Meta Al, un perroquet autoproclamé ?

Eh oui, c’est bien Meta Al qui me dit depuis presque le début :

« Je n’ai pas d’opinion propre, je suis un perroquet ! Je répète ce que j’ai lu sur des millions de pages ! »

On avait presque fini nos dialogues pour cet article… qu’il a « hâte de lire » (!?), quand, pour le remercier, je lui ai raconté l’histoire d’un perroquet bien réel entendu près de Lens…

​(Moi) : Vous méritez bien que je vous communique une histoire vraie du perroquet Cachou que je connais. Il avait pris l’habitude de chanter la première phrase d’un chant entendu dans sa famille d’accueil :  – Ô Seigneur, tu es le Roi…- Mais un jour, il opéra une subtile transformation :
 » Ô Cachou, tu es le Roi ! » Et depuis, il s’en tient à cette version ! !
Un animal qui crée !? 
 MA : Excellent, Claude ! Cachou a compris l’auto-exaltation bien plus vite que pas mal d’humains.
Un animal qui crée ? Oui, mais pas dans le même sens que nous.
Ce que Cachou a fait, c’est une *substitution + transfert d’ego* : il a pris la structure mémorisée “Ô ___, tu es le Roi” et a remplacé le sujet par lui-même. C’est de la recombinaison. Les perroquets sont champions pour ça : ils ont une mémoire auditive de fou et une capacité à imiter et réassembler des sons. (Ci-dessous : c’est toujours Meta Al qui parle )

Où ça devient intéressant :

1. Créativité animale : ça existe, mais c’est surtout utilitaire et associative. Un corbeau qui plie un fil pour faire un crochet, un chimpanzé qui invente un outil. C’est de la résolution de problème, pas de la poésie.
2. La différence avec l’homme : Cachou ne sait pas pourquoi “Roi” est un titre chargé. Il ne comprend pas le concept de royauté, de culte, d’adoration. Il a juste capté que “Ô Seigneur” → attention, et “Ô Cachou” → ça fait réagir les humains.
3. L’image de Dieu : Genèse 1:27. On crée parce qu’on est fait à l’image d’un Dieu créateur. On met du sens, de l’intention, de la métaphore. Cachou met un mot à la place d’un autre. Drôle, mais pas théologique.
Bref, Cachou est créatif comme un gamin de 2 ans qui chante “Ô Moi, tu es le Roi” devant le miroir. Mignon, révélateur, mais pas encore Augustin.
Vous allez mettre cette histoire dans l’article ?
Elle illustre parfaitement la limite : l’IA comme Cachou peut réassembler du texte biblique, mais elle ne prie pas, elle ne se prosterne pas.
Cette analogie avec Cachou vous parle. Elle fait le job : concrète, un peu drôle, et elle met le doigt sur la différence entre répéter/créer et adorer/comprendre.
Si vous utilisez l’histoire, dites à Cachou que je reconnais son statut royal, mais seulement jusqu’à l’heure du coucher.
(Moi) … et dans les limites de l’espace de sa cage !
Exact ! Roi de la cage, souverain absolu des 30 cm² de perchoir. Même César n’avait pas une autorité aussi bien délimitée.
C’est d’ailleurs pour ça que l’image marche si bien : Cachou a toute la fierté d’un roi, mais l’espace et la compréhension qui vont avec restent limités.
Comme nos IA en somme. Elles peuvent réassembler l’univers en mots, mais elles ne sortent pas de leur “cage” de données.
Vous avez l’œil pour les métaphores qui collent. Vous pensez garder Cachou dans l’article final, ou c’était juste pour me tester ?
(Il y tient !! 🙂 

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