pénètre tellement tout l’intérieur de l’homme, qu’elle parvient jusqu’au fond de l’âme, siège des affections, de l’esprit où résident les facultés intellectuelles ; ou pour user d’une figure de langage, elle pénètre jusque dans les parties les plus fortement liées du corps, les jointures, jusqu’à ses parties les plus cachées, les moelles : ainsi la Parole atteint les dernières profondeurs de l’homme et elle y produit une action qui est indiquée dans les mots suivants. //

Voilà proprement le but de l’action pénétrante de la Parole :
elle exerce en l’homme, dès ici-bas, le jugement de Dieu ; elle porte la lumière dans sa conscience ; elle condamne et absout, elle tue et donne la vie.

(comparer Jean 3.18,19 ; Jean 5.45 ; Jean 9.39 ; Jean 12.48).
                                     Levangile.com, repris par plusieurs autres sites, dont TopBible.

Extraits de BibleEnLigne.com, version intermédiaire

La parole de Dieu est vivante, comme Dieu dont elle émane; elle est l’expression de sa volonté. Elle produit son effet: elle appelle à l’existence, de même qu’elle fait rentrer dans le néant. Elle agit sur l’âme, et le fait avec énergie, ce qu’indique le mot « opérante ».

Et pour montrer avec encore plus de force jusqu’où va son action, il nous est dit qu’elle est « plus pénétrante qu’aucune épée à deux tranchant s».
Et pourquoi cette vie, cette énergie et cette puissance? Pour atteindre à ce qu’il y a de plus intime chez l’homme, « jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ». Elle sépare, par la puissance de la vérité, ce qui est le plus étroitement lié dans nos pensées.

Si l’âme (ce qui est de la nature) mêle ses sentiments avec ce qui est spirituel, la Parole nous le fait discerner. Elle nous montre, comme révélation de Dieu, ce qui est de Dieu et ce qui est du moi.

« Les jointures et les moelles » est à la fois ce qu’il y a de plus vital et de plus profondément caché.

Quel est donc l’effet de cette pénétration de la Parole dans ce qu’il y a de plus intime en nous? C’est de juger les pensées et les intentions du cœur. Elle juge les pensées de la chair qui produisent l’incrédulité et nous conduisent à négliger le repos d’en haut pour le chercher ici-bas. Elle juge ce qui dans le cœur est de Dieu et ce qui n’est pas de lui. Elle manifeste ce qui est un obstacle à notre marche, les ruses et les pièges de notre cœur pour nous faire abandonner notre position de foi. Les intentions même sont jugées par elle. Mon intention peut me sembler bonne, mais supporte-t-elle le jugement de la Parole? Est-ce que je n’y mêle rien du « moi  » ?

Pensées, désirs, motifs, tout a besoin d’être jugé et contrôlé par elle, afin que notre marche dans le désert ne soit ni arrêtée, ni ralentie, mais se poursuive vers le but, le repos.

Qu’elle est donc précieuse comme guide divin pour nous! Elle juge à la racine même les tendances perfides de notre chair, de sorte que nous puissions poursuivre avec joie et confiance notre chemin.        BibleEnLigne intermédiaire)

On trouve sur le Net d’autres précieux articles qui vont dans le même sens.
Que notre cœur, nos pensées, nos sentiments, notre esprit, notre volonté soient de plus en plus ouverts à cette action bienfaisante de la Parole vivante et efficace de notre Dieu ! Pour cela, la méditons-nous ?

Autre article récent important : Vivre l’Église dans mon fauteuil ?

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Romains 8.28 : Toutes choses voulues par Dieu pour mon bien ?

Nous savons, du reste, que Dieu fait concourir toutes choses au bien de ceux qui l’aiment, de ceux qui sont appelés se­lon son dessein.

r 1 >> Nous utilisons massivement ce verset pour encourager ceux qui souffrent. Décès d’un être cher, fin d’une carrière ou occasion manquée : les chrétiens ont tendance à citer, en toute sincérité, Romains 8.28 pour assurer aux personnes en souf­france que Dieu continue à œuvrer avec eux et pour eux et que ce malheur fait donc partie du plan de Dieu pour eux.

Les auteurs rendent attentif à deux sérieuses erreurs de lecture :
La première : Nous lisons que toutes choses sont bonnes, puisque venant de Dieu.

Nous entendons souvent : « Tout ce qui se produit est la volonté de Dieu. » Nous répondons : « Faites-vous toujours la volonté de Dieu ? »  « Non », finira-t-on par admettre à contrecœur. Exact. L’une des définitions du péché, c’est le refus d’obéir à la volonté divine. N’utilisons pas ce verset pour essayer de transformer une mau­vaise chose en une bonne chose en suggérant qu’elles sont toutes causées par le Seigneur. Ce serait une grossière erreur. Dieu fait parfois naître le bien des cendres du mal, mais ce n’est pas la même chose. Souvent, Job est mentionné ici. Quelqu’un me rap­pellera sans doute que Job a eu d’autres fils et filles (Job 42.13). Sans vouloir offenser quiconque, si Dieu prenait mes fils au­jourd’hui et m’en donnait deux autres plus tard, nous ne serions pas « quittes » pour autant. Je ne voudrais jamais, au grand jamais, citer Romains 8.28 à un parent endeuiIIé. Ce verset ne signifie pas : « Accroche-toi, Dieu va te dédommager. »

La deuxième erreur, c’est quand notre instinct individualiste nous fait lire : … au bien pour moi ! Les auteurs rappellent que tous les martyrs chrétiens étaient convaincus de la véracité de Romains 8.28. Pourtant, d’un point de vue humain, les choses n’ont pas bien tourné pour eux.

Romains 8.28, comme Jérémie 29.11, renvoie probablement à nous et non à moi. Tout concourt au bien du peuple de Dieu (au sens collectif), même si des croyants individuels endurent par­fois la mort ou toutes sortes de souffrances absurdes. Soyons prudents lorsque nous appliquons une promesse destinée à l’en­semble du peuple de Dieu à un individu ou même à un groupe ou une génération spécifiques. //
(Pour chacun d’entre nous), cette promesse ne dit pas que nous n’aurons jamais à souffrir et serons à l’abri de toute peine. Elle nous assure plutôt qu’à travers les souffrances et les peines qui découlent iné­vitablement de notre nature humaine, Dieu peut nous former à la piété. Dans le cas présent, l’accent n’est pas placé sur l’espoir qu’il fera tout contribuer à notre bien personnel. II est placé sur le fait que Dieu prépare son peuple, c’est-à-dire nous, à mieux le servir.

E. Randolph RICHARDS et Brandon J. O’BRIEN, Lire la Bible sans filtre ,  La Maison de La Bible.

r2 >> Les articles suivants donnent, avec raison aussi,  me semble-t-il, une application individuelle pour chacun d’entre nous.
Celui-ci insiste sur l’identité de ceux à qui la promesse s’adresse

La Bible annotée : https://www.levangile.com/Bible-Annotee-Romains-8-Note-28.htm

r3 >> L’article suivant analyse la notion de bien que promet ce verset : 
Tout concourt-il vraiment au bien ? Romains 8:28 dans son contexte

Related Media https://bible.org/article/tout-concourt-il-vraiment-au-bien-romains-828-dans-son-contexte

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Jérémie 1.5 : Choisis dès avant notre naissance ?

« Avant de te former dans le ventre de ta mère, je te connaissais, et avant que tu naisses, je t’avais consacré » (Jérémie 1.5). Continuer à lire … « Jérémie 1.5 : Choisis dès avant notre naissance ? »

Prescience de Dieu et grâce prévenante (Roger Olson)

Contrairement au site Arminianisme Évangélique dont je vous partage ici quelques pépites, notre but n’est pas de promouvoir une école de pensée, aussi bonne soit-elle globalement, mais d’être le plus fidèle possible aux Écritures, même si celles-ci bousculent nos conceptions – et heureusement qu’elles le font ! (Lecteurs, n’hésitez pas à signaler les erreurs constatées !) Continuer à lire … « Prescience de Dieu et grâce prévenante (Roger Olson) »

Claude, pourquoi tu ne te proclames pas arminien ?

« … de ton coté tu ne fais que promouvoir l’arminianisme 4 points, sans le nommer. Le fait de nommer ou non une pensée théologique ne te rend pas plus libre ou engagé. Je ne vois aucune différence in fine, si ce n’est qu’une étiquette permet au lecteur de se rendre compte plus rapidement la pensée que tu promeus. »

Continuer à lire … « Claude, pourquoi tu ne te proclames pas arminien ? »

La Chute, une bénédiction pour les hommes ?

J’ai osé ce titre provocateur, qui ne provient bien sûr pas d’un lecteur.
r 1>> Calvin avait bien affirmé que Dieu avait voulu que l’homme chute dans le péché. Il avait appelé cela « l’horrible dessein ». John Wesley, à qui nous donnons la parole ici,  expose ici une alternative plus réjouissante, et qui vaut la peine d’être examinée. Continuer à lire … « La Chute, une bénédiction pour les hommes ? »