Les paraboles de Luc 15 et les rétrogrades (C.S)

Avez-vous déjà envisagé les paraboles de Luc 15 sous l’angle de chrétiens rétrogrades qui quittent le Seigneur et…son Église ?

La brebis perdue,  La drachme perdue,  Le fils prodigue

Voyons d’abord l’interprétation classique,(elle est bonne !), et je ne retiendrai que les éléments qui nous préparent pour le sujet annoncé.

L’approche classique :

Le contexte : Les pharisiens s’offusquent de ce que Jésus traîne avec des pécheurs notoires. C’est à eux que Jésus répond :

Après les retrouvailles de la brebis perdue :

V 7 :  Je vous assure qu’il en est de même au ciel : Il y aura plus de joie pour un seul pécheur qui change de vie, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’en ont pas besoin.

  Après les retrouvailles de la pièce perdue :

V 10 : De même, je vous le déclare, il y a de la joie parmi les anges de Dieu pour un seul pécheur qui change de vie.

Je ne parlerai pas beaucoup de cette courte parabole. Je me demandais d’ailleurs ce qu’elle apporte vraiment par rapport aux deux autres.
Jusqu’à ma découverte d’une étude intéressante sur un site :
Yves I-BING CHENG La drachme perdue

La 3e parabole rapporte encore mieux ce message, car un mouton ne peut pas se repentir, et une pièce d’argent encore moins.
Le fils, lui, peut se repentir et changer de mentalité et il le fait !
Je mettrai  la parabole du mouton perdu au centre de nos réflexions.

Je vous propose de porter maintenant votre attention sur les chiffres :

 Ces 2 premières paraboles nous montrent la valeur inestimable d’une âme aux yeux de Dieu ! Et Dieu cherche inlassablement les perdus !

Et pour les fils, la proportion est laquelle ?   1 sur 2 ?  En fait,   c’est bien 2 sur 2 qui sont perdus, l’un au loin, l’autre à domicile !

Ce 3e récit ajoute la réalité que tous sont perdus et appelés à la repentance ! Elle ajoute encore autre chose :
Dieu attend inlassablement que les pécheurs se tournent vers lui !

Moi, je n’ai jamais perdu de mouton. Pourquoi pas ? Tout simplement parce que je n’en possède pas ! Il nous faut donc considérer un élément commun aux trois paraboles :

Nous appartenons tous à notre Créateur !
Mais tous les hommes sont par nature en fuite, loin de celui à qui ils appartiennent de droit !

Nous qui avons à cœur le salut de nos proches, quel réconfort de voir que nous ne faisons que mettre nos pas dans ceux du Maître, et que celui-ci est bien plus motivé à retrouver les perdus, car ils lui appartiennent,  il a donné son sang pour les racheter de la perdition !

Jusqu’ici la précieuse approche classique des 3 paraboles.
Maintenant, je vous propose de considérer encore une fois de près la situation décrite par Jésus dans la 1ère  parabole :

1)  1 mouton sur 100 part loin de son berger et de son troupeau.
2) Les 99 qui ne partent pas sont qualifiés de justes qui n’ont pas besoin de se repentir !
3) Le berger se lance à la recherche de la brebis perdue jusqu’à ce qu’il la retrouve !

Surprenantes, ces trois affirmations, ne trouvez-vous pas ?

1) Tous les êtres humains sont perdus, pas une infime partie !
2) Il n’y a pas de juste, pas même un seul !
3) Dieu cherche-t-il chaque pécheur jusqu’à ce qu’il le trouve ?
Personne en enfer ??

Comme annoncé, j’aimerais donc vous suggérer une 2e approche de ces textes, conforme à l’enseignement des Écritures. J’insiste sur ce point.
Je les prends en ordre inverse et je les applique non plus aux pécheurs inconvertis, mais à nous, son Église, quand nous quittons le Seigneur !

1)   Le berger se lance à la recherche de la brebis perdue jusqu’à ce qu’il la retrouve !
Le bon berger recherche effectivement ceux qui sont réellement ses brebis,  jusqu’à ce qu’il les ait retrouvés ! (notez d’ailleurs le terme : « retrouvés » ! La parabole des 10 pièces souligne cette même vérité.
Mais l’histoire des deux fils montre que cette recherche du Père comporte aussi une attente patiente, car il sait que l’expérience de l’éloignement est salutaire au fils perdu, bientôt vide et désabusé loin de la maison familiale !

2)  Les 99 qui ne partent pas sont qualifiés de justes qui n’ont pas besoin de se repentir !
Qu’est-ce que cela signifie ? Jésus ne va pas contredire ici l’enseignement de toutes les Écritures, qui affirme qu’il n’y a pas un seul juste, et que tous ont besoin de se repentir. La justice évoquée ici est étroitement liée à la situation dépeinte : être juste, pour une brebis n’est pas ne plus bousculer ses copines et ne plus marcher sur les pieds du berger. Non, être juste, pour une brebis, c’est vivre pleinement dans le troupeau du bon berger.

La place normale d’un mouton est dans le troupeau, avec le berger et les autres moutons ! C’est là qu’est sa sécurité, son développement !

 Psaume 23. :  1. L’Éternel est mon berger : je ne manquerai de rien.
2 Il me fait reposer dans de verts pâturages, Il me dirige près des eaux paisibles. 3 Il restaure mon âme, Il me conduit dans les sentiers de la justice, A cause de son nom.
4 Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi: Ta houlette et ton bâton me rassurent.
5 Tu dresses devant moi une table, En face de mes adversaires ; Tu oins d’huile ma tête, Et ma coupe déborde.
6 Oui, le bonheur et la grâce m’accompagneront Tous les jours de ma vie,
Et j’habiterai dans la maison de l’Eternel Jusqu’à la fin de mes jours.

Jean 10.11 : Je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis.

Encore une fois, en quoi les 99 sont-ils des justes ? Eh bien par leur position juste dans le troupeau ! Au moment où la 100e brebis s’égare, les 99 n’ont pas besoin de se repentir de l’avoir quitté !

3)   1 mouton sur 100 part.
Ce n’est pas la norme de le quitter, heureusement et ce n’est qu’une minorité qui le fait. C’est l’anomalie !

Que signifie partir, pour un mouton ?

D’abord, c’est quitter son berger : cela ne signifie pas nécessairement se brouiller avec lui, ne plus lui parler, ne plus croire en lui, cela signifie ne plus vivre avec lui :

Jean 10.3 :  les brebis entendent sa voix; il appelle par leur nom les brebis qui lui appartiennent, et il les conduit dehors. 4 Lorsqu’il a fait sortir toutes ses propres brebis, il marche devant elles; et les brebis le suivent, parce qu’elles connaissent sa voix. 5 Elles ne suivront point un étranger ; mais elles fuiront loin de lui,  car elles ne connaissent pas la voix des étrangers.

Quitter le berger, c’est donc ne plus entendre sa voix, ne plus le suivre, ne plus connaître et discerner parmi celles des loups venus ravager le troupeau. C’est donc ne plus s’attacher à ses pas, mais préférer les voix qui soignent plus notre moi et ses exigences et se rebeller contre la conduite du Berger.

Quelle frustration pour le père des deux fils de constater cela pour chacun ! Je ne peux que constater cette tendance egocentrique en moi et m’en repentir ! Quand Dieu ne répond pas à nos demandes (exigences), que reste-t-il de notre attachement à lui ?

Savons-nous venir devant le Seigneur pour lui-même ?
Pour le connaître de mieux en mieux, pour l’admirer, l’aimer, jouir de son amour ?  Le laisser nous conduire, nous corriger, nous faire grandir en lui ?

Sinon, peut-être l’avons-nous quitté sans partir, comme le fils aîné, et devrons-nous nous repentir ?
Partir, pour une brebis, c’est donc quitter son berger. Mais…

c’est aussi quitter le troupeau !

D’abord, écartons un cliché : Un troupeau, est-ce vraiment ça ?

Non, heureusement que non ! C’est plutôt ceci :

Quelle belle diversité, mais repérez ici des attitudes pas nécessairement faciles à vivre !

Vivre au sein d’un troupeau n’est certes pas évident !
Chacun a son tempérament, ses points de vue, ses exigences, son moi plus ou moins sanctifié. Dans votre communauté, vous trouvez de vrais amis, des frères et sœurs dévoués, compatissants, accueillants. Mais aussi d’autres – ou les mêmes – qui vous blessent, vous font souffrir.

Peut-être que, amers et déçus, vous êtes tentés de délaisser les rencontres où l’Église se réunit dans sa diversité, et vous regrouper par affinités.
(bon, avec le Covid, heureusement qu’il y a Zoom !!)
Moi, les frères et sœurs de ma communauté ne sont  pas mes clones. Heureusement ! Mais je sais que le Seigneur en a placé en face de moi en tant que miroirs grossissants pour me montrer mon propre cœur !
Les humiliations ressenties sont absolument nécessaires pour me transformer à l’image de Christ !

Alors, cultivons nos amitiés, mais ne remplaçons pas les rencontres de notre Église par des regroupements faciles au feeling. Sinon, nous éviterons peut-être bien des frustrations et des conflits, mais nous nous priverons de la joie et la bénédiction attachées à la communion, à l’obéissance et à la soumission…
Peut-être nous faut-il revenir au berger et à son troupeau ? 

 Avec vous dans  cette lutte pour que ce que nous vivons soit en adéquation avec ce que nous croyons et souhaitons, pour glorifier notre divin berger !   Claude

Bonne année bénie avec le Seigneur ! En 2020, dans notre Église et autour, nous avons été secoués par une déferlante de drames en 2020.
Ce matin, l’article suivant m’a beaucoup encouragé :
5 pensées de Costi Hinn sur l’Évangile et la guérison.
L’auteur a vécu des situations dramatiques tellement analogues aux nôtres dans sa communauté.

Pour avoir un aperçu des derniers articles parus, cliquez  i c i 
Pour être avertis à chaque nouvelle parution d’article,

abonnez-vous ! Voir   i c i