Jean 12.40 : Dieu aveugle et endurcit certaines personnes !?

 

Jean 12.40 : Dieu les a aveuglés, il les a rendus insensibles, afin que leurs yeux ne voient pas, que leur cœur ne comprenne pas, qu’ils ne se tournent pas vers lui pour qu’il les guérisse.

Difficile de prétendre que ce texte laisse place à la moindre ambiguïté :
Oui, il dit bien que c’est Dieu qui est l’auteur de ces actions d’obstruction,
et plus préoccupant encore, que l’objectif du Seigneur est d’empêcher ces personnes de se tourner vers lui pour qu’il les guérisse !
Que comprendre ? Plusieurs auteurs se sont penchés sur cette difficulté :

r1  >>

Ésaïe 6.10. Voir sur cette citation : Matthieu 13.14-15, note. Ce qui, dans l’hébreu est un ordre de Dieu au prophète, est rendu par l’évangéliste comme une action de Dieu lui-même qui, par un juste jugement sur l’incrédulité de son peuple, a aveuglé leurs yeux et endurci leur cœur ; c’était, en effet, alors un fait accompli.

Jean tire de là cette conclusion : Grec : C’est pourquoi ils ne pouvaient croire. Le c’est pourquoi porte sur le parce que suivant : (comme Jean 5.18 ; Jean 10.17)
Ils ne pouvaient croire pour cette raison que

Le dessein de Dieu, en envoyant son Fils au monde, était non d’endurcir et de perdre les hommes, mais de les sauver et Jésus avait abondamment offert à tous la grâce et le salut. Aussi le jugement de Dieu, ici révélé, ne commence que là où sa miséricorde rencontre une incrédulité et un endurcissement sans espoir.

Il faut donc dire avec Bengel :

Avant tout, ils ne croient pas, étant rebelles ; puis, ils ne peuvent croire.
Ils se trompent donc, ceux qui renversent ainsi l’ordre de ces paroles :
ils n’ont pu croire, donc ils n’ont pas cru.

(La Bible annotée, Levangile.com)

r2>>

Ce chapitre 12 termine une grande division de l’évangile.

À partir du ch. 13 en effet, le Seigneur s’adressera exclusivement à ses disciples. Et nous avons ici ses dernières paroles au peuple. Dorénavant, celui-ci sera endurci en tant que nation, conformément à la prophétie d’Ésaïe.

Le v. 11 du ch. 1 j 1.11-13 s’est vérifié: Il est venu chez lui — en Israël — et les siens ne l’ont pas reçu. Mais le verset suivant s’est lui aussi confirmé.
Quelques-uns l’ont reçu et, de ce fait, ont acquis le droit d’être enfants de Dieu.
Même d’entre les chefs, beaucoup ont cru en lui sans oser toutefois rendre témoignage de leur foi. Et la raison nous en est donnée: «Ils ont aimé la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu».
Nous qui manquons tellement de courage pour confesser notre foi, demandons-nous si ce n’est pas pour le même motif.

Jean KOECHLIN, BibleEnLigne.com

r3>>

(v. 37-43) — «Quoiqu’il eût fait tant de miracles devant eux, ils ne crurent pas en lui», est-il dit au verset 37. Les miracles que le Seigneur avait faits avaient pour but d’amener le peuple à croire en lui.

Il est dit au chapitre 15.24: «Si je n’avais pas fait parmi eux les œuvres qu’aucun autre n’a faites, ils n’auraient pas eu de péché… Mais maintenant ils n’ont pas de prétexte pour leur péché», celui qui consiste à rejeter le Christ.

Au chapitre 2.11, il est dit: «Jésus fit ce commencement de ses miracles à Cana de Galilée, et il manifesta sa gloire; et ses disciples crurent en lui». Puis il continua de faire tous les miracles qui prouvaient au peuple qu’il était bien l’envoyé de Dieu pour leur délivrance. Quelques-uns crurent en lui tout le long de son ministère; mais la nation demeura dans l’incrédulité où elle se trouve encore, jugement de Dieu prononcé par Ésaïe: «Seigneur, qui est-ce qui a cru à ce qu’il a entendu de nous, et à qui le bras du Seigneur a-t-il été révélé? » (chap. 53:1). Ils ne pouvaient pas croire, parce qu’Ésaïe dit encore: «Il a aveuglé leurs yeux et il a endurci leur cœur, afin qu’ils ne voient pas des yeux, et qu’ils n’entendent pas du cœur, et qu’ils ne soient convertis, et que je ne les guérisse» (voir Ésaïe 6:9, 10).

On objectera que les Juifs ne pouvaient croire, puisque Dieu les avait endurcis et aveuglés, pour qu’ils ne fussent pas convertis.

Les prophéties qui annonçaient cet aveuglement, prononcées depuis près de huit cents ans, ne s’accomplirent que lorsque Dieu eut fait tout ce qui était possible pour en éviter l’exécution.

Il avait usé d’une longue patience envers ce peuple tout au travers de son histoire; les prophètes l’avaient sans cesse sollicité à revenir à l’Éternel.
Depuis qu’Ésaïe avait prononcé sa prophétie, le peuple était allé en captivité à Babylone, en avait été ramené pour recevoir le Messie qui, enfin, apparut tel qu’il avait été annoncé et, comme nous venons de le voir, fit tout le nécessaire pour être reçu et accomplir les bénédictions promises; tout fut inutile. «Quoiqu’il eût fait tant de miracles devant eux, ils ne crurent pas en lui», voilà le résultat que Dieu a obtenu. Le Seigneur eût-il continué son ministère encore un siècle, le résultat aurait été le même; ce qui devait être fait l’avait été selon la mesure de Dieu, qui est parfaite, comme tout ce que Dieu est et fait, et qui ne pourrait être dépassée sans faire tort à ses perfections.

L’incrédulité est désormais la part de ce peuple qui demeure sans excuses.
Un autre viendra en son propre nom, dit le Seigneur au chapitre 5:43, et ils le recevront, c’est l’Antichrist; il accomplira des miracles et des signes et des prodiges de mensonge (2 Thess. 2.9); même, comme Élie, il fera tomber le feu du ciel (Apocalypse 13:13); ils le recevront pour leur jugement final, part aussi de la chrétienté apostate, lorsque le temps de la patience de Dieu sera écoulé,
ce qui aura lieu très prochainement.

Le verset 39 rappelle dans quelle circonstance la prophétie annonçant l’aveuglement judiciaire du peuple avait été prononcée: «Ésaïe dit ces choses parce qu’il vit sa gloire et qu’il parla de lui». Au chapitre 6 de ce prophète (v. 1 à 5), nous lisons: «L’année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur assis sur un trône haut et élevé, et les pans de sa robe remplissaient le temple. Des séraphins se tenaient au-dessus de lui; ils avaient chacun six ailes: de deux ils se couvraient la face, et de deux ils se couvraient les pieds, et de deux ils volaient. Et l’un criait à l’autre, et disait: Saint, saint, saint, est l’Éternel des armées; toute la terre est pleine de sa gloire! Et les fondements des seuils étaient ébranlés à la voix de celui qui criait, et la maison était remplie de fumée. Et je dis: Malheur à moi! car je suis perdu; car moi, je suis un homme aux lèvres impures, et je demeure au milieu d’un peuple aux lèvres impures; car mes yeux ont vu le roi, l’Éternel des armées».

Tel était donc celui que le prophète voyait dans sa majesté, sa sainteté, celui dont il est dit que les cieux mêmes ne sont pas purs à ses yeux. L’Esprit de Dieu déclare par Jean que c’était le Seigneur Jésus. «Ésaïe dit ces choses parce qu’il vit sa gloire et qu’il parla de lui».

Ce Jésus rejeté, méprisé, qui, quelques jours plus tard, sera condamné, fouetté, couronné d’épines, crucifié; ce Jésus auquel aujourd’hui on refuse la divinité et que l’on croit estimer beaucoup en l’appelant le meilleur des hommes, un modèle, ou bien que l’on rejette ouvertement, est le roi de gloire, l’Éternel, tel que l’Ancien Testament le présente, le créateur des cieux et de la terre, mais venu dans ce monde, revêtu de l’humanité, au milieu d’hommes pécheurs et perdus, comme Ésaïe se voyait dans sa présence glorieuse, pour apporter la vie, la lumière, l’amour.

Un homme, mais Dieu manifesté en chair, venu dans l’humilité la plus profonde, afin d’être accessible à tous; «il s’est anéanti» comme Dieu, ayant pris la forme d’esclave, trouvé en figure comme un homme. Il a quitté la gloire qui aurait foudroyé quiconque s’en serait approché, la lumière inaccessible que nul œil n’a vu ni ne peut voir. C’est celui-là que les hommes ont rejeté et rejettent encore, après avoir vu tout ce qui pouvait être vu pour le faire reconnaître en puissance, en amour, lui qui s’intéressait à toutes leurs peines et à toutes leurs douleurs.

Par sa présentation, l’épreuve de l’homme en Adam était parfaite; inutile d’attendre encore, puisque son cœur ne se laissait pas toucher par une telle grâce, et qu’il n’avait pas d’yeux pour voir la beauté du Seigneur. Il n’était pas digne de Dieu de prolonger cette épreuve; il ne lui restait donc qu’à exécuter son jugement. Mais, amour suprême, insondable, divin, c’est ce Jésus glorieux, merveilleux, rejeté, haï, qui va le subir, pour sauver cet homme si haïssable aux yeux de Dieu à cause de ses péchés.

Ô Jésus, ton amour et ta grâce ineffables,
Qui les exaltera, si ce n’est ces coupables?

Cependant, à ce dernier moment, plusieurs des chefs crurent en lui; «mais à cause des pharisiens ils ne le confessaient pas, de peur d’être exclus de la synagogue; car ils ont aimé la gloire des hommes plutôt que la gloire de Dieu» (v. 42, 43).

Qu’était la foi de ces hommes? Insuffisante pour marcher à la suite du Christ rejeté, suffisait-elle pour être sauvé ? Dieu le sait.
Il faut ou Christ ou le monde; on ne peut avoir les deux.

Moise avait estimé «l’opprobre du Christ un plus grand trésor que les richesses de l’Égypte; car il regardait à la rémunération» (Héb. 11.26). Celle-ci aura lieu au jour où la marche de chacun sera manifestée, où ceux qui cherchent la gloire de Dieu pendant qu’elle n’a aucun prix pour les hommes, recevront leur récompense. Mais quel jour pour ceux qui auront eu honte du Seigneur, préférant la gloire des hommes qui l’ont rejeté lorsqu’il vint dans ce monde, et pour lesquels, aujourd’hui encore, il n’a pas d’attrait! Pour ceux qui restent encore indécis de suivre le Seigneur, c’est le moment aujourd’hui de vaincre les obstacles qu’ils trouvent sur leur route, car bientôt il sera trop tard.

Samuel PROD’HOM, BibleEnLigne.com

R4>> 

Jn 12.40: Quelle est la responsabilité du peuple juif si «Dieu les a aveuglés» et «les a rendus insensibles>>?

La citation d’Es 53.1 reproduite d’après la Septante au v. 38 montre que le rejet du Messie par Israël était prévu par la prophétie. En face de preuves si évidentes de la divinité du Christ, on s’étonne à juste titre: comment était-ce possible ?
Le prophète s’était déjà étonné. Une telle aberration est incompréhensible.
Il y faut une explication. Elle est donnée au v. 40, mais elle n’est guère faite pour nous satisfaire : si Dieu lui-même a aveuglé le peuple et l’a rendu insensible, en quoi le peuple peut-il encore être rendu responsable ?

Pourtant, le v. 37 avait déjà placé une part de la responsabilité sur les Juifs eux-mêmes qui, par le grand nombre de signes miraculeux auraient eu tous les éléments en mains pour parvenir à la foi. Le v. 43 donne la raison profonde de leur incrédulité: c’est parce qu’ils «tenaient davantage à l’approbation des hommes qu’à celle de Dieu»>.

Le texte d’Es 6.10 est aussi cité dans Mc 4.12 et Ac 28.26-27. Dans ce chap. 6 d’Esaïe, le prophète, après avoir eu la vision de la gloire de Dieu et avoir été purifié du péché, s’offre pour servir Dieu auprès de son peuple. Mais Dieu le prévient qu’on l’ignorera, on le méprisera et le rejettera. Il ne veut pas que le prophète s’embarque dans son ministère avec des illusions: le résultat final sera négatif. Pourquoi? Parce que Dieu a endurci le cœur de ses auditeurs.

Souvenons-nous toutefois que cette action de Dieu est toujours une réponse à un endurcissement humain !

Nous le voyons dans l’exemple du pharaon au moment où Dieu voulait délivrer son peuple du pays de l’esclavage. Huit fois nous lisons que «le pharaon, le cœur obstiné, refusa de les écouter» (Ex 7.13), «le pharaon s’obstina dans son cœur et ne céda pas» (7.22), «il rentra dans son palais sans prendre la chose cœur» (v. 23), «le pharaon s’entêta et n’écouta pas Moïse et Aaron» (8.11), «les magiciens dirent au pharaon: ‘C’est le doigt de Dieu’. Pourtant le pharaon s’obstina et n’écouta pas Moïse et Aaron» (8.15), «cette fois encore, le pharaon s’entêta et ne laissa pas partir le peuple» (8.28;  9.7). Puis nous lisons dans 9.12: «L’Éternel fit que le pharaon s’obstine de sorte qu’il n’écouta pas les deux hommes». Après le septième fléau, le pharaon déclare:  «Cette fois-ci, je reconnais que j’ai péché. C’est l’Éternel qui est juste, moi et mon peuple, nous sommes coupables» (9.27). N’empêche que, dès que le tonnerre, la grêle et la pluie eurent cessé, le pharaon «s’obstina et ne laissa pas partir les Israélites» (9.35). Moise l’avertit : «Combien de temps encore refuseras-tu de t’humilier?» Mais il chassa Moïse et Aaron de chez lui (10.11). Après le fléau des sauterelles, il confesse encore une fois: «J’ai péché contre l’Éternel votre Dieu et contre vous» (10.16) et il demande que Moïse et Aaron prient pour que Dieu pardonne son péché (v. 17). Mais après que les sauterelles furent chassées du pays et après les ténèbres, «l’Éternel rendit obstiné le cœur du pharaon qui ne laissa pas partir les Israélites» (10.20,27). Même après l’annonce du dernier fléau, la mort de tous les premiers-nés, «l’Éternel rendit son cœur obstiné» (11.10).

Ainsi, c’est bien après que le pharaon ait endurci son cœur que Dieu l’endurcit. Voir aussi la note sur Mc 4.11-12

Encyclopédie des Difficultés bibliques

Avez-vous vu :  Pétition de Portes Ouvertes ?

Pour avoir un aperçu des derniers articles parus, cliquez  ici 
Pour être avertis à chaque nouvelle parution d’article,

abonnez-vous ! Voir   i c i 
Si vous avez apprécié cet article, pourquoi ne pas le partager ?

Des marques indélébiles de Dieu dans l’homme déchu (Jean-Louis DENEUFCHÂTEL)

Tous les Évangéliques s’accordent pour enseigner que la péché a corrompu l’homme. Celui-ci, créé à l’image de Dieu, n’a-t-il plus aucune trace morale ou spirituelle en lui, donc aucun guide fiable qui pourrait le conduire à revenir à Dieu quand son Esprit l’attire à lui ?
Jean-Louis DENEUFCHÂTEL prend la question sous la loupe.

Les marques indélébiles du péché en l’homme déchu

L’égarement des hommes dans leurs pensées est souligné en Éphésiens 4.17-19 :

Vous ne devez plus marcher comme les païens, qui marchent selon la vanité de leurs pensées. Ils ont l’intelligence obscurcie, ils sont étrangers à la vie de Dieu, à cause de l’ignorance qui est en eux, à cause de l’endurcissement de leur cœur. 

Même les hommes de ce monde les plus remarquables par leur intelligence ou leur savoir sont plongés dans cet égarement, et ne s’en rendent pas compte tant que la lumière de la Parole de Dieu ne vient pas les éclairer.
L’homme, mort spirituellement, est dans la désespérance : sa vie n’a pas de sens, car il est coupé de son Créateur. De plus, l’esprit du monde, manipulé par le prince de ce monde (Satan), influence largement nos esprits moribonds pour nous pousser à penser, croire et faire comme tout le monde, ce qui explique
l’uniformisation progressive de tous les comportements humains.

Les hommes sont comme un immense troupeau, chacun croyant être original et libre et ne percevant pas qu’il est dominé par le Malin.

Deux éléments subsistent

Toutefois le Seigneur nous a laissé deux éléments qui subsistent de notre
ancienne condition.

La conscience morale

La conscience morale est le premier élément qui nous reste et qui nous sert de signal d’avertissement et de garde-fou.

Dans le cas de Caïn, on voit Dieu lui parler personnellement en faisant appel à sa conscience morale :

Genèse 4.7 : Certainement, si tu agis bien, tu relèveras ton visage, et si tu agis mal, le péché se couche à la porte, et ses désirs se portent vers toi : mais toi, domine sur lui. Cependant, Caïn adressa la parole à son frère Abel ; mais, comme ils étaient dans les champs, Caïn se jeta sur son frère Abel, et le tua.

Il l’invite à résister au péché, soulignant que nous sommes toujours responsables de notre péché.
Cette conscience morale universelle, nous la trouvons décrite aussi dans Romains 2.14,15 :

Quand les païens, qui n’ont point la loi, font naturellement ce que prescrit la loi, ils sont, eux qui n’ont point la loi, une loi pour eux-mêmes ; ils montrent que l’œuvre de la loi est écrite dans leur cœur, leur conscience en rendant témoignage, et leurs pensées s’accusant ou se défendant tour à tour. 

La pensée de l’éternité

Le second élément est la « pensée de l’éternité » que nous trouvons mentionnée dans Ecclésiaste 3.11-15 :

Il fait toute chose belle en son temps ; même il a mis dans leur cœur la pensée de l’éternité, bien que l’homme ne puisse pas saisir l’œuvre que Dieu fait, du commencement jusqu’à la fin. J’ai reconnu qu’il n’y a de bonheur pour eux qu’à se réjouir et à se donner du bien-être pendant leur vie ; mais, si un homme mange et boit et jouit du bien-être au milieu de tout son travail, c’est là un don de Dieu. J’ai reconnu que tout ce que Dieu fait durera toujours, qu’il n’y a rien à y ajouter et rien à en retrancher, et que Dieu agit ainsi afin qu’on le craigne. 

Ce passage nous montre que Dieu a gardé, inscrite au profond de nos êtres, cette conception de l’éternité, c’est-à-dire ce sens que nous sommes faits pour autre chose que cette seule vie et aussi (peut-on ajouter) le sens de l’infini et de la perfection de Dieu (notion que l’on retrouve, dévaluée, en mathématiques, sous la forme du concept de l’infini que l’on ne peut réellement saisir, mais dont on a besoin). Actes 17.26 à28 va dans le même sens :

Il a fait que tous les hommes, sortis d’un seul sang, habitent sur toute la surface de la terre, ayant déterminé la durée des temps et les bornes de leur demeure ;
il a voulu qu’ils cherchent le Seigneur, et qu’ils s’efforcent de le trouver en

tâtonnant, bien qu’il ne soit pas loin de chacun de nous, car en lui nous avons la vie, le mouvement, et l’être. C’est ce qu’ont dit aussi quelques-uns de vos poètes : De lui nous sommes la race. . . » Les hommes cherchent Dieu en tâtonnant comme des aveugles.

La conscience morale et la conscience spirituelle de la pensée de l’éternité ne sont pas des parties constituantes de l’homme, mais la boussole de Dieu en nous. Elles ne sont donc pas susceptibles d’être touchées par la corruption de nos cœurs.

Notre problème n’est donc pas une conscience détraquée ou déviée, mais d’autres voix, pécheresses, qui étouffent celles du Créateur en nous, comme le montre la parabole des 4 terrains :

Notre âme égarée domine notre être

La mort spirituelle est donc, en conséquence, la domination anormale (selon les plans de Dieu et le modèle qu’il a en vue) de notre âme égarée sur tout notre être.

Ceci est confirmé par les mots qu’emploie la Parole de Dieu pour qualifier les deux sortes d’hommes. Nous trouvons cela dans I Corinthiens 2.14, 15 :

Mais l’homme naturel n’accepte pas les choses de l’Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c’est spirituellement qu’on en juge. L’homme spirituel, au contraire, juge de tout, et il n’est lui-même jugé par personne. 

Le terme grec qu’emploie ici l’apôtre Paul, « naturel », est, en fait, «psychique» ce qui veut dire littéralement « de l’âme » (commandé et dominé par notre âme qui n’est pas à sa place normale de soumission à l’esprit). 

Le croyant, né de nouveau, est nommé logiquement « spirituel » puisqu’il a reçu l’Esprit de Dieu.

Ainsi Paul peut-il écrire en I Corinthiens 2v12 :

Or nous, nous n’avons pas reçu l’esprit du monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les choses que Dieu nous a données par sa grâce.

// La domination de l’âme, c’est la domination du « moi » qui est devenu le seigneur de notre vie. Tout tourne autour du moi désormais et nous ne le voyons pas car nous sommes privés de la lumière de Dieu.

Ce sont donc « mes » volontés, « mes » sentiments et « mes » conceptions qui dirigent mon être (mais derrière se tient le prince de ce monde qui agit pour nous gouverner selon ses plans, de sorte que nous nous croyons libres de nos choix, alors que nous sommes tous esclaves du même tyran). //

Conclusion

Quel grand projet Dieu a commencé à mettre en œuvre en envoyant Son Fils pour restaurer toutes choses !
Ne nous arrêtons pas au début du programme, mais allons de l’avant en acceptant que le Seigneur nous transforme (et cela fait parfois bien mal !) à l’image de Son Fils !

Jean-Louis DENEUFCHÂTEL 

L'auteur se présente sobrement comme professeur de l’Éducation nationale en retraite, ancien d’une église et traducteur pour E 21 et le Metropolitan Tabernacle.

Note CS : Ces pensées sont extraites d’une étude plus vaste sur la constitution tripartite de l’homme défendue par l’auteur.  Ce n’est pas notre objectif ici de débattre à ce sujet. Si quelqu’un désire obtenir l’étude complète, il suffit de la demander. 

Voir aussi : Le misérabilisme est-il vraiment biblique ?

Pour avoir un aperçu des derniers articles parus, cliquez  ici 
Pour être avertis à chaque nouvelle parution d’article,

abonnez-vous ! Voir   i c i 
Si vous avez apprécié cet article, pourquoi ne pas le partager ?

Faute d’efforts, l’unité s’évapore ! (selon Dominique ANGERS 2/2)

Continuer à lire … « Faute d’efforts, l’unité s’évapore ! (selon Dominique ANGERS 2/2) »

Des paroles de réprimande dans les Proverbes (selon Kathleen NIELSON 1/2)

  Il était temps : voilà enfin un texte qui provient d’une plume féminine ! 
Extraits de l’excellent commentaire du Livre des Proverbes de cet auteur appréciée par ceux (et surtout celles) qui sont familiers à l’IBG ! Continuer à lire … « Des paroles de réprimande dans les Proverbes (selon Kathleen NIELSON 1/2) »

Des relations harmonieuses dans l’Église (selon Dominique ANGERS 1/2)

En prolongement de l’article Des relations harmonieuses (d’après Neil T. ANDERSON), voici quelques perles extraites du magnifique commentaire de la non moins merveilleuse lettre aux Éphésiens, de Dominique ANGERS, à se procurer absolument ! Continuer à lire … « Des relations harmonieuses dans l’Église (selon Dominique ANGERS 1/2) »

La sanctification, une 2e expérience ?(Ed MILLER)

  Je constate depuis longtemps que le dénominateur commun de bien des doctrines déviantes ou simplement suraccentuées est de scinder les chrétiens en deux classes hermétiques, et de proposer leur « recette » pour passer de l’une à l’autre ! Mes réflexions sur l’homme déchiré de Romains 7 (Romains 7 : un chrétien charnel vraiment ?) m’ont conduit à consulter entre autres le commentaire d’Ed Miller. Et là, avant d’y arriver, je lis son intro des chapitres 6 à 8, qui rejoint tout à fait mes préoccupations : http://www.connaitrechrist.net/Site/EM/Romains/Romains9.htm Continuer à lire … « La sanctification, une 2e expérience ?(Ed MILLER) »

2 Timothée 2.10 enseigne-t-il que seuls les élus seront sauvés ? (David SHUTES)

 

  Ne trouvant aucun commentaire pertinent sur ce verset, j’ai posé la question à David SHUTES. Bonne pioche ! C’est avec sa minutie habituelle que David explore pour nous les deux mots-clés du verset : le salut et l’élection ! Continuer à lire … « 2 Timothée 2.10 enseigne-t-il que seuls les élus seront sauvés ? (David SHUTES) »

Mon cheminement vers la vie en Christ (Yolande FIORINI LOEW)

CaptureJ316 « Avant j’étais focalisée sur la mort du vieil homme et sur comment faire pour que l’homme naturel meure et ne se manifeste pas, mais maintenant je recherche la vie de Christ en moi par le Saint-Esprit. »
C’est ce témoignage qui rend compte du changement le plus visible dans la vie de Yolande que je connais depuis l’enfance. Elle raconte son parcours de vie en trois étapes :
Continuer à lire … « Mon cheminement vers la vie en Christ (Yolande FIORINI LOEW) »

Le Père a-t-il vraiment abandonné son Fils sur la Croix ?

« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Évoquant cette prière de Jésus sur la croix, la question se pose : Le Père a-t-il vraiment pu détourner son visage de son Fils innocent expiant le péché du monde ? Voire même le considérer avec colère, car il était chargé de tous les péchés du monde ? Continuer à lire … « Le Père a-t-il vraiment abandonné son Fils sur la Croix ? »

Romains 11.7 à 10 : Dieu empêche-t-il certains de voir l’Évangile ? (Levangile.com)

Nous ne pourrons pas nier que ces textes parlent d’un endurcissement des cœurs par celui même qui parle à ces cœurs pour les amener à changer ! Contradiction ? Voyons cela de plus près en compagnie de Levangile.com !
Continuer à lire … « Romains 11.7 à 10 : Dieu empêche-t-il certains de voir l’Évangile ? (Levangile.com) »

L’assurance du salut du chrétien (selon R.C. SPROUL 6/6)

Nous terminons notre survol du livre « Choisis par Dieu » de R.C. Sproul par le sujet de l’assurance du salut. C’est probablement celui des 5 points « tulip » où nous sommes le plus en phase avec l’auteur (bien que nous ayons aussi trouvé des passerelles vers lui lors de l’examen des thèses que nous récusons…) Continuer à lire … « L’assurance du salut du chrétien (selon R.C. SPROUL 6/6) »

Des relations harmonieuses (d’après Neil T. ANDERSON)

CaptureJ316 Pour ce 4e et dernier article tiré du livre de Neil T. Anderson, je choisis le sujet des relations harmonieuses avec nos semblables. Ce que l’auteur en dit m’a été – et m’est toujours – d’un grand secours. Continuer à lire … « Des relations harmonieuses (d’après Neil T. ANDERSON) »

Réponses à 5 objections à l’expiation illimitée (David SENGEL)

logo j316 moyen Voici quelques propositions de réponses succinctes face à des objections que l’auteur a rencontrées concernant l’expiation illimitée. (Jésus mort pour tous les hommes). N’hésitez pas à faire des retours. Continuer à lire … « Réponses à 5 objections à l’expiation illimitée (David SENGEL) »

Et si certains de nos objectifs étaient irréalistes ? (d’après Neil T. ANDERSON)

Dans ce 3e article extrait de son livre, l’auteur nous propose de réfléchir sur les objectifs que nous nous fixons. Et si certains d’entre eux étaient tout simplement irréalistes et nous menaient tout droit vers la frustration, voire vers la dépression ? Neil T. Anderson nous aidera à distinguer entre… Continuer à lire … « Et si certains de nos objectifs étaient irréalistes ? (d’après Neil T. ANDERSON) »

La grâce de Dieu serait irrésistible ? (selon R.C SPROUL 5/6)

Après le thème de la dépravation de l’homme. R.C. SPROUL aborde maintenant celui de la grâce irrésistible, un autre point clé du calvinisme.(5e analyse d’affirmations de R.C SPROUL, dans son livre Choisis par Dieu) Continuer à lire … « La grâce de Dieu serait irrésistible ? (selon R.C SPROUL 5/6) »

Comment vivre la radicalité du changement produit par la nouvelle naissance ? (Neil T. ANDERSON)

CaptureJ316  Le 1e article – 1 (N T. A) – mettait en lumière le changement radical et inaliénable que la nouvelle naissance produit en nous, en faisant de nous des enfants de Dieu. Maintenant, l’auteur va nous montrer comment vivre en pratique selon ce nouveau statut. Continuer à lire … « Comment vivre la radicalité du changement produit par la nouvelle naissance ? (Neil T. ANDERSON) »

Matthieu 22.14 : Il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus !

Jésus voulait-il avertir : « Attention, ne vous faites pas d’illusions, vous n’êtes pas tous invités aux noces ! » ??

R1 >>

Que nous montre la parabole à laquelle se rapportent ces mots ? Après la négligence des premiers invités – non programmée par leur hôte, n’est-ce pas ? – le roi dit à ses serviteurs :

– Allez donc aux carrefours, et invitez aux noces tous ceux que vous trouverez.
Ces serviteurs s’en allèrent par les chemins, rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, méchants et bons, et la salle des noces fut remplie de convives.
Le roi entra pour voir les convives, et il aperçut là un homme qui n’avait pas revêtu un habit de noces. Il lui dit :
– Mon ami, comment es-tu entré ici sans avoir un habit de noces ?

Cet homme resta la bouche fermée. Alors le roi dit aux serviteurs :
– Liez-lui les pieds et les mains, et jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents. Car il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus.

– Par deux fois, il est question d’inviter tous ceux qui seraient trouvés. – L’homme expulsé  ne l’est pas par défaut de présentation de carton d’invitation, mais parce qu’il n’avait pas respecté la condition d’admission exigée : revêtir l’habit (de grâce).

– La sentence  « car il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus. » est directement liée à l’expérience de cet homme. Comme pour faire comprendre que, hélas, dans la réalité, c’est un grand nombre qui se rendra ainsi… inéligible, pas un seul comme dans la parabole ! Sinon, pourrait-on imaginer le Seigneur appeler, et ne pas élire ceux qui répondraient ? La responsabilité est ici clairement du côté de l’appelé.        Tiré de l’article :Le misérabilisme est-il vraiment biblique ?

R2>> 

Puisque la salle des noces fut remplie (verset 10), les élus n’étaient pas en si petit nombre, mais ils le sont toujours, comparés aux multitudes d’appelés. Cet appel est fait de la part de Dieu dans l’intention que celui qui l’entend soit sauvé.

Mais ni l’appel, ni même l’acceptation ne suffisent pour cela, comme le prouve le dernier trait de notre parabole. Il faut de plus un acte de la grâce souveraine de Dieu. Mais cet acte n’est point arbitraire ; Dieu possède le secret de le mettre en harmonie avec la liberté humaine, de telle sorte que celui qui est finalement rejeté l’est par sa faute (verset 12) et que celui qui est sauvé sait qu’il l’est par la pure grâce de Dieu (Éphésiens 1.4 ; Philippiens 2.13).
Bible annotée Matthieu 22    >> Lire le commentaire complet de cet passage, qui montre le sens eschatologique de cette parabole. On lira aussi avec profit : Bible en Ligne Matthieu 22

Compléments

Le misérabilisme est-il vraiment biblique ?

La Bible enseigne-t-elle la totale corruption de l’homme ?

La corruption humaine (selon R.C SPROUL 4/6)

Dans notre examen du livre de R.C SPROUL, Choisis par Dieu, nous en arrivons maintenant au sujet d e   l a   c o r r u p t i o n   h u m a i n e . (sujet 4 sur 6)
Qu’en dit l’auteur ? Qu’en disent les Écritures ? Continuer à lire … « La corruption humaine (selon R.C SPROUL 4/6) »

Une nouvelle identité pour une nouvelle vie – 1/4 (Neil T. ANDERSON)

CaptureJ316  Qui ne connaît ce bestseller de l’édition évangélique d’il y a trente ans ?
Je n’aurais pas pensé que je serais amené à y revenir, mais cela a été le cas.
Et, malgré quelques réserves, c’est indéniable que sa relecture a représenté pour moi une aide très utile dans mon désir de ressembler à Christ, de sorte que je souhaite vous partager ces pépites en quatre articles, qui vous pousseront peut-être vous aussi à reprendre ce livre.  C.S Continuer à lire … « Une nouvelle identité pour une nouvelle vie – 1/4 (Neil T. ANDERSON) »

Nés de nouveau pour pouvoir se convertir ? (selon R.C SPROUL 3/6)

Après la prédestination (Prédestination, élection et la souveraineté de Dieu (La souveraineté de Dieu), nous examinerons ici le sujet de la nouvelle naissance, que R.C. Sproul enseigne comme étant un acte souverain unilatéral de Dieu envers ses élus prédéfinis, qui laisserait les autres dans leur péché sans recours possible.  Est-ce un débat aride à laisser aux théologiens ? 
Pour ma part, je souhaite que cette étude minutieuse mais simple amène chacun à adorer davantage notre Dieu et à  le louer pour son merveilleux salut !
Continuer à lire … « Nés de nouveau pour pouvoir se convertir ? (selon R.C SPROUL 3/6) »

La Bible enseigne-t-elle la totale corruption de l’homme ? (C.R.)

Le dogme de la TOTALE corruption de l’homme va trop loin, quand il affirme qu’on ne peut trouver dans l’homme naturel absolument aucune impulsion au bien. Tout le monde sent bien que c’est faux, et l’apôtre Paul lui-même en convient lorsqu’il écrit :

Quand les païens, qui n’ont point la loi, font naturellement ce que prescrit la loi… À peine mourrait-on pour un juste ; quelqu’un peut-être mourrait il pour un homme de bien… » etc.

L’homme naturel déchu sait toujours que voler c’est mal, que mentir c’est mal, que tromper sa femme c’est mal, mais qu’aider son prochain, c’est bien, qu’honorer ses parents c’est bien etc. etc.
Il suffit d’ailleurs de jeter un coup d’œil aux codes civils de tous les temps pour constater que l’homme ne définit pas lui-même le référentiel du bien et du mal, mais qu’il suit plus ou moins imparfaitement la loi de sa conscience, qui n’est autre que le référentiel de Dieu.

Il est vrai que dans les derniers temps d’une civilisation, comme le dit Ésaïe, les hommes peuvent appeler le bien mal et le mal bien, mais ce sont des signes extrêmes de la fin, qui justement provoquent l’indignation du prophète ; ce n’est pas la règle générale de l’homme naturel, de l’homme pécheur.

On peut certainement trouver diverses définitions à la « nature » d’un point de vue philosophique. Mais du point de vue humain, c’est d’abord ce qui nous est transmis, ce que nous héritons de nos parents, et qui ne peut manquer de se manifester. Or il est indéniable que tous les hommes en grandissant éprouvent ce sentiment du péché ; le péché fait donc effectivement partie de notre nature, et pas seulement de la liste des mauvais actes que nous avons individuellement commis.

On peut dire que la bienveillance particulière dont Dieu entoure les petits enfants (Luc 18.16) ne s’accorde pas avec l’idée puritaine d’une corruption totale de l’homme. Mais le fait qu’ils s’endurcissent en grandissant prouve aussi que le péché habitait en eux dès le départ, comme un virus étranger, comme une tare génétique.

Claude R.   ThéoTeX

(Extrait – avec accord – d’un E mail de Claude R. à Claude S.)