Claude, pourquoi tu ne te proclames pas arminien ?

« … de ton coté tu ne fais que promouvoir l’arminianisme 4 points, sans le nommer. Le fait de nommer ou non une pensée théologique ne te rend pas plus libre ou engagé. Je ne vois aucune différence in fine, si ce n’est qu’une étiquette permet au lecteur de se rendre compte plus rapidement la pensée que tu promeus. »

Dans un premier temps, j’ai essayé d’aller un bout de chemin dans ton sens, en disant que tu aurais  raison si j’étais un théologien, chargé d’instruire des étudiants…

À la réflexion, même dans ce cas, si des étudiants aiment savoir ce que leur prof pense lui-même à propos de ce qu’il leur enseigne, ça m’étonnerait qu’ils apprécieraient de le savoir hermétiquement retranché dans un camp théologique étanche. Son refus d’examiner honnêtement toute pensée qui s’écarterait de ses convictions ne les rebuterait-il pas  ?

En ce qui me concerne moi-même, ma démarche n’est pas celle d’un prof, mais celle d’un éternel apprenant, co-apprenant avec mes lecteurs, ouvert à leurs objections et prêt à corriger toute conviction dont on pourra me convaincre qu’elle serait  contraire à ce qu’enseigne la Bible !

Alors, serais-je un caméléon ? Certainement pas, je pense que mes convictions sont claires, et je te concède que je me reconnais dans la majorité des thèses communément professées du côté arminien.

Néanmoins, me qualifier d’arminien 4 points me gêne, pour 4 raisons :

–  cela m’enfermerait dans un camp, alors qu’étonnamment, je me sens en symbiose avec certains  qu’on classe parmi les calvinistes (et qui n’aiment probablement pas ces étiquettes plus que moi ?), par exemple, Don Carson.
Et, curieusement, cette classification t’amène toi-même (dans un autre courriel) à ranger Jakob Arminius comme arménien à 4 points et demie ! 🙂

je ne suis pas sûr de coller parfaitement aux 4 premiers points Facts de tous les théologiens arminiens (étant donné leur variété).
Par exemple, je ne suis pas certain que « Dieu restaure la faculté de choix des hommes ». Il me semble que celle-ci n’a jamais été perdue : Dieu demande bien à Caïn de choisir de dominer sur le péché…
Pour moi, je préfère dire que Dieu attire tous les hommes à lui (ou « tire », selon Augustin) . C’est une petite nuance…

si on parle d’arminien 4 points, on suppose que le 5e point, l’assurance du salut éternel, se situe du côté calviniste !
Pour moi, que nenni !
Si, comme je l’expose dans les articles qui traitent le sujet, je crois effectivement que le salut ne peut se « perdre », ce n’est pas en fonction d’une élection déterministe, mais à cause de la nature de la vie éternelle, qui est justement d’être éternelle : on ne peut cesser d’être enfant de Dieu.
Pas plus qu’on ne peut cesser d’être enfant de ses parents !

– et surtout, je me situe sur un plan où les points n’ont pas cours : le plan pastoral !
J’admets que dans un débat théologique, cela puisse être commode de se situer face aux deux courants théologiques reconnus, et je viens de le faire sans difficulté. On ne va pas réinventer le monde, et Henri Blocher avertit que celui qui croit avoir trouvé une troisième voie est dans l’illusion.
Mais moi, sur ce blog, je ne joue pas sur ce terrain là. Je n’en ai ni la formation ni le mandat ni le goût !
De mes décennies de ministère d’ancien dans mon Eglise, j’ai gardé un cœur de berger, et tu sais, dans les Eglises, on n’a pas affaire à de la théologie sèche (il paraît qu’on dit cela !), mais à des frères et sœurs, avec leurs problèmes, leurs détresses  et leurs questionnements, parfois aussi leurs leurs frustrations, voire leurs rébellions…
Eux n’ont rien à faire des débats théologiques théoriques, des classifications à points… Ils ont besoin d’être enseignés, certes, mais aussi encouragés, stimulés, accompagnés dans leurs combats, parfois aussi repris…
Je choisis donc pour mon blog une optique résolument pastorale, au service des disciples du Christ qui constituent l’Eglise. L’objectif sera toujours de grandir Christ à leurs yeux, et de rassurer ceux qui sont angoissés pour leur salut éternel suite à l’enseignement déterministe…

J’aimerais donc continuer de cheminer humblement dans ma quête de la vérité biblique, sans m’enfermer dans un camp, et… sans intention de créer le mien !    🙂