Proverbes 16.4 : Dieu a créé le méchant pour le jour du malheur ?

L’Éternel a tout fait pour un but, même le méchant pour le jour du malheur. Cela semble clair, non ? Richard Doulière m’écrit :

r1>> Ce verset, selon les LXX, me semble devoir se traduire littéralement : Dieu manifestera les œuvres des humbles, mais les impies pour le jour du mal. Il n’y a, même en hébreu, pas trace du verbe ‘créer’ (bara)

Il est évident que Dieu n’a pas créé le méchant en tant que tel. Le but de ce proverbe, comme aussi de la parabole des pots cassés est de montrer la souveraineté de Dieu, qui n’est pas pris au dépourvu par la méchanceté (le refus de se repentir) des rebelles, mais qui leur a assigné une fin en rapport avec leur comportement, comme cela apparaît aussi en Romains 6.23 et en 2 Corinthiens 11.13 à 15 par exemple. (voir Un potier qui fabrique des pots pour les détruire ? dans la rubrique Articles.)


r2>> « La Bible dit : Dieu veut que tous les hommes soient sauvés (I Tim 2.4); mais beaucoup, usant de leur statut de créature libre, refuseront de passer par le chemin qui conduit au salut. On sait aussi que Dieu n’empêche pas le méchant de naître : L’Éternel a tout fait pour un but, même le méchant pour le jour du malheur (Prov. 16.4); cependant il est évident qu’il ne crée aucun homme pour être méchant, mais il le crée malgré sa méchanceté éventuelle. Il n’y a pas élection en vue de la naissance, mais en vue du ciel. »
Henri LARSON, extrait de http://www.promesses.org/arts/110p8-12f.html


r3>> Dans le tome 3  (livres poétiques)  de « l’Encyclopédie des Difficultés bibliques » (Alfred Kuen, Ed. Emmaüs) les auteurs Geisler et Howe affirment d’abord que  « Dieu ne crée pas des gens pour les détruire. // Son sang a racheté même ceux qui le renient (2 Pi 2.1) et Dieu « ne veut pas qu’aucun homme périsse» (2 Pi 3.9). L’enfer a été «préparé pour le diable et ses anges» (Mt 25.41).

Comment alors comprendre ce verset ? Le mot ‘faire’ (asah) couvre une large palette de significations. Il peut s’appliquer à ‘désigner’, ‘instituer’ ou même ‘administrer’. Dieu contrôle souverainement tout l’univers. Si des gens envisagent de faire quelque chose de mal, Dieu peut le transformer en bien (Gn 50.20). Dans ce sens, ‘même la fureur des hommes tournera à ta gloire’ (Ps 76.11), car ‘toutes choses concourent au bien .. .’ (Rm 8.28). Ainsi le ‘jour du malheur’ est là pour Dieu, il en a le contrôle souverain et il le fera contribuer finalement à sa gloire. Car l’amour de Dieu est exalté au ciel et sa justice est manifeste dans l’enfer. »

//  Les ‘vases de colère’ n’ont été ‘préparés pour être détruits’ que parce qu’ils ont refusé de se repentir, alors que ‘Dieu a supporté avec une immense patience ceux qui étaient les objets de sa colère’ (Rom 9.22), attendant qu’ils se repentent (cf. 2 Pi 3.9) » (GH p. 247).

// Ce serait une erreur de faire dire à ce proverbe que Dieu a créé la méchanceté du méchant ou même qu’il l’a créé méchant ( ce n’est d’ailleurs pas le vrai verbe ‘créer’ qui est employé ici).


  1. r4>> Extrait de  http://www.pasteurweb.org, Le gouvernement des nations  

Après avoir souligné que « nous sommes loin de comprendre toute la pensée de Dieu et la manière par laquelle il amène ses desseins à leur accomplissement », l’auteur, Léopold GUYOT, cite ce verset de Proverbes 16:4. et lui donne un autre éclairage, complémentaire au premier :

Il croit que « Dieu se sert des méchants pour accomplir ses jugements pour lesquels il ne saurait utiliser des justes. » et l’illustre d’exemples bibliques  Achab (1 Rois 22.20 à 23), ou non. Ainsi Hitler :
« Personne d’autre que Hitler avec ses sbires ne pouvaient concevoir et exécuter un plan si diabolique pour faire périr des millions d’hommes, de femmes et d’enfants, dont plus de six millions de juifs et des milliers de Tziganes, dans les fours crématoires. Dieu ne le savait-il pas ? Pourquoi l’a-t-il permis ? Le regard de Dieu était-il absent ?

Après avoir cité Habakuk 1.13, Lamentations 3.37, Esaïe 45.7, Amos 3.6, Luc 12.6, qui montrent que rien n’échappe au contrôle de Dieu, l’auteur concède que « nous sommes, à juste raison, révoltés devant les injustices, la violence et la misère qui remplissent le monde et nous voudrions que les jugements de Dieu interviennent immédiatement contre les auteurs de la méchanceté. » et « nous sommes parfois troublés devant la réussite des méchants. ».  Psaume 73  « Mais le Seigneur, qui connait parfaitement les choses et permet qu’elles arrivent, nous exhorte à patienter avec confiance. Il nous invite à entrer dans l’intimité de sa présence où nous trouvons le réconfort et la consolation » Le psalmiste en fait l’expérience dans ce même ps. 73.

Lisons Jérémie 27.5. « Les hommes violents font des coups d’État, les tricheurs trompent les hommes, les rusés et les politiciens manipulent les électeurs, les malins et les arrogants prennent le pouvoir dans d’importantes sociétés, jusqu’au moment où tous tombent dans la fosse qu’ils creusent eux-mêmes sans s’en apercevoir. À la fin leur iniquité les rattrape. » >> Le « jour du malheur » pourrait donc signifier aussi le malheur du jugement qu’ils sont appelés à exercer, avant de signifier celui qui les frappera eux-mêmes ! Ca me semble cohérent !