Qui sont les élus ?

par Dudley WARD                                

Lorsque les érudits s’attellent à la traduction de la Bible, ils s’efforcent de choisir des mots courants qui rendent le plus fidèlement possible le sens de l’original. Ainsi le mot « appel  » indique plutôt ce que nous faisons que ce que nous sommes.

L’appel ou la vocation se réfèrent à notre fonction dans la vie.
Certains d’entre nous sont grands et d’autres petits, certains sont maigres comme un clou, mais ces états ne correspondent pas à des appels ou des vocations. En revanche, le travail du personnel médical ou paramédical, de l’architecte, de l’ingénieur ou de l’inventeur est considéré comme un «métier » ou une « vocation ».

L’apôtre Paul mentionne au sein du corps de Christ de nombreuses vocations, comme les ministères de prophétie, de l’enseignement, d’opérer des miracles, de guérir, de la bienfaisance et de l’administration
(cf. 1 Corinthiens 12.28). Le terme de « vocation » décrit avant tout la fonction, l’usage et le service.  Paul avait toujours à cœur de s’acquitter de la vocation que Dieu lui avait attribuée : « Paul, appelé à être apôtre de Jésus-Christ par la volonté de Dieu » (1 Co 1.1).

Dans la deuxième épître de Pierre, un verset important nous aide à comprendre le sens de « vocation ». En nous conformant au plan de Dieu pour nous, nous devons nous examiner et nous assurer que nous accomplissons bien la vocation élective de Dieu dans notre vie qui lui appartient désormais.
« C’est pourquoi, frères, appliquez-vous d’autant plus à affermir votre vocation et votre élection ; car, en faisant cela, vous ne broncherez jamais » (2 Pi 1.10). Rien ne suggère ici que la vocation et l’élection soient étrangères à la liberté de choix de l’être humain. Pierre nous demande d’être plus zélés en les affermissant. Il nous rappelle la nécessité d’apprendre à exercer la discipline et la persévérance dans notre consécration pour que Dieu puisse opérer tous ses desseins bienveillants en nous.

Dans ces conditions, comment comprendre le sens du mot « appelés » dans Romains 8.30 :
« Et ceux qu’Il a prédestinés, il les a aussi appelés ; et ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés ; et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés. »
Les termes « appel » ou « vocation » peuvent revêtir différentes nuances de sens dans la Bible, en fonction de leur contexte. Mais en rapport avec la prédestination, ils signifient que lorsque nous entrons en possession de l’héritage de Jésus, l’Élu du Père, il nous impute ses propres vertus et  sa justice.

L’appel consiste donc à poursuivre le but d’un style de vie saint, forgeant notre caractère et nos dons dans un ministère efficace pour sa gloire.

De ce point de vue, personne ne peut se dispenser de la vocation de s’édifier en tant que membre de l’Église de Christ, conformément à ce que Paul écrit en Éphésiens 2.22 :
« En lui, vous êtes aussi édifiés pour être une habitation de Dieu en Esprit. » Voici ce que déclare l’apôtre Pierre :
« Vous-mêmes, comme des pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison spirituelle, un saint sacerdoce, en vue d’offrir des victimes spirituelles, agréables à Dieu par Jésus-Christ » (1 Pi 2.5).

Paul exhorte les Éphésiens à « marcher d’une manière digne de la vocation qui vous a été adressée » (Ep 4.1).

Cette vocation n’est donc pas un état dans lequel nous entrons passivement mais une motivation puissante et irrésistible à entrer en possession de toutes les bénédictions héritées en Christ, et à suivre le Seigneur de tout notre cœur.

Nulle part cette croissance à la ressemblance de Christ n’est présentée comme inéluctable durant cette vie terrestre, comme si notre participation volontaire n’était pas essentielle. L’observation de notre comportement de chrétien confirme que notre croissance dépend de notre renoncement résolu chaque jour, de notre soumission et de notre obéissance sincères à Christ. Cette passion pour Jésus a besoin d’être nourrie quotidiennement pour que nous puissions devenir des témoins convaincants devant un monde à l’affût.

Dans Matthieu 22.14, Jésus résume une parabole par ces mots :
« Il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus. »
Dans le contexte de cette parabole d’un roi qui envoie ses messagers pour rassembler les invités, le vocable « appelés » pourrait aussi se traduire par  « invités », comme le rend la Bible du Semeur.

Tous sont invités, mais peu d’entre eux sont choisis à cause de leur refus de renoncer à leurs propres voies, et non parce que le roi aurait décidé unilatéralement de leur statut.

Que peut-on alors dire de l’affirmation suivante :
« Car les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables » (Ro 11.29) ?
Dans ce passage, l' »appel » est associé au destin que Dieu a souverainement fixé pour Israël, celui de devenir le canal de sa révélation à l’humanité.
Il rappelle le merveilleux équilibre et l’admirable symétrie entre la souveraineté de Dieu et notre propre volonté, comme dans l’exemple suivant :
« Que chacun demeure dans l’état où il était lorsqu’il a été appelé »
(1 Co 7.20).
Ce verset s’applique visiblement à la situation pratique du chrétien dans un contexte particulier, celui d’homme libre ou d’esclave, de marié ou de célibataire, de circoncis ou d’incirconcis ; il ne concerne pas du tout la question de son salut.

Vous vous demandez peut-être ce que Paul veut dire par la parole :
« Je cours vers le but, pour remporter le prix de la vocation céleste de Dieu en Jésus-Christ » (Ph 3.14).
Ce prix désigne-t-il le billet qui vaudra à Paul l’entrée au ciel, ou fait-il référence aux récompenses que l’apôtre recevra pour s’être fidèlement acquitté de son ministère ? Il est tout à fait légitime de penser qu’il s’agit des récompenses pour l’accomplissement fidèle de ses devoirs d’apôtre désigné et oint. Paul est profondément désireux de connaître le Seigneur plus intimement, mais rien d’inéluctable n’est indiqué ni même suggéré dans cette vocation.

Nulle part nous trouvons dans l’Écriture une indication que la vocation et l’élection sont indépendantes de la véritable coopération humaine.
La vocation est plutôt associée aux dons que Dieu distribue souverainement pour l’exercice de notre ministère en tant que membres de son Corps. Néanmoins, nous devons librement vouloir exercer ces dons, et choisir de les déployer. Paul nous exhorte à désirer de tout notre cœur les dons les meilleurs, bien que ce soit le Saint-Esprit qui les confère (1 Corinthiens 12.31). Par notre attachement à Jésus-Christ et par nos actions subséquentes, nous avons besoin de démontrer au monde que nous sommes dignes de notre vocation.
« C’est pourquoi nous prions continuellement pour vous, afin que notre Dieu vous rende dignes de son appel et qu’il accomplisse en vous, avec puissance, tous les desseins bienveillants de sa bonté et l’œuvre de votre foi » (2 Th 1.11).

Le verset suivant ne dit pas que Dieu « nous a appelés à être sauvés » mais plutôt : « … qui nous a sauvés, et nous a adressé une sainte vocation, non à cause de nos œuvres, mais selon son propre dessein, et selon la grâce qui nous a été donnée en Jésus-Christ avant les temps éternels » (2 Ti 1.9).

Ce verset souligne le plan de Dieu qui devait se réaliser à travers Jésus et non à travers les œuvres de la loi. Il fallait que le sublime projet rédempteur de Dieu se concrétise par Jésus qui devait nous rendre capables d’être saints à ses yeux.

L’accent de la « vocation » porte sur le type et la qualité de vie ainsi que sur la nature du ministère que Dieu veut pour ceux qui cultivent une relation vivante avec lui.

Il est intéressant de remarquer que Paul rappelle aux chrétiens de l’église de Corinthe qu’ils ont été appelés à être saints, soulignant ainsi non seulement ce que les chrétiens sont déjà devenus aux yeux de Dieu lorsqu’ils sont nés de nouveau, mais également la nécessité d’une expérience continue d’une marche sainte dans la vie chrétienne :
« … à l’Église de Dieu qui est à Corinthe, à ceux qui ont été sanctifiés en Jésus-Christ, appelés à être saints » (1 Co 1.2).
De même, dans la citation suivante, l’accent porte sur la gloire de Dieu et sur le royaume futur :
« … vous conjurant de marcher d’une manière digne de Dieu, qui vous appelle à son royaume et à sa gloire » (1 Th 2.12).
On retrouve ici le thème dominant et récurrent de la qualité particulière de vie qu’on trouve en Jésus. Voilà la vocation adressée aux appelés.
« Car Dieu ne nous a pas appelés à l’impureté, mais à la sanctification »
(1 Th 4.7).

Si la vocation ne désignait que le fait d’être sauvé, Dieu cesserait d’appeler dès lors qu’un être humain est sauvé. Si vous appelez une personne et qu’elle vient, vous ne continuez pas à l’appeler ! La sagesse du monde, la recherche du prestige et surtout le matérialisme peuvent devenir de grands obstacles qui empêchent d’entendre l’appel de Dieu.
« Considérez, frères, que parmi vous qui avez été appelés il n’y a ni beaucoup de sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles »
(1 Co 1.26).

Il est intéressant de remarquer que Paul rappelle aux chrétiens de l’église de Corinthe qu’ils ont été appelés à être saints, soulignant ainsi non seulement ce que les chrétiens sont devenus aux yeux de Dieu lorsqu’ils sont nés de nouveau, mais également la nécessité d’une expérience continue de la marche sainte dans la vie chrétienne : « … à l’Église de Dieu qui est à Corinthe, à ceux qui ont été sanctifiés en Jésus-Christ, appelés à être saints » (1 Co 1.2).
De même, dans la citation suivante, l’accent porte sur la gloire de Dieu et sur le royaume futur :
« … vous conjurant de marcher d’une manière digne de Dieu, qui vous appelle à son royaume et à sa gloire » (1 Th 2.12).

On retrouve ici le thème dominant et récurrent de la qualité particulière de vie qu’on trouve en Jésus. Voilà la vocation adressée aux appelés. « Car Dieu ne nous a pas appelés à l’impureté, mais à la sanctification » (1 Th 4.7).

Nous pouvons conclure en affirmant que l’appel divin et la vocation concernent davantage la qualité unique et glorieuse de la vie chrétienne, que le processus par lequel nous sommes introduis dans cette vie.

Dudley WARD se définit comme missionnaire, engagé avec son épouse Jill dans l’évangélisation, la distribution de littérature, l’encouragement des serviteurs de Dieu dans leur passion pour le ministère chrétien.
Cette série d’articles est tirée du livre de Dudley, « Programmés par Dieu ou libres de le servir ? » aux Editions Oasis (épuisé, mais j’ai encore quelques exemplaires). 
Vous pouvez écouter son message  ici
https://www.youtube.com/watch?v=dh1GFyR72Ck   et https://www.youtube.com/watch?v=u-vKC6FwA7g

 

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