Un potier qui fabrique des pots pour les détruire ?

Lisons attentivement le texte de Romains 9 qui parle de pots :

Romains 9.20, 21 : Mais, qui es-tu donc toi, homme, pour critiquer Dieu ? L’ouvrage demandera-t-il à l’ouvrier : « Pourquoi m’as-tu fait ainsi ? »  Le potier n’a-t-il pas le droit, à partir du même bloc d’argile, de fabriquer un pot d’usage noble et un autre pour l’usage courant ?

V 22, 23 : Et si Dieu, voulant montrer sa colère et faire connaître sa puissance, a supporté avec une grande patience des vases de colère formés pour la perdition ? Et s’il a voulu faire connaître la richesse de sa gloire à des vases de miséricorde qu’il a d’avance préparés pour la gloire ?

Avez-vous déjà remarqué que nous avons deux images ici ?
– Aux versets 20 et 21, nous avons les vases selon leur usage, et Paul oppose vases d’honneur et vases d’usage courant.
– Aux versets 22 et 23, il y a les vases selon leur destination finale, et l’apôtre oppose les vases de miséricorde préparés pour la gloire aux vases de colère, prêts pour la perdition.

Ces deux images des vases sont la 5e et la 6e illustrations de Romains 9 pour expliquer la souveraineté de Dieu dans le remplacement de l’Israël physique par l’Israël spirituel (l’Église).[1] L’Église inclut autant les païens que les juifs qui croient au Christ (car c’est de cela qu’il s’agit). C’est cela le vrai sens des 6 images de ce chapitre et, en ce qui concerne celle des vases, c’est nettement exprimé à la suite du passage que nous étudions :

V 24 à 26 : Et s’il a voulu faire connaître la richesse de sa gloire à des vases de miséricorde qu’il a d’avance préparés pour la gloire ? C’est-à-dire à nous qu’il a appelés, non seulement d’entre les juifs, mais encore d’entre les païens, comme il le dit dans Osée : Celui qui n’était pas mon peuple, je l’appellerai mon peuple, et celle qui n’était pas la bien-aimée, je l’appellerai bien-aimée ;  et là même où on leur disait : vous n’êtes pas mon peuple ! Ils seront appelés fils du Dieu vivant.

Voyons la 1e paire opposée de vases :

1) Les vases d’honneur et les vases d’un usage courant  (v 20, 21)

Vues du côté humain, certaines vies semblent éclatantes de réussites et d’honneurs, alors que d’autres paraissent si humbles et ternes qu’elles passent totalement inaperçues aux yeux des hommes, si elles ne sont pas en plus criblées de malheurs. Comment non seulement accepter des destins si dissemblables, mais aussi pouvoir adorer Dieu de tout cœur ?

 1– Sans conteste, l’objectif de ces versets est de faire taire les… contestations.
Le Seigneur est souverain, et il sait parfaitement ce qu’il fait. D’autant plus que les vases d’usage vil ne sont pas moins nécessaires que ceux d’un usage magnifié. Le pot de chambre n’était certainement pas moins utile que le vase de Chine au salon ! Paul reprend ce que le Seigneur avait déjà dit par Ésaïe :

Ésaïe 45.9 : Malheur à qui conteste avec celui qui l’a façonné ! Vase parmi les vases de terre ! L’argile dit-elle à celui qui la façonne : Que fais-tu ? Et ton œuvre ne vaut rien ?

2– L’échelle de valeurs du Seigneur est totalement différente de la nôtre. Par le même Ésaïe, il dit à son peuple que même s’il est petit et méprisé par les nations, il est précieux à ses yeux ! (Ésaïe 41.14 ; 43.1 à 13) Il en est de même pour son peuple spirituel, l’Église, persécuté dès le début par les grands de ce monde. Paul s’extasie de cet amour du Christ envers l’Église. (cf. Éphésiens 5.32)

Revenons à l’homme individuel. À Samuel, chargé de choisir le nouveau roi, Dieu dit en 1 Samuel 16.7 :
L’homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l’Éternel regarde au cœur.

Il est vrai que ce petit David, choisi de préférence à ses grands frères, Dieu allait en faire un grand homme aux yeux du peuple. De même, le Messie méprisé d’Ésaïe 52 et 53 est (re)devenu le roi de gloire que nous adorerons pendant toute l’éternité.

Mais il n’agit pas toujours ainsi, et certaines vies restent cachées en Dieu jusqu’au bout… Et Marie, ce vase d’honneur par excellence pendant une période de sa vie, semble être redevenue un vase d’usage très commun après la croix, vivant même du soutien du disciple Jean.

3– À chaque grande détresse correspond une bénédiction extraordinaire !(cf. l’exemple de Joni Eareckson Tada)

4– Les vases d’usage courant peuvent être changés en vases d’usage précieux !
Proverbe 25, au verset 4 :  Ôte de l’argent les scories, et il en sortira un vase pour l’orfèvre.

Ainsi, après avoir évoqué le cas de chrétiens qui se sont écartés de la vérité et qui détournent d’autres de la foi, l’apôtre dit :
2 Timothée 2.20, 21 : Dans une grande maison, il n’y a pas seulement des vases d’or et d’argent, il y en a aussi en bois et en terre cuite. Les premiers sont réservés aux grandes occasions. Les autres sont destinés à l’usage courant. Eh bien, si quelqu’un se garde pur de tout ce dont j’ai parlé, il sera un vase destiné à un noble usage, purifié, utile à son propriétaire, disponible pour toutes sortes d’œuvres bonnes.

Le genre de vase que le Seigneur a fait de nous aux yeux du monde par notre naissance et par nos circonstances importe donc peu. L’important est quel vase nous sommes aux yeux du Seigneur : un vase à l’usage courant, ou un vase destiné à un noble usage, purifié, utile à son propriétaire, disponible pour toutes sortes d’œuvres bonnes. Et cela, c’est de nous que cela dépend : « Qu’il se détourne du mal, celui qui affirme qu’il appartient au Seigneur » et « si quelqu’un se garde pur » !

5– Il y aura un moment où toutes ces inégalités de destin seront effacées dans la cité céleste (pour ceux qui auront cru) 

Adorons le grand Potier pour la diversité qu’il a voulue pour ses créatures.
Il se glorifie autant dans le grain de moutarde que dans le cèdre puissant du Liban, autant dans un « vase » humain modeste que dans un autre plus prestigieux. Même à ce dernier, le Seigneur laissera une dose de faiblesse pour vaincre la vanité et l’orgueil !

2 Corinthiens 4. 7 : Mais ce trésor, nous le portons dans les vases faits d’argile que nous sommes, pour que ce soit la puissance extraordinaire de Dieu qui se manifeste, et non notre propre capacité.

Oui, l’adoration des enfants du Père est souvent baignée de larmes.
Venons-en maintenant à la 2e allégorie des vases de Paul en Romains 9. C’est elle qui fonde la théologie du tri divin initial des âmes selon leur destination de salut ou de perdition, comme énoncé par Calvin.

2) Les vases de colère et les vases de miséricorde (v 22, 23)

V 22, 23 : Et que dire, si Dieu, voulant montrer sa colère et faire connaître sa puissance, a supporté avec une grande patience des vases de colère formés pour la perdition, et s’il a voulu faire connaître la richesse de sa gloire envers des vases de miséricorde qu’il a d’avance préparés pour la gloire ?

Il y a donc aussi ici deux sortes de vases, classés cette fois d’après leur destination finale : les vases de colère et les vases de miséricorde. Remarquons tout de suite à propos desquels il est dit que Dieu voulait montrer par eux la richesse de sa gloire ? Eh oui, des vases de miséricorde ! De ces derniers, il est dit que « Dieu les a préparés d’avance pour la gloire » ! Oui, chaque homme et chaque femme qui a obtenu miséricorde auprès de Dieu par la foi en la mort de son Fils sur la croix a été préparé d’avance pour la gloire ! Je le crois de tout mon cœur, et cela ne me pose aucun problème, car la Bible parle amplement de la prescience agissante de Dieu.

Actes 2.23 : cet homme, livré selon le dessein arrêté et selon la prescience de Dieu, vous l’avez fait mourir en le crucifiant par la main des impies.

1 Pierre 1.2 : (élus) selon la prescience de Dieu le Père, par la sanctification de l’Esprit, …

Ne limitons pas Dieu, qui peut se situer à la fois dans le passé, le présent et l’avenir. C’est quelque chose qui dépasse notre compréhension, mais ne heurte pas pour autant notre raison. Le vrai problème est au niveau de ces fameux vases préparés pour la destruction !

Dans ma jeunesse, la poterie de mon village m’était très familière. Je n’ai jamais vu les potiers former et cuire le moindre pot dans l’intention de le briser ! En effet, chacun trouverait cela insensé !

Ainsi, comment croire que Dieu aurait créé une partie des hommes pour les sauver et une autre pour les damner éternellement ? Mais sommes-nous conscients que cela pourrait bien signifier que Dieu aurait créé 90 % des hommes pour les envoyer souffrir éternellement en enfer ? Il aurait trouvé cela « expédient » comme disait Calvin . Dieu a voulu qu’il reste dans l’homme pécheur une perception juste de sa loi morale, car nous sommes toujours créés à l’image de Dieu. Mentir, tromper, tuer, léser… sont toujours des actions réprouvées par toute conscience morale normale, même par ceux qui font ces choses malgré tout ! Aussi, notre conscience fonctionne correctement quand elle nous dit que précipiter sciemment des milliards de personnes dans le malheur éternel juste pour se glorifier serait quelque chose d’épouvantable. Calvin le reconnaissait en parlant de « décret horrible[2] » ! Institution, III.xxiii.7.

Et Wayne Grudem, dans sa Théologie systématique, p 351 (Excelsis) écrit : Nous devons finalement confesser que nous ne comprenons pas comment Dieu peut décréter nos mauvaises actions et nous en tenir néanmoins pour responsables sans être lui-même mis en cause.

Mais ce que nous dit notre conscience morale doit être confirmé par ce qu’affirme la Parole de Dieu, car le péché en nous a quand même faussé notre boussole intérieure, qui n’est plus sûre à 100 %, loin s’en faut. Examinons donc ce texte des vases destinés à la casse.

Dieu, voulant montrer sa colère et faire connaître sa puissance, a supporté avec une grande patience des vases de colère formés pour la perdition. (Romains 9.22)

1)- Ce verset rejoint celui de Proverbes 16.4, qui pourrait être à priori   un des meilleurs arguments calvinistes :
L’Éternel a tout fait pour un but, même le méchant pour le jour du malheur.

Richard Doulière précise : Ce verset, selon les LXX, me semble devoir se traduire littéralement : Dieu manifestera les œuvres des humbles, mais les impies pour le jour du mal. Il n’y a, même en hébreu, pas trace du verbe ‘créer’ (bara)

Il est évident que Dieu n’a pas créé le méchant en tant que tel. Le but de ce proverbe, comme aussi de la parabole des pots cassés est de montrer la souveraineté de Dieu, qui n’est pas pris au dépourvu par la méchanceté (le refus de se repentir) des rebelles, mais qui leur a assigné une fin en rapport avec leur comportement, comme cela apparaît aussi en Romains 6.23 et en 2 Corinthiens 11.13 à 15 par exemple.

2)- De qui parle-t-on en Romains 9.22 ? Richard Doulière m’écrit :
Les vases dits de colère sont katertismena (verbe katartizô) pour la perdition.  Alors que les vases d’honneur ont été proètoimasen (du verbe proetoimazô) pour la gloire. Katartizô n’a jamais signifié ‘créer’. C’est le verbe utilisé pour ‘réparer’ les filets dans les évangiles. Il implique une intervention sur une chose existante, c’est ‘rendre propre à’. Les vases de colère ont été rendus juste bons pour la perdition, après la longue patience devenue colère. Par contre, proètoimazô signifie bien ‘préparer d’avance pour’.

Les diverses versions bibliques rendent cela en parlant de vases :
– formés pour la perdition (Segond)
– prêts pour la perdition (TOB) ou pour la destruction (Semeur)
– déjà mûrs pour le jugement (Parole Vivante)
– qui méritaient sa colère et qui allaient être condamnés (PdV))
– devenus dignes de perdition, (Jérusalem)
– qui méritaient sa colère et étaient mûrs pour la ruine. FC)

C’est bien le cas de tous les pécheurs, n’est-ce pas ? Et dans le contexte immédiat de Romains 9, il s’agit bien sûr du peuple d’Israël, qui a tant de fois mérité le rejet de la part de son Dieu. Donc, face au péché d’Israël – et de l’homme en général – qui a rejeté le Sauveur envoyé, Dieu est en colère, et désire montrer sa colère et sa puissance.

3)- On s’attendrait donc à ce que la phrase continue par le jugement, la sanction ! Or, non, il est question de… la grande patience du Seigneur à l’égard des pécheurs ! Cette patience peut-elle vraiment être une expression de la colère et de la puissance de Dieu ?

Au lieu de laisser éclater sa colère et montrer sa puissance comme il en aurait bien sûr le droit, Dieu a réagi avec une grande patience envers ceux qui pourtant méritaient sa colère et « étaient mûrs pour le jugement ou la ruine, en parlant de vases » !

4)- Quand parle-t-on de patience ? Quand on a déjà tout décidé et que la sanction est irrémédiable ? Dieu aurait-il eu besoin de patience pour supporter ceux qu’il allait détruire ? Non, la patience suppose toujours une attente, et il en est ainsi de Dieu. Que dit la Parole ?

Romains 2.4 : Méprises-tu les richesses de sa bonté, de son support et de sa patience, sans reconnaître que la bonté de Dieu te pousse à la repentance ?
2 Pierre 3.9 : Le Seigneur ne retarde pas (l’accomplissement de) sa promesse, comme quelques-uns le pensent. Il use de patience envers vous, il ne veut pas qu’aucun périsse, mais (il veut) que tous arrivent à la repentance.
2 Pierre 3.15 : Considérez que la patience de notre Seigneur est votre salut,

Avant d’être exposé à la colère justifiée du Seigneur, le pécheur rencontre son offre de réconciliation, et le Dieu souverain attend avec patience que ceux qui l’ont offensé daignent accepter son pardon !

Un ami m’objecta : « Tu oublies que Dieu nous a tous créés comme des vases parfaits. Mais à cause de notre péché, nous sommes tous des vases fêlés, des vases cassés !! » Que répondre ?

D’abord, il est vrai que le péché a dénaturé l’image de Dieu en nous, et on pourrait effectivement dire que nous sommes devenus ainsi des ustensiles abîmés, impropres à l’usage auquel ils étaient destinés. Mais nous sommes alors dans une 3e image des vases, extra biblique celle-là, qui ne peut se superposer aux deux autres.

En effet, nous avons vu :
– les vases selon leur usage : nobles ou vils (Romains 9.21)
– les vases selon leur destination : vases de colère ou vases de grâce (v22)

Ici, nous aurions :

– les vases selon leur état réel : tous fêlés.

Si l’image est plaisante, on remarquera qu’ici il n’y a aucune alternative, juste une description de fait. Et quand la Bible fait cela, elle ne parle jamais de vases (puisque tous sont pareils), mais d’argile, à partir de laquelle le divin potier peut faire soit l’une des sortes de vases, soit l’autre.
L’argile la plus dure, si elle se laisse modeler par les mains du potier devient un vase de miséricorde, et le vase le plus fêlé qui sort du four du maître et se laisse réparer, lui aussi. N’est-ce pas exaltant ? C’est cela le message de la grâce, c’est cela le seul message d’espoir !

Mais, que disent les Écritures par ailleurs et qui confirme (ou infirme) cette compréhension de Romains 9.22 ?

Jérémie 18.1 à 6 : Parole adressée à Jérémie de la part de l’Éternel en ces mots : Lève-toi, descends dans la maison du potier ; Et là, je te ferai entendre mes paroles. Je descendis dans la maison du potier, et voici qu’il faisait un ouvrage sur le tour. Le vase qu’il faisait fut manqué, comme il arrive avec l’argile dans la main du potier, Il en refit un autre vase, tel qu’il trouva bon de le faire.

Et la parole de l’Éternel me fut adressée, en ces mots : Ne puis-je pas agir envers vous comme ce potier, maison d’Israël ? — Oracle de l’Éternel. Voici : comme l’argile est dans la main du potier, ainsi vous êtes dans ma main, maison d’Israël !

Nous avons l’affirmation des droits souverains de Dieu le Créateur, le divin Potier. Tout comme en Romains 9. Et tout comme dans ce chapitre, nous trouvons aussi la déclaration de sa grâce envers ces « vases rebelles », jugez-en vous-mêmes :

V 7 à 10 : Tantôt je parle, à propos d’une nation ou d’un royaume, d’arracher, d’abattre et de faire périr ; Mais si cette nation, à propos de laquelle j’ai parlé, revient de sa méchanceté, Je regrette le mal que j’avais médité de lui faire.

Et tantôt je parle, à propos d’une nation ou d’un royaume, de bâtir et de planter ; mais si (cette nation) fait ce qui est mal à mes yeux, sans écouter ma voix, je regrette le bien que j’avais eu l’intention de lui faire.

Oui, la patience de Dieu doit conduire à la repentance, et celle-ci amène Dieu à faire grâce ! Quant aux rebelles qui persisteront jusqu’au bout à l’offre de la grâce, il ne reste plus que le message du jugement :

Jérémie 19.1, 2 : Ainsi a parlé l’Éternel : Va, achète une cruche d’argile de chez un potier […]  V 10, 11 : Tu briseras ensuite la cruche, sous les yeux des hommes qui seront allés avec toi, et tu leur diras : Ainsi parle l’Éternel des armées : C’est ainsi que je briserai ce peuple et cette ville, comme on brise un vase de potier, qui ne pourra plus être réparé.

Dans le même sens, on pourrait évoquer Ésaïe 30, versets 9 à 16. Dans de nombreux écrits calvinistes, on lit que si Dieu laisse une (grande) partie des hommes comme « vases de colère », ce n’est pas de l’injustice de sa part, car de toute façon, tous avaient mérité la perdition. Le jugement des réprouvés serait donc juste.

Cette affirmation heurte mon sens de la justice. Une illustration : J’étais enseignant. Admettons qu’un jour je sois arrivé dans ma classe et aie trouvé tous mes élèves debout sur leurs tables en train de se lancer leurs livres à la figure. Qui prétendrait que si j’avais gracié 2 d’entre eux et puni les autres, j’aurais été parfaitement juste ? Qui dira que les élèves sanctionnés n’auraient pas eu à se plaindre, car ils avaient amplement mérité leur punition ? Certains répondront que je ne suis pas Dieu, et que ce qui n’est pas juste pour l’homme peut l’être pour Dieu. Pour ma part, je répondrai qu’avec une telle conception, il serait totalement hasardeux de vouloir prétendre connaître Dieu, car nous sommes hélas réduits à juger d’après les instruments de mesure humains que le Créateur a mis en nous : notre raison, notre conscience, notre cœur, éclairés par le Saint-Esprit.

Rappelons notre question : Si Dieu veut que tous les hommes soient sauvés, pourquoi tous ne le sont pas ? Un théologien répond : c’est parce qu’il y a deux volontés en Dieu. Ce serait une « raison supérieure » qui ferait que Dieu, finalement, ne voudrait pas ce qu’il souhaite !

Je crois que Dieu voulait la liberté de choix de l’homme pour répondre à son « attirance » parfaitement résistible. Mais il n’y a là aucun conflit avec sa volonté que tous les hommes soient sauvés : cela n’en constitue que le « mode d’emploi » si je peux dire. Dieu a une seule volonté : offrir le salut à tous les hommes, il les a créés pour cela, et il souhaite qu’ils soient libres de l’accueillir !

Oui, la question est : Mais tous ne sont pas sauvés, alors le plan de Dieu aurait échoué, ce qui est inacceptable ?!
Mais non, ne confondons pas plan et volonté. Il n’est dit nulle part que le plan de Dieu ait été que tous les hommes soient sauvés, car là, il y aurait échec, vu que tous ne le sont pas, ou alors on glisserait dans l’universalisme.

Un autre article étudiera le plan de salut de Dieu, tel que les Écritures nous le révèlent.

Claude

[1] En fait, les exemples de Isaac/Ismaël et Jacob/Ésaü démontrent que Dieu recherchait de tout temps l’Israël spirituel au sein de son peuple physique.

[2] « Horrible », dans la bouche de Calvin ne constituait pas une critique de Dieu. Cela signifiait : « stupéfiant, qui doit nous épouvanter ! » (Egbert Brink La Revue Réformée)