La sanctification, une 2e expérience ?(Ed MILLER)

  Je constate depuis longtemps que le dénominateur commun de bien des doctrines déviantes ou simplement suraccentuées est de scinder les chrétiens en deux classes hermétiques, et de proposer leur « recette » pour passer de l’une à l’autre ! Mes réflexions sur l’homme déchiré de Romains 7 (Romains 7 : un chrétien charnel vraiment ?) m’ont conduit à consulter entre autres le commentaire d’Ed Miller. Et là, avant d’y arriver, je lis son intro des chapitres 6 à 8, qui rejoint tout à fait mes préoccupations : http://www.connaitrechrist.net/Site/EM/Romains/Romains9.htm


Introduction à Romains 6 à 8

Présentation en ligne : Ed expose les principales approches que les commentateurs ont fait des chapitres 6 à 8, pour nous amener à l’approche du dénominateur commun, c’est à dire que la victoire est la Personne de Jésus Christ. Plus Jésus remplit le paysage de ma vie, plus je serais libre du péché. Chaque fois que Dieu nous donne une nouvelle révélation de Christ, laissez simplement votre cœur répondre : « Oui, je désire cela. »

En entrée en matière de sa causerie, Miller trouve que l’on met trop l’accent sur les chapitres 6 à 8. C’est disproportionné par rapport au reste de Romains et du reste de la Bible. On aboutit ainsi à une foison de commentaires, qui ont fait hésiter l’auteur d’y ajouter le sien. (Des cours oraux, en fait !)

Miller constate que chacun s’exprime selon la lumière dont il dispose, en fonction de leur arrière-plan ou de l’école dont ils dépendaient.

Certains disent qu’il s’agit du chapitre sur la « vie victorieuse », sur la « vie abondante », sur la « vie crucifiée », sur la « vie plus haute », sur la « vie remplie de l’esprit », sur la « vie de soumission », sur la « vie de la nouvelle alliance », sur la « vie dans les lieux célestes »…

L’auteur trouve incroyable de voir que tant de personnes soient capables de prouver des points opposés en partant du même texte, en proclamant avec aplomb : « Voilà ce que la Bible enseigne et voici le texte qui le prouve. »

Miller va  examiner plusieurs thèses. D’emblée, il note que toutes mettent leur accent prépondérant sur la sanctification, sur Dieu qui veut briser la puissance du péché dans nos vies. Le problème, c’est que leurs auteurs ne sont pas d’accord sur la façon d’y arriver !

Les différentes approches de Romains 6 à 8

L a    s a n c t i f i c a t i o n   c o u p é e   d e   l a   j u s t i f i c a t i o n 

Les écoles que nous allons examiner pensent que Dieu nous donne la justification à un moment donné, et qu’à un autre moment, il nous donne la sanctification, par un deuxième acte de foi..

  1. Le perfectionisme, le mouvement de la sainteté

D’après l’auteur, le célèbre prédicateur John Wesley a probablement été le premier à séparer justification et sanctification en deux expériences différentes.

Pendant 1700 ans, personne n’y a jamais pensé – ou du moins ne l’a pas imprimé. Avant, le salut était un. La justification était la racine, et la sanctification était le bourgeon et finalement le tout fleurissait dans la glorification. C’est un salut tout en un ! 

Wesley disait: « Comme la sanctification n’est pas la justification, mais quelque chose d’entièrement différent, il est possible, et c’est une tragédie, que certains chrétiens puissent être justifiés mais ne soient jamais sanctifiés. Ils ne saisissent jamais le don suivant. Ils prennent le premier don mais ne prennent jamais le second don. » Ainsi, dit-il, il est possible d’être justifié, d’être sauvé et de ne pourtant jamais avoir ce second don – la sanctification. En fait, il dit que vous pouvez être justifiés et mourir et ne jamais être sanctifiés car n’ayant pas ce second don.

Ed Miller déplore donc l’enseignement qui s’en suivit, et que nous constatons encore autour de nous. Celui-ci stipule qu’après l’acte de foi de la justification, qui a fait de nous des enfants de Dieu, il nous faut poser un deuxième acte de foi, qui nous donnera le don de la sanctification. C’est ce second acte de foi qui briserait la puissance du péché dans notre vie et nous donnerait la  victoire et la délivrance du péché. Au début, c’était le « perfectionnisme », (qui enseignait que l’homme peut arriver à la perfection) . Le « mouvement de sainteté » enseignait exactement la même chose.

2. Le mouvement de Pentecôte

De ce  » mouvement de sainteté » nous est ensuite venu « le mouvement de Pentecôte », qui enseigne exactement la même chose, c’est-à-dire qu’il y a deux expériences distinctes. Pour eux, la justification, c’est avoir une relation juste avec Jésus-Christ. Et le Saint-Esprit est l’agent du processus de sanctification.

Ainsi, si la justification c’était être correctement relié à Jésus, la sanctification c’est être correctement relié à l’Esprit de Dieu. Tout cela s’est passé au milieu du 19ème siècle.
On parle alors de seconde expérience – la sanctification qui était faite par le Saint-Esprit. puis de « seconde bénédiction ». Ensuite et ce jusqu’à ce jour, le « baptême du Saint-Esprit ». 

3. Le mouvement de la victoire en Christ

Une autre variante de cette distinction de la justification et de la sanctification en deux actes de foi distincts a été le « mouvement de la vie plus haute » ou le « mouvement de la victoire en Christ ». 
Ils croyaient également dans deux expériences mais ils présentaient le fait que l’on pouvait recevoir la justification et ensuite presque simultanément la sanctification par un autre acte de foi, sans qu’il y ait besoin de passer par une grande expérience de désert entre les deux et que vous n’avez pas à attendre longtemps dans votre vie.  Ainsi un tout nouveau mouvement apparut pour expliquer la victoire, la vie de repos et la vie de sainteté qui vient avec.
La fameuse convention qui se tenait à Keswick vient de ce « mouvement sur la vie de victoire » et de nombreuses personnes ont commencé à croire et à suivre tout cela. 

Ed Miller dit que tous ces mouvements ont comme point commun  d’enseigner que les chrétiens n’ont en fait pas besoin d’un remède, mais de deux remèdes. Et cela va évidemment influencer notre lecture de Romains 6 à 8. 

Si la sanctification est un don spécial qui doit être reçu par une simple foi, à tout moment dans ma vie, en disant « Seigneur, je le demande maintenant par la foi » pour le recevoir instantanément, cela s’oppose évidemment à ceux qui affirment que c’est un processus, une croissance ! On assiste alors à des prises de position de foi parfois téméraires, du genre : « Seigneur, tu as promis…, en ton nom, nous… réclamons donc…  »     

(J’ajoute qu’il y a bien des membres d’églises des mouvances citées, qui mettent comme nous l’accent sur la suffisance de Christ, reçu par la foi lors de notre conversion, et nous conduisant par son Esprit à grandir en lui, dans l’obéissance, la repentance et la foi. Claude)

Miller imagine un dialogue entre les tenants de deux positions :

Les premiers disent: « Je peux être saint et purifié instantanément, à tout moment, et réclamer la victoire de Dieu. » Les autres disent: « Non, vous devez grandir dans la sainteté. » Ce à quoi les premiers répondent: « Non, c’est écrit ici, vous êtes crucifiés avec Christ, vous êtes morts. Tout s’est accompli d’un seul coup. » Les seconds répondent: « Vous ne comprenez pas pourquoi il a choisi le mot crucifié. C’est la mort la plus lente qu’il soit possible de connaître. La crucifixion est en rapport avec la lenteur de la mort. Le vieil homme ne meurt pas tout d’un coup. C’est un processus lent qui dure. »

C’est vrai, la sanctification (dans le sens de changement de nos cœurs et mentalités) ne vient pas en un clin d’œil, mais cela prend du temps, il n’y a pas de raccourcis, mais il faut des années et des années de vie avec Jésus-Christ. C’est un long processus de révélation, de conviction, de renouveau de la pensée et de changement des désirs.

Miller cite Frances Rivley Havegale qui a écrit que « le salut est l’œuvre d’un moment et également l’œuvre de toute une vie. » Elle compare cela à l’achat d’un terrain. Elle dit que vous pouvez acquérir une propriété tout d’un coup, elle est à vous. Mais que vous ne la possédez pas jusqu’à ce qu’elle soit cultivée, et cela passe par un lent processus.

Ed Miller détaille encore d’autres approches qui ont trait à ces chapitres. Mais dans le cadre de cet article, cela suffira.
Nous comprenons et approuvons son intention de montrer que la sanctification n’est pas une doctrine, mais une personne, Jésus, comme notre salut est également la personne de Jésus-Christ, sacrifié pour nous.
Autrement dit, plus nous apprenons à connaître Jésus (titre de son blog !),
plus nous grandissons dans la sanctification ! 

Nous comprenons et approuvons aussi que la Bible ne semble pas enseigner la nécessité de deux actes de foi successifs, l’un pour le salut, l’autre pour la sanctification, mais qu’en Christ  se trouve un salut complet, qui inclut la naissance et la croissance, et cette croissance… prend du temps ! 
À nous de nourrir cette vie nouvelle par une vie dans la méditation de la Parole, dans la prière, dans la communion fraternelle au sein de l’Église ! Miller dit :

La connaissance du Seigneur dans son intimité a pour résultat la sanctification. Vous voyez, la sanctification est l’effet, la preuve, le résultat. La sainteté est la conséquence. Ce n’est pas le sujet important ou le point de départ. C’est un résultat d’une autre chose. Des milliers de chrétiens considèrent la sainteté comme si c’était une condition de notre union avec Dieu. Ce n’est pas une condition. C’est la preuve de notre union avec Dieu.

1 Corinthiens 1.30 : Or, c’est par lui que vous êtes en Jésus-Christ, lequel, de par Dieu, a été fait pour nous sagesse, justice et sanctification et rédemption,31 afin, comme il est écrit, Que celui qui se glorifie se glorifie dans le Seigneur.

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