Itinéraire d’un garçon passionné

 

Technicien en automatisme, notre Étienne met tout son cœur à ce qu’il entreprend. Avec son épouse Anne, il a quitté son Alsace natale pour aller habiter chez les Ch’tis. … Il raconte son parcours spirituel

Des grenouilles à François Mitterrand

J’ai grandi dans une famille de 6 enfants, dans une chouette région.
Famille idéale ? Enfance idéale ? Dans ma mémoire peut-être, en réalité, non, bien sûr ! Mais nous étions heureux. Nous avions autour de nous des grands prés, de belles forêts, de l’espace ! Gamins, mes frères et sœurs, mes copains et moi, nous en avons profité à fond !

Oui, j’étais un garçon passionné, et je passais de passion en passion, dont certaines plutôt atypiques. Le foot, le tennis, quoi de plus normal ?
Mais je me passionnais pour les grenouilles au point où mes parents commençaient à s’inquiéter de ma métamorphose en ce sympathique batracien.
J’ai eu ma période « François Mitterrand ». Peu d’enfants de mon âge ont probablement écrit leur admiration au Président de la République et… reçu une réponse. Moi, oui. Puis je me suis enflammé pour Charles de Gaulle. J’étais imbattable sur tout ce qui concerne le Général.
Il est bizarre, ce gars-là ! Je parle de moi bien sûr !

Je joue au petit caïd

Ce serait bien de pouvoir arrêter ici le récit de mes jeunes années.
Mais… il n’y avait pas que d’innocentes passions dans ma vie. Depuis tout petit, je cachais un petit tyran dans mon cœur. Par exemple, je tentais de dominer mon grand frère et de lui imposer mes désirs et mes exigences,
ce qui le rendait fou !

Préado, j’ai voulu me démarquer des valeurs de ma famille.
J’ai eu le privilège d’avoir des parents qui aiment Dieu et qui nous l’ont montré. Mais moi, je me suis laissé influencer par cette idée répandue dans les collèges de ne surtout pas passer pour un paumé. Et comment on fait pour cela ? Ça, je l’ai vite appris : d’abord, on s’oppose à tous ceux qui représentent l’autorité. Ensuite on vit en rebelle et on essaie de se valoriser aux yeux des autres par des actes de violence et de vandalisme. Constamment en opposition, j’en ai fait voir à mes parents avec mes 400 coups qui leur valaient souvent des signalements de mauvaise conduite, voire des convocations dans le bureau du proviseur.

Je m’enfonce, mais Dieu veille

J’excluais que Dieu ait un rôle dans ma vie. Pourtant il m’est arrivé plusieurs fois de repenser à lui, à son amour, à ses attentes, mais je faisais tout pour évacuer ces pensées. Je trouvais que Dieu était complètement incompatible avec la vie que je menais avec mes copains. Alors que j’allais passer à l’étape de fumer des joints, un de mes exploits m’a amené à réfléchir plus loin que le bout de mon nez. Voilà donc dans quelles circonstances j’ai enfin voulu ouvrir mes oreilles et mes yeux sur la réalité.

J’avais pris un abonnement dans le bureau du directeur, ce qui me rendait fier devant les copains, et beaucoup moins devant mes parents.
Cette fois-ci devait être une de plus, du genre : « Je le regrette, je ne recommencerai plus », et comme à mon habitude, je me défendais avec une histoire invraisemblable. Il s’agissait d’une casse de matériel que j’ai faite volontairement, et pour laquelle j’avais été dénoncé par d’autres collégiens. La direction qui me connaissait bien a choisi de ne pas croire mes explications, et j’ai été sanctionné. Une fois de plus.
À mes parents, je sers la même salade de mensonges que d’habitude.
Je ne sais pas pourquoi, mais cette fois-ci, je me suis dit : si la vérité est démontrée, je fugue. Celui qui voulait se montrer comme un dur avait peur.

Dieu travaille dans mon cœur

Mais une autre pensée m’est venue le soir même où mes parents ont été informés : pourquoi ne pas prendre aujourd’hui au sérieux celui qui ne cesse de me parler et de m’aimer ? Pourquoi ne pas arrêter de mener une vie qui ne va m’amener à rien, sauf à pire ? Pourquoi ne pas laisser Dieu devenir le Père qu’il veut être pour moi ?

J’avais 14 ans et j’étais déjà dégoûté de moi. J’étais fortement interpellé, et j’hésitais : je savais que je ne pouvais pas remettre une fois de plus à plus tard l’appel de Dieu. Je me suis endormi sans avoir tranché.
Le matin au réveil, j’ai repris la réflexion là où je l’avais laissée, et finalement, j’ai dit « D’accord ! D’accord Seigneur, prends ma vie, et sois mon maître ! »
C’est un peu comme si je lui sautais au cou ! Je lui ai dit que je ne voulais plus de cette vie-là, et que c’est à lui maintenant que je la donnais.

Une vie nouvelle

Alors que je venais de confier ma vie au Créateur, j’ai éprouvé un vrai soulagement : soulagement parce que je savais que j’ai été pardonné. Soulagement aussi parce que j’ai compris qu’enfin j’allais commencer à vivre pour celui pour qui j’ai été créé.

Mes parents qui ne s’y attendaient pas du tout étaient très heureux.
Par contre beaucoup de mes copains n’ont pas compris mon choix et mon refus de faire ce que je faisais avant avec eux. Cette décision, et cette nouvelle relation avec Dieu a eu un réel impact sur ma vie. Ceux qui me connaissaient étaient surpris de mon changement. Mes profs exprimaient leur heureuse surprise à mes parents : ce n’est plus le même garçon !

Dans les semaines qui ont suivi, j’ai eu le désir d’avouer et de réparer mes bêtises. Par exemple, je suis allé dans un magasin pour payer ce que j’avais volé. De même au collège. J’ai aussi demandé pardon à d’autres jeunes que j’avais humiliés publiquement pour me vanter. Mon besoin n’était plus d’exister à travers le regard des autres. Je savais que j’avais de la valeur aux yeux de Dieu.

Je comprends que Jésus est passionnant

C’est alors que j’ai réalisé combien peu je connaissais Dieu, combien peu j’avais compris de lui. Je ne connaissais pas Jésus. Je n’avais pas saisi ce que voulait dire que Jésus était le Sauveur, je n’avais rien compris au sens de la mort de Jésus. Je pensais encore qu’il était mort essentiellement pour montrer un exemple. C’est dans les semaines qui ont suivi mon choix que j’ai compris que Dieu avait envoyé celui qui est le plus cher à ses yeux pour être condamné à ma place. Je n’avais jamais réalisé que ma vie sans Dieu était si grave aux yeux de Dieu pour que son propre Fils ait dû accepter la mort sur la croix à ma place.

Plus tard encore, j’ai découvert que si la mort de Jésus était capitale pour moi, sa vie d’aujourd’hui l’est aussi, ce qui est tellement logique.
Un Sauveur mort ne peut rien faire. Et sa vie, il désire la partager avec moi, avec vous.

Cela fait 15 ans que je m’attache à lui et que j’apprends à le connaître, que ce soit par la lecture de la Bible ou par l’échange avec d’autres chrétiens.
Et savez-vous par quoi encore ? J’apprends beaucoup par mes échecs et dans les différentes circonstances de la vie. Je ne regrette pas mon choix, Jésus est vraiment passionnant.

Nous voulons, Anne et moi, partager ce qu’est Jésus dans notre petite famille et autour de nous.

Étienne Schneider

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