Jésus-Christ est-il mort sur la croix pour tous ? -2 (Samuel Samouélian)

Pour terminer ces courtes réflexions, ( voir  Samuel Samouélian : Jésus-Christ est-il mort sur la croix pour tous ? -1),  nous voulons considérer ce que Paul dit encore aux Romains et aux Éphésiens.

(extraits p 27 à 35 de la brochure – épuisée)

Le chapitre 8 des Romains est une heureuse conclusion au sujet de la vie du chrétien sauvé par grâce, par la seule foi en Jésus, dont l’œuvre rédemptrice a été parfaite. Dans ce chapitre, l’espérance et la certitude des enfants de Dieu sont décrites avec force et reconnaissance (Rom. 8.31-39).
Il y est parlé du plan de Dieu pour eux, de ses merveilleux projets, de son « dessein qu’il avait formé d’avance », mais il n’est pas ici question des décrets et de leur élection.

Voici ce que dit Paul dans le chapitre 8 des Romains, versets 29 et 30:

,Ceux qu’il a connus d’avance, il les a aussi prédestinés à être conformes à l’image de son Fils, afin que celui-ci soit le premier-né d’un grand nombre de frères. Et ceux qu’il a prédestinés 1, il les a aussi appelés; ceux qu’il a appelés, ils les a aussi justifiés et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés.

 1 Tous ne sont-ils pas prédestinés, puisque tous sont aimés d'un égal amour par Dieu?

Les ayant « connus d’avance », il est donc question de la prescience divine. Mais la prescience n’est pas l’élection. Dans sa prescience, Dieu prédestine, destine à l’avance, tous ceux qui accepteront son Fils comme Sauveur et Seigneur. Ils retrouveront ainsi l’image perdue par le péché d’Adam et d’Eve. Par conséquent, ils seront rendus conformes par la foi et non par un décret ! Cette conformité commence déjà sur la terre dans la communion personnelle avec Jésus, le Second Adam, comme le dit Paul (1 Cor. 15.45-47), le Chef d’une humanité nouvelle, son Église. Cette conformité sera merveilleusement totale dans la gloire lorsque nous le verrons tel qu’il est
(1 Jean 3.2). C’est l’aboutisse­ment de la vie par la foi en Jésus ici-bas.

Or, la foi qui sauve est donnée à celui qui se repent et croit en Jésus.
Le Nouveau Testament ne parle jamais d’une prédestination à la foi en Dieu comme un privilège particulier. Cette foi est reçue comme une grâce offerte à tous. Dieu ne refuse jamais la foi en lui. Il la veut pour tous ! Il l’offre à tous ! « Venez à Moi, vous tous … » (Mat. 11.28).

La foi en Jésus-Christ vient en nous lorsque nous le connaissons par la Parole de Dieu (Rom. 10.17) et par l’action du Saint-Esprit en nous.
Elle est, à la fois, une réponse à Dieu et un don de Dieu.
Et cette foi doit augmenter dans la mesure où le chrétien reste en communion avec son Seigneur. Plus on connaît quelqu’un, plus on lui fait confiance, plus on l’aime et plus on lui ressemble.

Dieu ne fait rien sans l’avoir conçu d’avance. Il n’improvise pas la condition de ses créatures, sur la terre et dans l’éternité. C’est ainsi qu’il a inspiré Paul dans Romains 8, versets 29 et 30.

Quels sont ceux qu’il a connus d’avance? Ce sont « ceux qui aiment Dieu » (Rom. 8.28), et qui ont répondu à l’appel du salut, car tout appelé n’est pas nécessairement un élu. Il lui faut répondre à l’appel !
Dans la parabole du festin, Jésus dit : « Il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus ». Tous étaient conviés au repas, le Maître de la maison voulait que sa maison soit remplie. Mais les vrais convives, ce sont ceux qui ont répondu à l’invitation (Mat. 22.14).

Être rendus conformes à l’image de son Fils, c’est l’œuvre du Dieu d’Amour qui veut, dans sa « grâce magnifique », accomplir ce que lui seul peut faire.
Il y a pourtant une condition primordiale. Après avoir dit : « Ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés », le choix apparaît ici, car Dieu n’oblige pas le « prédestiné » à répondre à son appel, à son merveilleux dessein, à « être conforme à l’image de son Fils ».
Pour réaliser ce projet, il faut aimer Dieu le Père et Jésus-Christ son Fils, de tout son cœur, par le Saint-­Esprit.
La vie chrétienne par l’Evangile, la Bonne Nouvelle du salut par la foi en Jésus, est la réponse, la décision à son appel. Dieu est le premier à vouloir le salut de toutes ses créatures. Il les appelle toutes et les attend dans sa grâce

À la réponse positive à son appel, le croyant expérimente la justification par la foi en Jésus : il est tenu pour juste, pardonné, régénéré par le Saint-Esprit et promu à la gloire avec son Seigneur !
Le texte de Romains 8, verset 39, ne mentionne pas la sanctifica­tion, mais elle est sous-entendue, car « sans la sanctification, nul ne verra le Seigneur » (Héb. 12.14), « Dieu veut notre sanctification ». Et ce qu’il veut, il le rend possible sur la terre (1 Thes. 4.3 et 7).

Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même parfaitement ; et que votre être tout entier – l’esprit, l’âme et le corps – soit conservé irrépréhensible pour l’ Avènement de notre Seigneur Jésus-Christ ! Celui qui vous a appelés est fidèle, et c’est lui qui accomplira cette œuvre » (1 Thes. 5.23-24).

Les prédestinés le sont pour la sainteté, afin qu’ils glorifient leur Dieu sur la terre, en attendant de le glorifier dans le Ciel. Dieu achève toujours son œuvre, son plan d’amour (Phil. 1.6).

Est-il question dans Romains 8 et dans Éphésiens 1 de décrets incitant une partie de l’humanité à ne pas pouvoir connaître la repentance et la foi qui sauve, à être condamnée d’avance ? Non, mille fois non ! Dieu aime le monde entier, et il a donné son Fils à la croix, pour que tous aient la possibilité d’une réconciliation.

Pour bien comprendre les chapitres 9, 10 et 11 des Romains, il faut savoir que Paul s’adresse ici, non à des païens, mais spécialement à des juifs.
Il est évident que Dieu a formé et choisi Israël, qu’il a élu ce peuple pour une mission spéciale : celle de préparer la venue sur la terre de Jésus-Christ, son Fils unique et éternel. L’Ancien Testament a préparé cette incarnation. C’était l’événement important : la rédemption de l’humanité entière.

Les premiers versets du chapitre 9 sont poignants. Paul exprime sa grande douleur, lorsqu’il considère les grands avantages spirituels d’Israël et le peu de réponses positives à l’œuvre du Dieu de la grâce. Il déclare :

Je dis la vérité en Christ, je ne mens point, et ma conscience m’en rend témoignage par le Saint-Esprit: J’ai une grande tristesse et un continuel tourment dans mon cœur.

Il s’agit du rejet d’Israël (9.1-5), le peuple élu de Dieu. Israël était libre d’accepter dans son ensemble son Messie, « le Christ qui est au­-dessus de tous, Dieu béni éternellement» (v. 5). L’élection n’enlève pas la liberté de foi et d’obéissance. N’oublions jamais que l’Évangile était adressé  premièrement aux Juifs puis aux Grecs. (Rom. 1.16).
Les juifs étaient certainement les mieux préparés à recevoir Jésus. Dans leur ensemble, ils ne l’ont pas reçu. « Il est venu chez les siens, et les siens ne l’ont point reçu » (Jean 1.11 ).

Ces chapitres ne sont pas, dit F Godet, « une dissertation dogmatique sur la prédestination en général, comme élément de l’enseignement chrétien …
Il s’agit d’un problème historique: Paul n’expose pas la doctrine de l’élection ; il justifie le rejet d’Israël. C’est ce qu’a parfaitement compris Calvin ». ( Commentaires sur l’épître aux Romains, p. 237).

L’apôtre Paul n’hésite pas à dire que « tous ceux qui descendent d’Israël ne sont pas pour cela Israël. Ils ont beau être de la postérité d’Abraham, ils ne sont pas tous ses enfants » (Rom. 9.6-7).
L’élection des Israélites était toute spiri­tuelle. Ceux qui s’appuyaient uniquement sur les avantages de la naissance, de la circoncision, avantages terrestres et extérieurs, privilèges selon la chair, n’ont aucun privilège selon l’élection; c’est ce que Paul dit aux Philippiens lorsqu’il considère, pour lui-même, le pharisien, tous ces avantages « comme une perte, … comme des balayures, afin de gagner Christ» (Phil. 3.7-8).

L’élection divine des nations et des individus peut donc changer suivant les fluctuations spirituelles, comme cela s’est produit pour Israël et les Gentils (Rom. 11.11-15). L’élection est fragile, c’est ce qui ressort de l’étude de ces passages des Romains.

Les versets 30 à 33 du chapitre 9, en relation avec les chapitres 3 et 4 de la même épître, nous éclairent sur ce qui peut paraître obscur concernant la condamnation des hommes. Les Israélites ont été rejetés parce qu’ils ont voulu se sauver par les œuvres de la Loi selon leur propre justice, tandis que c’est uniquement par la grâce de Dieu que le pécheur repentant et croyant en Jésus-Christ peut être sauvé.
La justification est par la foi en celui qui sauve parfaitement.

« Quiconque croit en lui ne sera pas couvert de confusion » (Rom. 10.11 et 9.33). Israël avait rejeté ce salut par la foi dès les temps de Moïse et des prophètes (Rom. 10.14-21).

Dans l’amour que Paul a pour Israël, il va jusqu’à dire : « Je souhaiterais d’être moi-même anathème, séparé de Christ, pour mes frères, mes parents selon la chair, les Israélites … ». Si, par cet anathème, ils pouvaient être sauvés … Mais cela est impossible, car le salut est personnel. Et Paul ne parle pas ici de décrets concernant les Israélites.

Paul rappelle la fondation du peuple de Dieu. L’appel d’Abraham, la promesse qui lui est faite, la naissance d’Isaac, le choix de Jacob.
Le verset 13 du chapitre 9 pourrait être utilisé pour l’hypothèse de la double prédestination. Il n’en est rien. Il est uniquement question ici de la préférence de Dieu pour Jacob. Esaü avait des sentiments que Dieu connaissait. Il avait vendu son droit d’aînesse avec légèreté. Paul reprend le texte qui avait été donné au prophète Malachie (1.2-3): « J’ai aimé Jacob et j’ai haï Esaü», ou « Je n’ai point aimé Esaü». Mais Dieu n’a pas haï Esaü dans le sens où nous l’entendons avec l’idée de haine et de ressentiment personnel, avec des mouvements de malveillance coupable.
Si Dieu n’a pas choisi Esaü, il a continué à l’aimer. Nous retrouvons ce terme «haïr» dans la bouche de Jésus lorsqu’il dit: « Si quelqu’un vient à moi et ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple» (Luc 14.26 et Jean 12.25). Le mot haïr signifie donc ici le choix. Nous avons dans ces textes des expressions très fortes dont l’orient est coutumier.

Il n’y a pas en Dieu d’injustice, ou un manque de sagesse et d’amour.
Le Plan divin est énoncé au chapitre 11, versets 25 à 32, et se termine par cette merveilleuse déclaration : « Dieu a enfermé tous les hommes dans la rébellion, pour faire miséricorde à tous», juifs et gentils sur un pied d’égalité. Cela ne veut pas dire que tous seront sauvés un jour ou l’autre, mais que tous peuvent bénéficier de la même miséricorde, du même salut par la foi en Jésus-Christ.

Le verset 18 du chapitre 9 : « Ainsi, Dieu fait miséricorde à qui il veut, et il endurcit qui il veut », peut nous étonner au premier abord. La miséricorde de Dieu, c’est sa grâce qu’il donne d’une manière particulière et pressante à celui qu’il a choisi, ici c’est Israël en vue de sa mission. Malgré toutes les désobéissances d’Israël, Dieu lui conserve encore aujourd’hui sa miséricorde et sa grâce. Lorsqu’il est dit: « Et il endurcit qui il veut », c’est encore le choix de Dieu qui s’exerce. Nous retrouvons la même pensée exprimée dans Romains 1, versets 24 à 32.

Dieu semble laisser le pécheur qui s’endurcit, comme ce fut le cas du Pharaon de !’Exode dont il est dit qu’il s’endurcit lui-même : « Le cœur de Pharaon s’endurcit et il ne voulut pas écouter Moïse et Aaron, ainsi que l’Éternel l’avait prédit » (Exode 7.22; 8.15; 8.32; 9.7, 34-35).

Ce n’est donc pas Dieu qui le pousse au mal, mais il le punit en finissant par le livrer au péché auquel il s’est volontairement livré. Quand l’homme étouffe volontairement les lumières reçues et les réprimandes de la miséricorde divine et persiste à se livrer à ses instincts mauvais, il vient un moment où Dieu lui retire l’action bienfaisante de sa grâce.                                         (F. Godet, même commentaire, p. 279, tome 2)

Au chapitre 9, verset 17, nous lisons : « Aussi l ‘Écriture dit-elle au Pharaon : « Voici pourquoi je t’ai suscité: c’est pour montrer en toi ma puissance afin que mon nom soit annoncé sur la terre entière ». Ce texte ne veut pas dire que Pharaon était prédestiné de toute éternité, avant sa naissance, à la perdition, comme le dit Calvin. Le commentateur L. Bonnet nous dit :

Les expressions dont se sert Paul n’obligent point l’exégète à admettre cette interprétation (celle de Calvin), et rien n’autorise à penser qu’il ait voulu s’écarter du sens historique du fait sur lequel il argumente.
Le but de l’action divine ici indiquée le prouve également : ce qui, dans l’histoire de Pharaon, a fait que le nom de Dieu fut célébré par toute la terre, ce n’est pas une mystérieuse prédestination à sa ruine, mais bien cette ruine elle-même, comme manifestation du juste jugement de Dieu»
(Commentaire sur l’épître aux Romains, p. 105).

Dieu voulait faire sortir son peuple d’Égypte. L’orgueilleux et puissant Pharaon devait être humilié devant les miracles de Dieu : les dix plaies, le passage de la Mer Rouge à pied sec par Israël, la perte de son armée.
Dieu a voulu montrer qu’il était plus grand, infiniment plus puissant que le Maître de l’Egypte. Dieu aurait pu faire mourir Pharaon. Il en avait le droit.
Il ne l’a pas fait. Il fallait montrer à Pharaon ce que Dieu pouvait faire afin que son nom soit annoncé sur toute la terre comme cela est dit dans Exode 9, verset 16.

Paul, dans les versets 19 à 29 du chapitre 9 des Romains, veut montrer que les peuples sont, dans les mains de Dieu, comme  l’argile dans la main du potier. « Dieu peut faire grâce à une nation pécheresse si elle se détourne de sa mauvaise voie ; inversement, il peut frapper une nation à laquelle il promettait bonheur et bénédiction (par exemple Israël), si cette nation fait ce qui est mal à ses yeux. Il y a là en germe la solution du problème examiné dans ces chapitres : l’appel des païens et le rejet des juifs » (M. Antonin, L’Épitre aux Romains, p. 79).

Il n’y a aucune distinction entre les juifs et les païens. « Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu » (Rom. 3.23). Israël, malgré ces merveilleuses promesses, a été rebelle à Dieu et s’est « amassé un trésor de colère « . Dieu a supporté, avec une longue patience, les vases de colère destinés à la perdition. C’est le péché qui destine au jugement. Dieu ne destine personne à la perdition par un décret irréversible.
Les vases de miséricorde, ce sont les chrétiens d’origine juive et païenne, c’est l’Église de Jésus (9.24-29).

Au chapitre 10 des Romains, versets 11 et 12, nous retrouvons le « quiconque croit en lui ne sera pas couvert de confusion». « Il n’y a point de distinction entre le Juif et le Grec, parce qu’ils ont tous le même Seigneur, riche pour tous ceux qui l’invoquent. Car quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé ». Le Seigneur invoqué ne peut être que Jésus-Christ.
Il est le Seigneur de tous, sans exception. Cette grâce merveilleuse anéantit l’orgueil des juifs qui prétendent se sauver par les œuvres de la Loi, et elle attire les païens qui accueillent la grâce et l’amour de Dieu. C’est le salut gratuit dont Dieu a fait tous les frais en donnant son fils. Jésus est pour tous les peuples de toutes les générations. Paul dira à Tite (2.11 ), que la grâce de Dieu est capable de sauver tous les hommes quels que soient leur nombre, la couleur de leur peau, leur instruction ou leur ignorance : il suffit d’accepter Jésus pour Sauveur, dans la repentance et la foi en lui.

Dans Romains 14, versets 13 à 15, Paul nous parle de respecter la conscience de nos frères en Christ, faibles en la foi. Nous pouvons être pour eux une cause de chute : « Si, pour un aliment tu affliges ton frère, tu ne te conduis plus selon l’amour. N’entraîne pas à la perdition, par ce que tu manges, celui pour lequel Christ est mort» (Rom. 14.15). Dans le même ordre d’idées, à propos des viandes sacrifiées aux idoles ( 1 Cor. 8.1-13), l’apôtre dit : «Prenez garde que la liberté que vous avez ne devienne pour les faibles une occasion de chute … Ainsi, avec ta connaissance, tu es une cause de perdition pour le faible, ce frère pour lequel Christ est mort ! »
il s’agit ici, non de dangers problématiques, mais de possibilités réelles. « Jésus est devenu l’auteur d’un salut éternel pour tous ceux qui lui obéissent» (Héb. 5.9). Il n’est pas dit: « Pour ceux qui sont élus». La sanctification est nécessaire ! Car,« sans elle nul ne verra le Seigneur. Veillez à ce que personne ne se prive de la grâce de Dieu» (Héb. 12.14-15). Un frère peut, en effet, après avoir expérimenté les merveilleux effets de la grâce divine, s’en priver si « quelques racines d’amertume » apparaissent dans sa vie inté­rieure. « Ainsi chacun de nous rendra compte à Dieu pour soi­-même » (Rom. 14.12).

Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a comblés en Christ dans les lieux célestes, de toutes sortes de bénédictions spirituelles. C’est en lui que Dieu nous a élus, avant la création du monde, pour que nous soyons saints et irrépréhen­sibles devant lui; il nous a prédestinés, dans son amour, à devenir ses enfants d’adoption par Jésus-Christ, selon sa volonté pleine de bienveillance … 

Ce passage de l’Epître aux Ephésiens (1.3-6), est important. Paul nous rappelle, dans la reconnaissance, la louange et l’adoration, les bénédictions spirituelles dont nous sommes  comblés  en Christ.

Le motif profond qui pousse Paul, dans ce cantique célébrant les bénédictions accordées, c’est que les païens (Eph. 2.11-12) sont pleinement associés à l’œuvre du salut accompli en Jésus-Christ pour tous, car Dieu n’est pas raciste, il ne fait acception de personne.
Les chapitres 2 et 3 de l’épître aux Ephésiens le disent avec force.
Le salut n’est point par les œuvres ou par un décret divin.
« C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi … Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie » (Eph. 2.8-9).
Paul aurait pu ajouter: « Ce n’est point par un décret divin que vous êtes venus au salut ». Il n’a pas pu le dire, puisque ces décrets n’existent pas.
S’il existait des décrets, c’était le moment d’en parler. Mais Paul dit :
« Des deux peuples, Dieu n’en a fait qu’un seul, en détruisant le mur de séparation». « Il a voulu créer en lui-même, avec les deux peuples, une humanité nouvelle» (2. 14- 15). L’apôtre termine ce chapitre 3, v 14 par cette merveilleuse déclaration : « Voilà pourquoi je fléchis les genoux devant le Père, duquel toute famille, dans les cieux et sur la terre tire son nom».
Or, en quoi consiste l’élection avant la création du monde :

Dieu avait décidé, dans son amour pour toutes ses créatures qu’il allait créer sur la terre, que celles qui accepteraient son Fils Bien-aimé Jésus-Christ seraient unies à lui pour former la grande famille de l’Église (Éph. 2.19).

Dieu ne les a pas élus par avance parce qu’ils étaient saints.
Ils ne pouvaient l’être, parce qu’ils n’existaient pas encore, mais afin qu’ils le deviennent par la foi en Jésus-Christ, comme le dit le texte (Éph. 1.4)

. Être « saints et irréprochables devant Dieu », c’est le but de la rédemption en Christ. Cela implique un choix, une repentance, une décision et la foi en Jésus­-Christ, le Sauveur. La cause de cette élection, c’est son Amour.
Or, nous savons que Dieu, étant amour, aime toutes ses créatures comme un père aime tous ses enfants. Il veut donc que nous devenions tous « ses enfants d’adoption par Jésus-Christ, selon sa volonté pleine de bienveillance … c’est une grâce magnifique qui nous est gratuitement accordée en son Fils bien-aimé  » (Éph. 1.6).

La prescience divine nous dépasse infiniment. Dieu, le créateur du temps, est au-dessus du temps (1 Pierre 1.2-3). Son désir et son projet merveilleux est que toutes ses créatures puissent lui dire, par le Saint-Esprit : « Abba, c’est-à-dire Père » !
Tous sont prédestinés à être « conformes à l’image de son Fils ».

Comme il est Amour, il souffre intensément de prévoir la révolte, l’incrédulité, la résistance de beaucoup, mais il ne les détermine pas par décret, à l’avance, à la perdition éternelle. La liberté humaine subsistera toujours pour le Juif et le Grec.

 

 

 

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