La grâce de Dieu serait irrésistible ? (selon R.C SPROUL)

Après le thème de la dépravation de l’homme. R.C. SPROUL aborde maintenant celui de la grâce irrésistible, un autre point clé du calvinisme.(5e analyse d’affirmations de R.C SPROUL, dans son livre Choisis par Dieu)

Qu’entend l’auteur par « une grâce irrésistible » ?

L’auteur trouve le terme grâce irrésistible trompeur. Selon lui, les calvinistes croient tous que les hommes peuvent résister à la grâce de Dieu et le font. Il cite l’histoire d’Israël, celle d’un peuple au cœur dur et au cou raide qui n’a cessé de résister à la grâce divine. Pour Sproul, la question à se poser est la suivante :
« La grâce régénératrice peut-elle faillir à sa tâche ? » Il écrit :

La grâce divine est résistible en ce sens que nous pouvons y résister et le faisons. Elle est irrésistible en ce sens qu’elle accom­plit sa raison d’être. Elle réalise l’effet que Dieu désire avoir. Je lui préfère donc le terme grâce opérante. p 112

Malheureusement, comme déjà vu, l’auteur part du postulat que Dieu régénère (fait naître de nouveau) les élus en qui il crée donc le désir de lui. Il dit :

Cependant, lorsque ce désir nous est insufflé, nous continuons de fonctionner comme nous l’avons toujours fait, en faisant des choix selon la plus forte motivation du moment. Si Dieu nous fait désirer Christ, nous agirons conformément à ce désir. Nous choisirons très certainement l’objet de ce désir, en choisissant Christ. p 112

Je ne sais pas si vous arrivez mieux que moi à harmoniser les 2 propositions que j’ai mises en gras ci-dessus ? La suite de l’argumentation de l’auteur tente à prouver qu’on fait un mauvais procès aux calvinistes si on les accuse de croire que Dieu contraindrait de force les élus à entrer dans le royaume de Dieu, tout en en excluant d’autres qui désirent désespérément en faire partie..

Loin de nous de propager de telles caricatures ou de faire un procès quelconque à nos frères, il serait forcément mauvais ! Mais Sproul avait affirmé très fortement que le verbe « attirer » attribué au Seigneur signifierait « contraindre », et ici, il le confirme en déclarant avec autant de force que Dieu fait désirer Christ à ses élus, de sorte qu’ils ne viendront jamais contre leur volonté à Christ, cette volonté ayant été changée par la régénération souveraine de Dieu.

La renais­sance amène une personne à la vie spirituelle en l’amenant à voir désormais Jésus dans sa douceur irrésistible. Jésus est irrésistible pour ceux qui sont rendus vivants aux choses de Dieu. L’âme de quiconque dont le cœur bat au diapason de celui de Dieu désire le Christ vivant Tous ceux que le Père donne à Christ viennent à Christ (voir Jn 6.37). p 114

À première vue, nous pourrions entièrement souscrire à ce paragraphe, et avec joie ! Oui, notre nouvelle naissance a de tels effets bénis !
Mais il y a deux grosses nuances qui font qu’en fait, je sois mal à l’aise :
– pour l’auteur, cela ne concerne que les élus,
– et cette renaissance est opérée souverainement dans ces élus, afin qu’ils viennent irrésistiblement à Christ.

Comme moi, l’auteur aime illustrer ses propos par des exemples concrets, qui évitent que nous ne soyons en train de philosopher abstraitement. Il demande si nous qui avons cru sommes plus justes ou plus intelligents que nos voisins qui disent non à la grâce; (p 116)
Pour lui, il n’y a que l’attirance irrésistible de notre côté et son absence chez notre voisin qui fera une différence qui ne nous attribue aucun mérite.
Cet argument du voisin inconverti est classique dans le calvinisme.

J’aurais tendance à dire qu’heureusement que ceux qui raisonnent ainsi (sans appui scripturaire), sont apparemment du bon côté, celui des heureux élus.
Mais ils sont peut-être aussi des papas et des mamans. Peut-être, comme moi, sont-ils perplexes de voir qu’une partie de leurs enfants appartient au Seigneur et une autre lui résiste encore. Sans broncher, ils envisageraient que la cause en serait que les premiers, étant élus, sont attirés irrésistiblement, et que Dieu aurait refusé cette grâce aux seconds, ne les attirant pas, malgré sa promesse formelle en Jean 12.32  ?

Un mystère

Pour nous, et nous l’avons amplement montré dans les articles précédents,
– Dieu attire tous les hommes,
– et la puissance qui les fait découvrir Christ, c’est celle de sa Parole, c’est, par elle, la révélation de la sainteté de Dieu et de l’amour que celui-ci leur aura témoigné, alors qu’ils étaient encore loin de lui.

Oui, le cœur du pécheur est alors subjugué, et il est amené à se tourner vers Christ dans la repentance et la foi, ayant comme résultat le don de la nouvelle naissance !
Mais tous ne sont pas subjugués, et certains ne le sont qu’après des années de refus ou de déboires dans leurs chemins de traverse, d’autres, hélas, jamais…
C’est un mystère, nous l’admettons. Mais cela prouve que l’attirance de Christ n’aura pas transformé les hommes en robots programmés pour répondre irrésistiblement à l’amour de Dieu.

Une réalité démontrée par nos vies

Ne voyons-nous pas cela clairement illustré par nos propres vies ?

Si c’est de manière irrésistible que nous avons été attirés à Christ, avec un cœur qui ne désirait plus rien d’autre que notre Sauveur et Seigneur, il devrait en être ainsi encore maintenant, et bien plus, n’est-ce pas ?

C’est vrai que nos beaux cantiques expriment cette aspiration profonde et réelle de nos cœurs, conformément à :

Philippiens 1. 21 et 3.8 : Christ est ma vie et mourir représente un gain./
Et je considère même tout comme une perte à cause du bien suprême qu’est la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur. 

Mais est-ce notre expérience  constante du quotidien ?
Moi, je constate que malgré mon cœur nouveau, malgré l’amour de Dieu répandu en moi par le Saint-Esprit, Dieu ne fait pas que je suive irrésistiblement la douce voix de cet Esprit saint.

Il y a des moments où, loin d’être  subjugué par l’amour du Christ, mon esprit est comme mort, ou au-moins paralysé, et mon cœur est  subjugué par les désirs mauvais de ma chair au point de ne plus percevoir de frémissements venant de ma conscience, et je suis alors en plein Romains 7.14 à 20 : 

Nous savons, en effet, que la loi est spirituelle; mais moi, je suis marqué par ma nature, vendu au péché. 15 Je ne comprends pas ce que je fais: je ne fais pas ce que je veux et je fais ce que je déteste. Or, si je fais ce que je ne veux pas, je reconnais par là que la loi est bonne. En réalité, ce n’est plus moi qui agis ainsi, mais le péché qui habite en moi. En effet, je sais que le bien n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ma nature propre: j’ai la volonté de faire le bien, mais je ne parviens pas à l’accomplir. En effet, je ne fais pas le bien que je veux mais je fais au contraire le mal que je ne veux pas. Or, si je fais ce que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui le fais, mais le péché qui habite en moi.

Ce n’est peut-être pas votre expérience, et vous me qualifierez de chrétien charnel. Pour ceux qui se reconnaissent dans ce que je raconte là, ils comprendront aussi que la repentance fasse partie de mon style de vie quotidien, et que je m’écris avec l’apôtre, aux versets 24, 25 :

Malheureux être humain que je suis! Qui me délivrera de ce corps de mort ?
J’en remercie Dieu, c’est possible par Jésus-Christ notre Seigneur.
Ainsi donc, par mon intelligence, je suis esclave de la loi de Dieu, mais par ma nature propre je suis esclave de la loi du péché.

Voir l’article Zoom sur  Romains 7.    Romains 7 : un chrétien charnel vraiment ?

Coup d’œil sur la fin du livre

Nous allons sauter les chapitres 6 et 7 :
– Le chapitre 6 traite de la prescience, qui est plutôt prédétermination pour l’auteur. Son étude n’apporterait pas grand chose par rapport à ce que nous avons déjà dit dans l’article : Dieu connaît tout d’avance ?

– Le chapitre 7 se penche sur Romains 9. Vous trouverez 4 articles à ce sujet :
Romains 9 (1) : Un peuple, canal de la rédemption 
Romains 9 (2) : Les libres choix de Dieu 
Romains 9 (3) : Un potier sage et avisé 
Romains 9 (4) : Ressources théologiques

Je me réjouis de terminer avec le chapitre 8, qui s’intitule : Pouvons-nous savoir que nous sommes sauvés ? C‘est le chapitre où je suis le plus en phase avec l’auteur !

Pour avoir un aperçu des derniers articles parus, cliquez  i c i 
Pour être avertis à chaque nouvelle parution d’article,

abonnez-vous ! Voir   i c i 
Si vous avez apprécié cet article, pourquoi ne pas le partager ?

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s