À l’école de la grâce (Jerry Bridges)

Est-ce que je veux vraiment être transformé à l’image de Christ ?  Et… comment ? Sommes-nous réellement « morts au péché » ? Si oui, pourquoi être appelés à « faire mourir le péché en nous » ? (Romains 6.11-13)

Tout le livre montre la tension qui existe entre ces deux pôles de la spiritualité biblique, qui, pris isolément, dénotent une foi déséquilibrée, comme un avion qui n’aurait qu’une seule aile.

Ne voir que l’excellence et la suffisance de tout ce que la mort de Jésus a accompli pour nous et en nous mène à la passivité et… à peu d’expérience de ces vérités.

Ne retenir que les exhortations pressantes à mortifier (mettre à mort) les actions de la chair (les péchés) et à rechercher la sainteté conduit à une vie d’efforts pénibles, sans joie, et sans plus de succès pour le dessein de ressembler à Christ !

Nous devons avoir deux ailes, nous ne pouvons voler avec une seule ! 

P 90, l’auteur rapporte (entre autres) une illustration frappante fournie par John Murray :

Dire à un esclave qui n’a pas été affranchi : « Ne te comporte pas comme un esclave », revient à se moquer de son asservissement. Mais dire la même chose à un esclave qui a été rendu libre est un appel nécessaire à mettre en pratique les privilèges et les droits liés à sa libération.

Romains 6 verset 11 : Ainsi, vous aussi, considérez-vous comme morts par rapport au péché, et comme vivants pour Dieu dans l’union avec Jésus-Christ. Jerry Bridges commente :

Ce verset est un ordre, mais qui est avant tout une exhortation à croire quelque chose, et non à faire quelque chose. Nous devons croire que nous sommes effectivement morts par rapport à la culpabilité et à la domination du péché.
Pour reprendre l’illustration de l’esclave, nous devons croire que nous avons véritablement été libérés. Nous devons non seulement croire que nous sommes morts au péché, mais nous devons aussi croire que nous sommes vivants pour Dieu, unis au Christ ressuscité, et participants de sa nature divine.
C’est la foi en cette vérité qui nous donnera le courage de ne pas laisser le péché régner sur notre corps mortel. Et c’est par la confiance en cette vérité que nous ferons l’expérience de la puissance de son Esprit, qui habite en nous et nous permet de résister aux mouvements du péché.

// Philippiens ·4.11-13 :
Ce n’est pas le besoin qui me fait parler ainsi, car j’ai appris en toutes circonstances à être content avec ce que j’ai. Je sais vivre dans le dénuement, je sais aussi vivre dans l’abondance. J’ai dû apprendre à m’accommoder, dans tous les domaines, à toutes les situations, à être rassasié et à avoir faim, à vivre dans l’abondance et dans les privations.
Je peux tout, grâce à celui qui me fortifie.

P 158 et suivantes, l’auteur nous invite à réfléchir au témoignage de Paul dans ces versets :

Paul disait qu’il avait appris à être content. Il reconnaissait qu’il était de sa responsabilité d’être satisfait et qu’il avait eu besoin de grandir dans ce domaine-là. Il ne remettait pas simplement tout au Seigneur en ayant confiance que celui-ci ferait le nécessaire pour que lui, Paul, soit content. Il y travaillait. Mais il savait que c’était uniquement grâce au Seigneur qui fortifie qu’il pouvait être satisfait. Paul avait bien conscience aussi que cette force du Seigneur ne lui venait pas simplement comme un « paquet envoyé du ciel », comme si la force du Christ était une marchandise mise à sa disposition. Il savait au contraire que cette force était le résultat de son union avec le Christ. Comme il était « en Christ » , il pouvait, par la foi, s’attendre à ce que le Christ œuvre en lui par son Esprit.

L’auteur cite encore d’autres exemples, et souligne notamment le vocabulaire d’athlètes, de laboureurs etc., ce qui suppose un dur labeur.
Voir aussi Colossiens 1.28, 29 pour cet équilibre entre la puissance de Christ et le travail et le combat du chrétien.

Paul combattait, mais il le faisait par la force du Seigneur. Il était discipliné dans son ministère, mais également dépendant du Seigneur. Pour revenir à notre illustration de I’avion, il n’a pas essayé de voler avec une seule aile. //  Il nous faut apprendre ce principe biblique : le Saint-Esprit travaille en nous pour nous rendre capables de vivre une vie qui plaise à Dieu. Il ne fait pas le travail à notre place ; Au contraire, il nous rend aptes à faire le travail.

Puis Jerry Bridges partage avec nous le grand souci que lui cause ce qu’il appelle « l’approche passive » de la sanctification :

Nous utilisons souvent cette expression : « Que le Seigneur vive à travers moi. » Cette expression me rend personnellement mal à l’aise, car elle suggère une passivité de notre part. Le Seigneur ne vit pas à travers nous. Mais en nous rendant dépendant de lui, nous sommes rendus capables de vivre une vie qui lui est agréable.

// L’auteur met fortement en question cette conception de la sanctification qui veut que  le rôle de l’être humain serait simplement de faire confiance à Dieu, et celui de Dieu seul serait d’agir. Jerry Bridges, tout en confessant qu’il avait adopté l’enseignement « passif » pendant un temps,  propose plutôt ceci :

Notre rôle est de travailler, mais de le faire dans la dépendance du Dieu qui nous rend aptes à faire le travail. » Le travail de Dieu ne rend pas nos efforts inutiles, mais efficaces, Paul ne dit pas : « Le Christ vit le contentement à travers moi. » Il dit plutôt : « J’ai appris à être content par celui qui me fortifie.  //
Il ne fait aucun doute que nous avons la responsabilité de chercher la sainteté avec intensité. Chaque impératif moral de la Bible s’adresse à notre responsabilité. Il ne nous suffit pas de tout remettre à Dieu et de le laisser vivre sa vie à travers nous. Au contraire, nous devons nous aimer les uns les autres ; nous devons mettre à mort les méfaits du corps ; nous devons nous débarrasser du vieil homme pour revêtir l’homme nouveau.

Si nous voulons progresser dans la recherche de la sainteté, nous devons assumer notre responsabilité et nous discipliner ou nous « entraîner »· Mais nous devons faire tout ceci en totale dépendance du Saint-Esprit, afin qu’il œuvre en nous et nous fortifie par 1a force qui est en Christ.

Romains 7.15 : En effet, je ne comprends pas ce que je fais : je ne fais pas ce que je veux, et c’est ce que je déteste que je fais.
En commentant ce verset, l’auteur se demande pourquoi le Saint-Esprit ne nous vient pas toujours à notre aide pour nous fortifier face à nos tentations. Il évoque plusieurs raisons, mais conclut que, quoi qu’il en soit, notre responsabilité est de dépendre entièrement de Dieu. Et Dieu détermine avec souveraineté et sagesse quel est le meilleur moyen de répondre à notre attitude de dépendance.

Deux ailes pour un avion ? L’auteur a montré son souci pour une attitude passive face à notre sanctification, et nous a engagé dans une dépendance active envers le Saint-Esprit.

Maintenant, il nous partage son autre inquiétude, au pôle opposé,. Il est préoccupé par l’approche de  l' »autodiscipline ».
Pour éviter tout malentendu, il concède que les gens disciplinés, qu’ils soient croyants ou non, ­peuvent opérer des changements remarquables dans leur propre vie. Et il espère en voir lui aussi.
Cependant, prévient-il, dans l’approche auto disciplinée de la sainteté, la tentation est grande de compter davantage sur la pratique des disciplines spirituelles que sur le Saint-Esprit.

Je crois aux disciplines spirituelles. Je cherche à les pratiquer, et nous allons en voir quelques-unes qui sont particulièrement liées à la recherche de la sainteté dans les derniers chapitres de ce livre.
Mais ces disciplines ne sont pas la source de notre force spirituelle. C’est le Seigneur Jésus-Christ, et le Saint-Esprit, qui mettent en œuvre la force divine dans notre vie. Pour paraphraser la déclaration de Paul de 1 Corinthiens 3. 7, nous pouvons planter et nous pouvons arroser, mais nous ne pouvons pas faire croître. Seul le Saint-Esprit peut le faire.

// P 168 : Nous avons tous des points forts dans tel ou tel domaine de moralité ou d’éthique. Et nous avons tendance à compter sur nos propres capacités dans ces domaines ; nous ne sentons pas la nécessité d’avoir l’assistance du Saint-Esprit. Pourtant Jésus a dit : « Sans moi … rien faire ». Nous ne pouvons rien faire de spirituellement bon sans l’œuvre du Saint-Esprit en nous. Si nous voulons progresser dans la ressemblance du Christ, nous devons apprendre à dépendre du Saint-Esprit plutôt que de nos propres vertus et capacités.

Je vous encourage à lire le livre entier, je n’ai donc pas l’intention de tout vous révéler ici. Mais je terminerai mes extraits par l’évocation d’une des disciplines spirituelles essentielles : celle de la prière, nourrie de la Parole de Dieu !

La prière est l’expression concrète de notre dépendance. Nous pouvons admettre que nous sommes dépendants du Christ, mais si notre vie de prière est faible ou de pure forme, c’est que nous le nions. C’est comme si nous disions que nous pouvons gérer la majeure partie de notre vie spirituelle sur la base de notre propre gestion de nous-mêmes et de nos propres capacités. Ou peut-être sommes-nous en train de dire que nous ne nous préoccupons même pas de rechercher la sainteté.

L’auteur du Psaume 119 nous parle de la pratique de la prière dans la recherche de la sainteté. // Le psalmiste demande vingt-deux fois à Dieu de l’aider à obéir a sa loi. //  Il gardait la Parole de Dieu dans son cœur. Il la transmettait aux autres, il éprouvait de la joie à la suivre, il la méditait, il y trouvait un grand plaisir et il ne la négligeait pas. Le psalmiste était non seulement un homme de discipline, mais aussi un homme de prière.
Sa discipline ne l’amenait pas à oublier de demander à Dieu d’agir, et la prière ne 1’empêchait pas de faire son travail. Il pratiquait la discipline et la dépendance.

Vous trouverez facilement ce livre d’Excelsis. En attendant, soyez bénis par la lecture de ces quelques pages ! Voyez aussi ci-dessous ce que Dominique Angers dit du bien que ce livre lui a fait. https://dominiqueangers.toutpoursagloire.com/must-a-lecole-de-grace-de-jerry-bridges/