L’assurance du salut du chrétien (selon R.C. SPROUL)

Nous terminons notre survol du livre « Choisis par Dieu » de R.C. Sproul par le sujet de l’assurance du salut. C’est probablement celui des 5 points « tulip » où nous sommes le plus en phase avec l’auteur (bien que nous ayons aussi trouvé des passerelles vers lui lors de l’examen des thèses que nous récusons…)

D’emblée, Sproul affirme que notre assurance vient :
– en premier lieu, de notre confiance en Dieu, l’auteur de ces promesses,
– en second lieu, de la preuve intérieure de notre foi. Nous savons que, si nous n’étions pas nés de nouveau, nous ne pourrions pas véritablement aimer Christ. (Ici, il vient encore ajouter un lien avec l’élection sur lequel il ne nous semble pas utile de revenir.) Donnons-lui maintenant la parole :

Je sais en mon for intérieur que je n’aime pas entièrement Dieu. En même temps, je sais toutefois que je l’aime. Je me réjouis à l’idée de son triomphe. Je me réjouis à l’idée de sa venue. Je me réjouis de sa glorification. Je sais qu’aucun des sentiments qui m’habitent ne pourrait exister sans la grâce divine. p 160

Et l’auteur illustre ce témoignage intérieur en évoquant le discernement qu’un homme et une femme ont d’être amoureux l’un de l’autre, qui leur vient d’une assurance qu’ils ont en eux-mêmes.

Troisième évidence pour l’auteur, les fruits visibles de notre conversion.
Mais lucidement, il reconnaît que cela peut aussi expliquer notre manque d’assurance, en discernant en nous le péché qui s’attache encore à nous. 
Pour avoir de l’assurance, nous devons faire un sérieux examen de notre vie (voir 2 Co 13.5). 

Nous devons nous demander si nous voyons un véritable chan­gement dans notre comportement, une réelle preuve extérieure de la grâce divine. Il s’agit ici d’un processus précaire, du fait que nous pouvons nous mentir à nous-mêmes. La tâche est difficile, mais aucunement impossible. p 161

Quatrième moyen crucial pour acquérir de l’assu­rance :  le témoignage intérieur du Saint-Esprit. ( « L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu » (Ro 8.16).)

La Parole constitue le principal moyen par lequel l’Esprit nous rend témoignage. Mon assurance n’est jamais plus grande que lorsque je médite la Parole de Dieu. Si nous négligeons ce moyen de grâce, nous aurons du mal à acquérir une assurance durable et ferme en notre salut. p 161

L’auteur reprend du théologien A. A. Hodge la liste suivante des distinctions entre la véritable assurance et la fausse assurance :  

  • La véritable assurance engendre une humilité sincère, conduit au zèle dans la sainteté, conduit à un bon examen de conscience, amène à désirer une communion plus intime avec Dieu.
  • La fausse assurance engendre l’orgueil spirituel, conduit à l’indolence et à la paresse, évite un bon examen de conscience, ne désire pas communier avec Dieu.

Sproul constate qu’il est possible d’accroître ou de diminuer l’assurance de notre salut, voire de la perdre, par négligence, par présomption ou par chute dans un grave péché. Les exemples de David (cf. Psaume 51) et de Pierre après son triple reniement montrent une assurance fortement ébranlée.

Il nous arrive à tous de traverser des périodes de froid spirituel dans lesquelles nous avons l’impression que Dieu a complètement retiré sa lumière en nous.
Les saints en parlent comme de
« la nuit noire de l’âme». Il nous arrive parfois d’avoir le sentiment que Dieu nous a abandonnés. Nous croyons qu’il n’entend plus nos prières. Nous ne ressentons plus la douceur de sa présence. En ces temps-là, lorsque notre assurance est au plus bas, nous devons tendre vers lui de toutes nos forces. Il nous promet que, si nous nous approchons de lui, il s’approchera de nous (voir Jacques 4.8). p 162

L’auteur souligne une autre raison qui peut ébranler notre assurance,  si nous sommes soumis à de grandes souffrances. Il pense que même si  Job a déclaré: « Voici, quand même il me tuerait, je ne cesserais d’espérer en lui» (Job 13.15) et qu’il s’est dit  certain que son Rédempteur vivait,  Job avait quand-même ses moments de doutes harcelants. Mais, dit-il, nos tribulations ont pour ultime effet non pas d’anéantir notre espérance, mais de l’affermir. À ce sujet, Pierre a écrit :

Mes bien-aimés, ne trouvez pas étrange d’être dans la fournaise de l’épreuve, comme s’il vous arrivait quelque chose d’extraordi­naire. Réjouissez-vous, au contraire, de la part que vous avez aux souffrances de Christ, afin que vous soyez aussi dans la joie et dans l’allégresse lorsque sa gloire apparaîtra
(1 Pi 4.12,13).

Pouvons-nous perdre notre salut ?

Nous voilà au fameux 5e point « tulip », appelé persévérance des saints du côté calviniste, et qui est récusé du côté « arminiens 5 points ». (Il y a des arminiens « 4 points » qui ne croient pas non plus que les authentiques enfants de Dieu  puissent perdre le salut !)

Nous avons déjà amplement traité ce thème sur ce blog, (voir Compléments), mais il m’est agréable de le faire cette fois en compagnie d’un éminent théologien calviniste, dont les convictions quant aux quatre autre points nous ont semblé si problématiques. Nous prendrons ultérieurement « sous la loupe » vos objections qui pourraient ne pas encore avoir été traitées.

R.C. Sproul commence par faire une distinction importante, que nous négligeons peut-être : Perdre l’as­surance de notre salut ne veut pas dire que l’on puisse perdre le salut en tant que tel. Une personne justifiée peut-elle perdre sa justification ? 

L’auteur donne d’abord la réponse catholique à cette question. Rome enseigne la possibilité de déchoir de la grâce de la justification, avec comme corolaire l’instauration du sacrement de la pénitence, appelée « la planche de salut de ceux dont l’âme fait naufrage». On parle de péché « mortel », qui aurait le pouvoir de tuer la grâce, qui ne peut être restaurée que par le sacre­ment de la pénitence, sans quoi le pécheur finit lui-même par périr.

Puis, Sproul passe à la réponse évangélique réformée, qui est la sienne. Il dit :

Tous les péchés sont mor­tels en ce sens qu’ils méritent la mort,
mais aucun péché n’est mortel en ce sens qu’il détruit la grâce salvatrice chez l’élu.// « Une fois dans la grâce, toujours dans la grâce. » Voici une autre façon de dire les choses: « Si vous l’avez, vous ne la perdrez jamais ; si vous la perdez, c’est que vous ne l’avez jamais eue. »
p 164

Nous sommes bien d’accord, même si le mot « élu » employé ici bien à dessein – nous chatouille un peu, et que nous préférerons le terme de rachetés. Sproul considérera plus loin le « le péché impardonnable »… Maintenant, il faut démontrer cette conviction.

Notre confiance dans la persévérance des saints ne repose pas sur notre confiance dans la capacité qu’ont les saints de persévérer par leurs propres forces. // Si les vrais chrétiens ne déchoient pas de la grâce, c’est parce que Dieu les en empêche justement par sa grâce. La persévérance, c’est ce que nous faisons. La préservation, c’est ce que Dieu fait. Nous persévérons parce que Dieu nous préserve. p 164

La base solide de la doctrine de la sécurité éternelle ou de la persévérance repose sur les promesses de Dieu. Voici quelques passages bibliques clés pour étayer cette affirmation :

Philippiens 1.6 : Je suis persuadé que celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la rendra parfaite pour le jour de Jésus-Christ.

Jean 10.27 à 29 : Mes brebis entendent ma voix; je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle ; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous ; et personne ne peut les ravir de la main de mon Père.

1 Pierre 1.3 à 5 : Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui, selon sa grande miséricorde, nous a régénérés, pour une espérance vivante, par la résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts, pour un héri­tage qui ne peut ni se corrompre: ni se souiller, ni se flétrir ; il vous est réservé dans les cieux, à vous qui, par la puissance de Dieu, êtes gardés par la foi pour le salut prêt à être révélé dans les derniers temps ! 

Hébreux 10.14 : Car, par une seule offrande, il a amené à la perfection pour toujours ceux qui sont sanctifiés.

Romains 8.33 à 39 : Qui accusera les élus de Dieu ? C’est Dieu qui justifie ! Qui les condamnera ? Christ est mort ; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous ! Qui nous séparera de l’amour de Christ ? Sera-ce la tribulation, ou l’angoisse, ou la persécution, ou la faim, ou la nudité, ou le péril, ou l’épée ? selon qu’il est écrit: C’est à cause de toi qu’on nous met à mort tout le jour, qu’on nous regarde comme des brebis destinées à la boucherie. Mais dans toutes ces choses, nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. Car j’ai l’assurance que ni la mort· ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur.

L’auteur conclut que, puisque Dieu promet d’achever ce qu’il a commencé, notre confiance ne repose pas sur la volonté de l’homme, mais sur la puissance divine.  Puis, il fait une constatation intéressante : Il met en parallèle l’anathème que le Concile de Trente catholique  1573-23 a prononcé sur ceux qui disent qu’on ne peut déchoir de la grâce avec l’affirmation arminienne des Canons de Dordrecht, (« Rejet des erreurs », V.3). Celle-ci stipule « que  les vrais croyants et les régénérés peuvent non seulement déchoir entièrement et finalement de la foi justifiante, et aussi de la grâce et du salut, mais encore qu’ils en déchoient souvent et périssent éternellement » 

Mais il ne faudrait pas contrer les déclaration du Concile de Trente catholique et celles des Canons de Dordrecht arminiens avec la Confession de foi calviniste de Westminster ! Continuons à sonder les Écritures, mais « écoutons » ce que dit Sproul :

Il fait remarquer que, dans notre état glorifié, Dieu nous rendra incapables de pécher. Si Dieu peut nous préserver au ciel sans détruire notre libre arbitre, il peut aussi nous préserver sur la terre sans détruire notre libre arbitre.

Nous sommes capables de persévérer uniquement parce que Dieu œuvre en nous, avec notre libre arbitre. Et comme Dieu œuvre en nous, nous sommes certains de persévérer. p 167

Amen ! Mais pourquoi avons-nous donc l’impression que nombre de per­sonnes déchoient de la grâce ? L’auteur reconnaît que nous avons tous déjà connu des gens qui ont démarré leur vie chrétienne avec zèle et qui en sont ensuite venus à répudier leur foi, même des leaders. 

Nous croyons que les véritables chrétiens peuvent vivre une chute grave et radicale. Nous ne croyons pas qu’ils puissent tomber complètement et définitivement. (L’auteur cite l’exemple de David qui s’est profondément repenti, mais David n’a jamais apostasié, son cas n’est pas probant ici.)

Puis, Sproul compare deux disciples de Jésus, Judas et Pierre. Jésus les a appelés tous les deux à devenir ses disciples. (donc élus ! CS). Ils ont tous les deux marché aux côtés de Jésus durant son ministère terrestre. Ils ont tous les deux trahi Jésus. Et Sproul s’interroge : pourquoi le premier est allé se suicider, alors que l’autre s’est repenti et a été restauré au point de devenir un  pilier de l’Église primitive ?  

Jésus s’est adressé différemment à Pierre : « Simon, Simon, Satan vous a réclamés, pour vous cribler comme le froment. Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point; et toi, quand tu seras revenu, affermis tes frères» (Lu 22.31,32).  p 168

Pour l’auteur, la confiance de Jésus dans le retour à lui de Pierre ne reposait pas sur les forces de celui-ci, mais sur la puissance de son intercession.

Nous croyons que nous persévérerons parce que nous nous fions à la promesse de Christ nous donnant l’assurance qu’il est notre Souverain Sacrificateur, notre Avocat auprès du Père et notre Intercesseur selon la justice divine. Notre confiance réside dans notre Sauveur et Sacrificateur qui prie pour nous. p 168

Bienfaisant ! Et l’auteur illustre cela par la belle prière de Jésus en Jean 17.
Nous devrions lire souvent cette prière  du grand Souverain Sacrificateur. 

Père saint, garde-les en ton nom que tu m’as donné, afin qu’ils soient un comme nous. Lorsque j’étais avec eux dans le monde, je les gardais en ton nom. J’ai gardé ceux que tu m’as donnés, et aucun d’eux ne s’est perdu, sinon le fils de perdition, afin que l’Écriture soit accomplie » (v. 11,12).

Père, je veux que là où je suis ceux que tu m’as donnés soient aussi avec moi, afin qu’ils voient ma gloire, la gloire que tu m’as donnée, parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde (v. 24).

Notre préservation constitue une œuvre trinitaire. Dieu le Père nous garde et nous préserve. Dieu le Fils intercède pour nous. Dieu le Saint-Esprit habite en nous et nous vient en aide. p 169

2 Timothée 2.19 : … le solide fondement de Dieu reste debout, avec ces paroles qui lui servent de sceau : Le Seigneur connaît ceux qui lui appartiennent; 

 Éphésiens 1.13, 14 : En lui vous aussi, après avoir entendu la parole de la vérité, l’Evangile de votre salut, en lui vous avez cru et vous avez été scellés du Saint-Esprit qui avait été promis, lequel est un gage de notre héritage, pour la rédemption de ceux que Dieu s’est acquis, à la louange de sa gloire.

Romains 8.23 à 25 : …nous aussi, qui avons les prémices de l’Esprit, nous aussi nous soupirons en nous-mêmes, en attendant l’adoption, la rédemption de notre corps. Car c’est en espérance que nous sommes sauvés. // Mais si nous espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance.

Ce sont là toutes des images fortes d’une garantie divine. 

Il est possible de voir une analogie de l’œuvre de préservation de Dieu dans l’image d’un père marchant avec son petit enfant en le tenant par la main.
Selon la conception arminienne, la sécurité de l’enfant réside dans la force avec laquelle il serre la main du père. Si l’enfant la laisse aller, il périra.
Selon la conception calviniste, la sécurité de l’enfant réside dans la force avec laquelle le père serre sa main. Si la poigne de l’enfant vient à faiblir, celle du père la retiendra fermement. Le bras du Seigneur est fiable. p 170

On peut approuver sans être calviniste ? 🙂  Mais l’auteur se demande malgré tout pourquoi certaines per­sonnes tombent complètement et définitivement dans le péché. Et, comme nous, il répond par ces paroles de l’apôtre Jean :

« Ils sont sortis du milieu de nous, mais ils n’étaient pas des nôtres ; car s’ils avaient été des nôtres, ils seraient demeurés avec nous, mais cela est arrivé afin qu’il soit manifeste que tous ne sont pas des nôtres » (1 Jean 2.19).

Permettez-moi de répéter notre aphorisme : Si nous l’avons, nous ne le perdons jamais ; si nous le perdons, nous ne l’avons jamais eu. Nous reconnaissons que l’Église de Jésus-Christ consti­tue un corps mixte.
Il y a de l’ivraie qui cohabite avec le blé, des boucs qui cohabitent avec des brebis. La parabole du semeur démontre clairement que les gens peuvent vivre une fausse conver­sion. Il se peut qu’ils aient les apparences de la foi sans que celle-ci soit authentique. p 170

L’auteur admet que nous fuyons tous jusqu’à un certain point, (à un moment donné de notre vie), mais aucun chrétien ne perd complètement et définitivement l’Esprit de Dieu. Ceux qui deviennent des « inconvertis » n’ont jamais été convertis en premier lieu.

Ah, je me demandais si Sproul avait un peu oublié Judas, dans son parallélisme avec Pierre. Il y revient :   

Judas était un fils de perdition depuis le début. Sa conversion était fausse. Jésus n’a pas prié pour sa restauration. Judas n’a pas perdu le Saint-Esprit, car il ne l’avait jamais eu. p 171

Eh bien, j’apprécie beaucoup que l’auteur ne dise pas que Judas était un fils de la perdition depuis le début parce qu’il n’était pas un élu, mais était destiné à la perdition. (ce qui aurait été pourtant conforme à la doctrine calviniste maintes fois vérifiée, chez Sproul aussi !)  Judas n’était jamais converti ! 

Des mises en garde bibliques quant à la déchéance

L’auteur reconnaît que les arminiens semblent avoir des arguments  solides contre la doctrine de la persévérance des saints :

1 Corinthiens 9.27 : Je traite durement mon corps et je le tiens assujetti, de peur d’être moi-même désapprouvé après avoir prêché aux autres » 

 « [Et] leur parole (des apostats) rongera comme la gangrène. De ce nombre sont Hyménée et Philète, qui se sont détournés de la vérité, disant que la résur­rection est déjà arrivée, et qui renversent la foi de quelques-uns » (2 Ti 2.17,18).

Ces passages suggèrent qu’il est possible pour les croyants d’être  «désapprouvés» ou que leur foi soit « renversée ». Il importe cependant de voir comment Paul conclut l’affirmation qu’il adresse à Timothée :
« Néanmoins, le solide fondement posé par Dieu subsiste, avec ces paroles qui lui servent de sceau : Le Seigneur connaît ceux qui lui appartiennent ; et : Quiconque prononce le nom du Seigneur, qu’il s’éloigne de l’iniquité » (v. 19). p 171

Pierre parle aussi de la truie lavée qui retourne se vautrer dans la boue et du chien qui retourne à son vomi, en les comparant aux gens qui se sont détournés de la foi après avoir été instruits dans la voie de la justice. Il s’agit ici de faux convertis dont la nature n’a jamais été transformée (voir 2 Pi 2.22).

Hébreux 6

Sproul est conscient que Hébreux 6  est probablement le passage qui renferme la mise en garde la plus solennelle contre la déchéance présente, et  aussi la plus grande controverse à l’égard de la doctrine de la persévérance. 

Car il est impossible que ceux qui ont été une fois éclairés, qui ont goûté le don céleste, qui ont eu part au Saint-Esprit, qui ont goûté la bonne parole de Dieu et les puissances du siècle à venir, et qui sont tombés, soient encore renouvelés et amenés à la repentance, puisqu’ils crucifient pour leur part le Fils de Dieu et l’exposent à l’ignominie (v. 4-6).

Qui sont ces gens dont parle 1l‘épître aux Hébreux ? Comment les décrit-on ? L’auteur énumère ici leurs attributs :

  1. une fois éclairés
  2. ont goûté le don céleste
  3. ont eu part au Saint-Esprit
  4. ont goûté la bonne parole de Dieu

De prime abord, cette liste semble certainement décrire les vrais croyants. Il se peut toutefois qu’elle décrive également des membres de l’Église qui ne sont pas croyants, des gens qui ont fait une fausse profession de foi.

L’ivraie qui vient à l’église chaque semaine entend la Parole de Dieu être enseignée et prêchée, et est ainsi « éclairée ». Elle a part à la grâce. Elle participe à la sainte cène. Elle a part au Saint-Esprit dans le sens qu’elle goûte sa présence immédiate et ses bienfaits. Elle a même fait un genre de repentance, du moins extérieurement. p 174

Mais étonnamment, cette interprétation pourtant défendue classiquement par les calvinistes, ne  satisfait pas entièrement notre auteur.

Je crois qu’il se peut fort bien que ce passage décrive les vrais chrétiens. Pour moi, l’expression la plus importante est « soient encore renouvelés et amenés à la repen­tance». Je sais qu’il existe un faux genre de repentance que l’au­teur appelle ailleurs la repentance d’Ésaü. Ici, cependant, il parle de renouveau. La nouvelle repentance, si elle est renouvelée, est forcément comme l’ancienne. La repentance renouvelée dont il parle est certainement sincère. Je présume donc que l’ancienne était elle aussi sincère. p 174

Sproul croit qu’ici, l’auteur d’Hébreux présente un argument dans un style qui consiste à prendre l’argument de notre opposant et à le conduire à sa conclusion logique. Et la conclusion logique de l’hérésie des judaïsants consiste à anéantir tout espoir de salut.

Cette logique est la suivante : Si une personne a épousé Christ et a cru à son expiation des péchés, qu’aurait-elle si elle retournait à l’alliance de Moïse? Dans les faits, elle répudierait l’œuvre ache­vée de Christ. Elle serait de nouveau tributaire de la loi. Si c’était le cas, vers où se tournerait-elle pour obtenir le salut ? Elle aurait répudié la croix ; elle ne pourrait donc pas se tourner vers la croix. Elle n’aurait aucun espoir d’obtenir le salut, car elle n’aurait aucun Sauveur. Sa théologie n’admettrait pas l’œuvre achevée de Christ. p 174

Et l’auteur (Sproul) révèle que pour lui, la clé d’Hébreux 6 se trouve dans le v.9 :

« Quoique nous parlions ainsi, bien-aimés, nous attendons, pour ce qui vous concerne, des choses meilleures et favorables au salut. »

Ici, l’auteur (d’Hébreux 🙂 fait lui-même remarquer qu’il parle de manière inhabituelle. Sa conclusion diffère de celles des gens qui y trouvent un passage étayant la déchéance. Il conclut avec l’assurance de choses meilleures et favorables concernant le salut des bien-aimés. De toute évidence, la déchéance n’accompagne pas le salut. L’auteur ne dit pas que tout croyant déchoit en réalité de la grâce. En fait, il dit le contraire, à savoir que le croyant a l’assurance qu’il n’en déchoira pas. p 175

Sproul anticipe l’objection qu’on lui fera : « Mais si personne ne déchoit de la grâce, pourquoi donc se don­ner la peine de mettre quelqu’un en garde contre ce qui n’arrivera pas ? Il semble ridicule d’exhorter les gens à éviter l’impossible. »

Sproul reprend alors l’analogie de l’enfant qui marche avec son père.
Il se peut que l’enfant lui lâche la main. Si le père en question est Dieu, il lui est impossible de lâcher la main de son enfant. Or, malgré la promesse du Père, il revient à l’enfant de lui tenir fermement la main. Ainsi, l’auteur de l’épître aux Hébreux met en garde les croyants contre la déchéance. Luther en parle comme de « l’emploi évangélique de l’exhortation ». Il nous rappelle le devoir que nous avons de marcher fidèlement avec Dieu.

Et Sproul termine par rapport à la persévérance (de l’homme) et à la préser­vation (par Dieu), avec une formidable promesse de Dieu dans l’Ancien Testament. Par la bouche du prophète Jérémie, Dieu promet de traiter une nouvelle alliance avec son peuple, une alliance éternelle :

Jérémie 32.40 : Je traiterai avec eux une alliance éternelle, je ne me détournerai plus d’eux, je leur ferai du bien, et je mettrai ma crainte dans leur cœur, afin qu’ils ne s’éloignent pas de moi.

Compléments

Dudley Ward : Notre salut est-il assuré définitivement ?

Persévérons jusqu’à la fin ! (Roy HESSION)

Pourquoi croire à la sécurité éternelle des enfants de Dieu ?

https://topmessages.topchretien.com/texte/avec-dieu-rien-nest-impossible/

Nos amis d’Arminianisme Evangélique publient toute une série d’articles qui vont dans le sens opposé de la position défendue ici. Parmi eux, je vous recommande  la lecture de l’article suivant : Lassurance du salut dans l’arminianisme et le calvinisme
Il me semble équilibré, même consensuel, nous évitant des positions tranchées simplistes…

Sans rapport avec le sujet de l’article, mais bon à lire : 
Illustration de ce qu’est le péché (Timothée KELLER)

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