de Matthieu 12.32 (La Bible annotée)
Celui qui parlera contre le Fils de l’homme, cela lui sera pardonné;
mais celui qui parlera contre le Saint-Esprit, le pardon ne lui sera accordé ni dans le monde présent ni dans le monde à venir.
Ce redoutable jugement commence par une des plus consolantes révélations de la miséricorde de Dieu. Sous l’économie de l’Évangile, qui est celle de la grâce, tout péché et même le blasphème , qui est la forme la plus coupable du péché, parce qu’il procède directement de la haine contre Dieu, peut être pardonné . Évidemment ce pardon suppose en l’homme la repentante et la foi au Sauveur, qui seules le rendent moralement possible.
Quelle est donc la différence que Jésus établit entre le blasphème contre lui, le fils de l’homme et le blasphème contre l’Esprit-Saint , qui ne sera pas pardonné ?
Cette différence tient essentiellement au degré de connaissance que l’homme a des choses divines, selon que Dieu s’est manifesté à lui plus ou moins directement et personnellement. Ainsi, dans le cas actuel, les pharisiens (verset 24, voir sur cette secte Matthieu 3.7 note) avaient méconnu le Fils de Dieu sous sa forme de serviteur parce qu’ils étaient incapables moralement de comprendre sa parole ; ils avaient blasphémé contre le Fils de l’homme en prenant parti contre lui, en détournant les foules de le suivre et en cherchant les moyens de le faire périr.
(Matthieu 9.3-11 ; Matthieu 12.2 ; Matthieu 12.10 ; Matthieu 12.14 ).
Ce péché, quelle qu’en fût la culpabilité, pouvait leur être pardonné, à cause de leur ignorance. Luc 23.34 .
Mais ici comme dans la circonstance rapportée Matthieu 9.32-34 , ils vont plus loin dans leur endurcissement. En attribuant au démon des œuvres si évidemment accomplies par l’Esprit de Dieu (verset 28), ils péchaient contre leur propre conviction et contre une manifestation divine plus directe que la simple présence de Jésus.
Le Sauveur n’affirme pas positivement qu’ils ont blasphémé l’Esprit-Saint et qu’il n’y a plus pour eux aucun espoir ; mais le principe absolu qu’il exprime doit les faire réfléchir et leur inspirer la crainte d’avoir atteint la dernière limite de la possibilité du salut.
Qu’ils fassent un pas de plus, qu’ils résistent à un nouveau degré de lumière, de conviction intérieure produit par l’Esprit de Dieu dans leur conscience et ils auront volontairement commis un suicide moral qui rend impossible toute action de Dieu sur leur âme. C’est là ce que l’apôtre Jean nomme « le péché à la mort » (1 Jean 5.16-17 ), parce qu’il est déjà la mort.
Ainsi, le pardon est rendu impossible non par une détermination de la volonté de Dieu, mais par le fait de la volonté et de l’endurcissement de l’homme.
D’où il résulte, d’une part, que jamais aucun homme ne peut dire d’un autre qu’il a commis ce péché, ne connaissant pas son cœur ; et d’autre part, que toute conscience angoissée par la crainte de l’avoir commis, peut se rassurer par là même, parce que le caractère distinctif de cet état d’âme, c’est l’endurcissement et la résistance volontaire à l’Esprit de Dieu.