Et si certains de nos objectifs étaient irréalistes ? (d’après Neil T. ANDERSON)

Dans ce 3e article extrait de son livre, l’auteur nous propose de réfléchir sur les objectifs que nous nous fixons. Et si certains d’entre eux étaient tout simplement irréalistes et nous menaient tout droit vers la frustration, voire vers la dépression ? Neil T. Anderson nous aidera à distinguer entre…

… bons et mauvais objectifs

Les sentiments donnent le signal d’alarme de Dieu

Quand une expérience ou une relation nous donne des sentiments de colère, d’anxiété ou de dépression, ces signaux émotionnels sont là pour attirer notre attention et nous dire que nous poursuivons peut-être un objectif erroné, à cause d’une mauvaise idée à la base.

Tout objectif dont la réalisation peut être bloquée par des forces que nous ne pouvons pas maîtri­ser est un mauvais objectif, parce que le succès dans ce domaine n’est pas entre nos mains.

Notes préliminaires :
1) L’auteur précise toutefois qu’il parle de forces autres que Dieu lui-même.
2) On parle d’objectifs ici, pas de projets. On peut avoir de bons projets qui pourtant n’aboutissent pas. Nos projets porteront toujours l’incertitude liée à notre condition humaine, aux circonstances et, par-dessus tout, de la providence de Dieu. Ce sont les objectifs fixés pour nos projets qu’il convient d’examiner soigneusement !

Relisons l’affirmation mise en exergue. Elle semble radicale, mais cela vaut vraiment la peine qu’on s’approprie ce principe simple ! L’auteur nous donne quelques exemples d’objectifs qui semblent louables. Mais sont-ils réalistes ? Anderson propose d’appliquer à chacun le test de son affirmation…

1. Le but de toute épouse et mère de famille n’est-il pas d’avoir une famille aimante, harmonieu­se et heureuse. Heureusement ! Mais si sa valeur personnelle dépend de sa famille, la dame explosera chaque fois que son mari ou ses enfants ne correspondront pas à son image d’harmonie familiale. Eh oui, chaque membre de sa famille peut s’opposer à la réalisation de cet objectif et ils le font régulièrement ! Comment peut-elle atteindre par exemple avec certitude l’objectif d’amener son mari à Christ s’il résiste au Seigneur ? de le ramener au foyer s’il est volage ? Comment peut-elle être sûre que chacun de ses enfants  mène une vie honnête et travailleuse et réussisse dans sa vie professionnelle ? Que chacun deviendra un disciple du Seigneur ?

2. Un pasteur pourrait dire que son but dans son ministère est de gagner cette communauté pour Christ. Un bon but ? L’auteur dit que c’est certes un désir merveilleux, mais si la valeur personnelle de ce pasteur dépend de l’accomplissement de ce désir, il connaîtra une lutte intérieure terrible. Chaque per­sonne de la communauté peut bloquer la réalisation de son objectif.

Neil Anderson répète que se fixer des objectifs blocables par autrui ou par les circonstances a de fortes chances de mener à la colère, l’anxiété, voire à la dépression.

La dépression signale qu’un objectif est impossible

Anderson concède que certaines formes de dépression peuvent être causées par des déséquilibres chimiques. Mais s’il n’y a aucune explication physiologique à la dépression, elle est l’expression du désespoir, et c’est le signal que notre but, même s’il est spirituel et noble, ne pourra jamais être atteint.

La dépression signale souvent que nous nous raccrochons désespérément à un objectif que nous avons peu ou pas de chances d’atteindre, et cet objectif n’est pas sain.

Bien sûr, dit l’auteur, nous devrions désirer que nos proches viennent à Christ, et prier et agir à cette fin. Mais quand nous basons notre valeur en tant qu’ami, parent et enfant sur le salut de nos proches, la réalisation de ce but peut dépasser ce que nous pouvons ou avons le droit de maîtriser. Chaque per­sonne peut choisir de ne pas répondre à Christ.

Parfois la dépression qui résulte d’un objectif impossible, est liée à une mauvaise conception de Dieu. Comme David, dans le psaume 13. Elle conduisit David à se fixer un objectif impossible : la victoire sur ses ennemis sans l’aide de Dieu. Il n’est pas étonnant qu’il se sente déprimé ! Mais le plus remarquable, c’est qu’il n’est pas resté dans la dépression. Il a évalué sa situation et s’est rendu compte : – Mais oui, je suis un enfant de Dieu. Je vais m’accro­cher à ce que je sais de lui, et pas à mes sentiments néga­tifs. Voir aussi Psaume 43

L’auteur en vient maintenant à une autre conséquence du fait d’ériger nos désirs en objectifs :

Les mauvaises réactions face à ceux qui nous freinent dans la poursuite de nos objectifs

Quand quelqu’un base sa valeur personnelle et son suc­cès sur un objectif dont la réalisation peut être bloquée, est incertaine, voire même impossible, comment réagira-t-il par rapport à ceux qui lui font obstacle ? La plupart du temps, il essayera de dominer ou de manipuler les gens ou les cir­constances qui l’empêchent de réussir.

 La mère (ou le père, dirais-je) qui pense que sa valeur personnelle dépend de la bonne éduca­tion de ses enfants. Son but est d’élever des petits chrétiens parfaits qui deviendront pasteurs ou missionnaires. Mais quand les enfants atteignent l’adolescence et commencent à exprimer leur indépendance, leur comportement ne corres­pond pas toujours à l’idéal de leur mère. Alors, plutôt que de les aider à grandir par l’apprentissage de leur indépendan­ce, elle les écrase. S’ils ne participent pas aux activités aux­quelles elle veut qu’ils participent, ils ne peuvent aller nulle part.
S’ils n’écoutent pas la musique qu’elle veut, elle leur supprime tous les programmes de télévision ou de radio. Elle doit dominer tout leur comportement parce qu’elle croit que sa réussite en tant que mère en dépend.

Paradoxalement, ce sont les personnes qui se sentent le moins en sécurité qui cherchent à manipuler et à dominer les autres. Leur frustration de ne pas atteindre leurs objectifs s’exprimera probablement par l’amer­tume, la colère et la rancœur. Ils adopteront peut-être le com­plexe du martyre.

Comment transformer de mauvais objectifs en bons objectifs ?

Dieu avait un objectif époustouflant pour une jeune fille appelée Marie.
Un ange lui a dit qu’elle enfanterait un fils alors qu’elle était vierge, et que son fils serait le Sauveur du monde. Quand elle l’interrogea sur cet exploit apparem­ment impossible, l’ange répondit simplement:
«Rien n’est impossible à Dieu» (Luc 1:37).

Vous ne donneriez pas à votre enfant une tâche impos­sible à accomplir, et Dieu ne vous confie pas des objectifs que vous ne pouvez pas réaliser.
Ses buts pour vous sont possibles, certains et réalisables.
La seule condition pour avoir du succès, c’est votre réponse. Vous devez dire avec Marie: «Voici la servante (le serviteur) du Seigneur; qu’il me soit fait selon ta parole» (Luc 1:38).

Des objectifs ou des désirs ?

Un objectif selon Dieu est un but précis, conforme à la volonté de Dieu pour notre vie, dont la réalisation ne dépend pas d’autres personnes ou de circonstances sur les­quelles nous n’avons ni la· capacité ni le droit d’exercer le moindre contrôle.

Nous ferions bien de faire la distinction entre les désirs et les objectifs comme Dieu le fait (en ce qui le concerne). Par exemple, Dieu dit au sujet du péché : Mes petits enfants, je vous écris ceci, afin que vous ne péchiez pas» (1 Jean 2:1). Dieu désire certaine­ment que nous ne péchions pas, mais est-ce un objectif, tel qu’il a été défini précédemment? Ce n’est pas son objectif parce qu’il peut être bloqué par tous ceux qui refusent la repentance.
Mais Dieu désire que tous se repentent bien que tous ne le feront pas.

Mais Dieu a-t-il des objectifs réels – des buts précis dont la réalisation ne peut pas être bloquée? Gloire à Dieu, oui ! Par exemple, Jésus-Christ reviendra et nous emmènera au ciel avec lui pour toujours – c’est certain. Satan sera jeté dans l’abîme pour l’éternité – comptez-y. Des récompenses seront distribuées aux saints pour leur fidélité – réjouis­sez-vous à l’avance. Ce ne sont pas des désirs qui peuvent être déjoués par la volonté de l’homme. Ce que Dieu a déci­dé de faire, il le fera.

Quand nous commençons à calquer nos objectifs sur les objectifs de Dieu et nos désirs sur les désirs de Dieu, nous débarrassons notre vie de beaucoup de colère, d’anxiété et de dépression.

Anderson revient à la mère de famille qui veut une famille heu­reuse et harmonieuse. Elle  exprime un désir selon Dieu (j’ajoute : qui génèrera des projets concrets ! CS), mais elle ferait mieux de ne pas en faire un objectif si elle ne veut pas être une boule de colère et d’amertume, ce qui viendrait encore plus perturber l’harmonie de la famille. Au contraire, elle devrait décider : – Je vais être la mère et l’épouse que Dieu veut que je sois.

C’est un objectif formidable! Est-ce impossible ou incer­tain ? Non, parce que c’est aussi l’objectif de Dieu pour elle, et rien n’est impossible à Dieu. Qui peut bloquer la réalisa­tion de son objectif? Elle est la seule à pouvoir le faire. Tant qu’elle coopère avec Dieu dans son objectif pour elle, sa réussite est garantie.

Et les difficultés familiales ? Avec raison, Anderson affirme que c‘est bien dans les difficultés qu’un mari a besoin d’une épouse selon Dieu, et que ses enfants ont besoin d’une mère selon Dieu. Les difficultés familiales sont simplement de nou­velles occasions pour elle d’accomplir son objectif, être la femme que Dieu veut qu’elle soit. Et l’auteur développe le même raisonnement pour son second exemple, celui du pasteur, qui visera de devenir un pasteur selon le cœur de Dieu, objectif que seul lui-même peut bloquer.

Des objectifs selon Dieu basés sur la croissance personnelle

Avec réalisme, l’auteur souligne qu’il y a certainement beaucoup de distractions, de diversions, de déceptions, d’épreuves, de tentations et de blessures qui viendront perturber cette croissance. Chaque jour nous lut­tons contre le monde, la chair et le diable qui sont opposés à ce que nous réussissions à devenir la personne que Dieu veut.
Je suis reconnaissant à l’auteur de rappeler dans un chapitre ultérieur que même si Satan n’est plus notre Maître, il peut encore nous tenter en nous rendant le péché attrayant. Ne l’a-t-il pas même essayé auprès de notre Sauveur ? Être conscient de la chose et identifier rapidement l’origine de mes tentations folles m’aide beaucoup pour les repousser !

Mais Paul nous rappelle que les tribulations que nous rencontrons sont, en fait, le moyen d’atteindre l’objectif suprême qui est la maturité:

Rom. 5.3 à 5 : Bien plus, nous nous glori­fions même dans les tribulations, sachant que la tribulation produit la persévérance, la persévérance une fidélité éprou­vée, et la fidélité éprouvée l’espérance. Or, l’espérance ne trompe pas, parce que l’amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné.

Jacques donne un encouragement similaire :

Jacques 1.2 à 4 : Mes frères, considérez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves que vous pouvez rencontrer, sachant que la mise à l’épreuve de votre foi produit la patience. Mais il faut que la patience accomplisse une œuvre parfaite, afin que vous soyez parfaits et accomplis, et qu’il ne vous manque rien.

Peut-être pensiez-vous que votre objectif en tant que chrétien était d’échapper aux tribulations. Mais l’objectif de Dieu pour nous est d’atteindre la maturité en Christ, de devenir la personne que Dieu nous a destinés à être. Et il se fait que les tribulations sont les marches principales de l’échelle. C’est pour cela que Paul dit que nous pouvons considérer nos tribulations comme un sujet de joie complè­te. Pourquoi? Parce que la persévérance dans les tribula­tions débouche sur la fidélité éprouvée, ce qui est l’objectif de Dieu pour nous.

L’auteur revient à l’exemple d’une femme chrétienne dont le fort désir est de faire revenir son mari , qui vit séparé d’elle.  C’est un désir selon Dieu qui peut entraîner la réussite ou la déception, et non un objectif selon Dieu puisque son mari peut s’y opposer.  qui en résultent.

Pour l’auteur, devenir, au travers de ces tribulations, la femme que Dieu veut qu’elle soit peut la faire sortir de cette crise en étant quelqu’un de meilleur qu’elle était au départ. (je dirais plutôt quelqu’un qui exprime la vie de Christ en elle ?)  C’est un objectif plein d’l’espérance, que le mari revienne ou non.

L’auteur ajoute qu’en passant par ce processus de transformation, nous pouvons parfois expérimenter que notre problème relationnel (ici avec le mari) se règle aussi ! Mais… nous avons bien lu : « parfois » ? 

Le plus grand service que nous rendent les épreuves et les tribulations dans notre vie est probablement de révéler les mauvais objectifs.
C’est dans ces moments de lutte que nos émotions agitent leurs drapeaux d’alarme pour nous signaler des objectifs bloqués, incertains ou impossibles qui sont basés sur nos désirs plutôt que sur le but de Dieu qui est la fidélité éprouvée.

Y a-t-il un moyen plus facile de devenir la personne que Dieu veut, sans passer par des tribulations? Croyez-moi: j’en cherche. Mais je dois honnêtement dire que dans ma vie ce sont les moments d’épreuve, difficiles et obscurs, qui m’ont conduit au point où j’en suis aujourd’hui. Nous avons besoin d’expériences positives en haut de la montagne, mais le sol fertile à la croissance est toujours en bas dans les val­lées de la tribulation et non sur les sommets. Paul dit: « Le but de cette recommandation, c’est l’amour » (1 Tim. 1:5).

Remarquez que si vous en faites votre but, alors le fruit de l’Esprit est l’amour, la joie (au lieu de la dépression), la paix (au lieu de l’anxiété) et la patience (au lieu de la colère), etc.

Article tiré de "Une nouvelle identité pour une nouvelle vie de Neil T. Anderson (chapitre 7). L'auteur est le fondateur et le président émérite de Freedom in Christ ministries international. Ingénieur en aérospatiale, pasteur puis directeur d'études de la faculté de théologie pratique de Talbot (USA), il s'est spécialisé dans le conseil en relation d'aide.

Nouvel article très intéressant que je vous recommande :

La volonté de Dieu correspond-elle à tout ce qui arrive ?

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