Des paroles de réprimande dans les Proverbes (selon Kathleen NIELSON 1/2)

  Il était temps : voilà enfin un texte qui provient d’une plume féminine ! 
Extraits de l’excellent commentaire du Livre des Proverbes de cet auteur appréciée par ceux (et surtout celles) qui sont familiers à l’IBG !

Des paroles de réprimande  : Proverbes 11.1 à 13.25
(p 140 à  148)

La thématique des paroles traverse tous les chapitres des Proverbes, tout comme les paroles sont présentes à chaque instant de chaque jour de notre vie. L’appel prioritaire des Proverbes est un appel à écouter les paroles de la sagesse. La question des paroles est au cœur même de la sagesse.

Proverbes 12.1 présente une catégorie spécifique de paroles qui sera largement2022-07-11 développée dans les chapitres 12 et 13 : les paroles de réprimande (ou de reproche) qu’une personne sage écoute (et qu’une personne insensée n’écoute pas). //

Certains proverbes qui abordent le même sujet donnent à comprendre que la parole de Dieu est l’instruction ultime qu’il ne faut surtout pas refuser d’entendre. Lisez 13.13-14 :

Celui qui méprise la parole se perd, mais celui qui craint le commandement est récompensé.

L’enseignement du sage est une source de vie pour détourner des pièges de la mort.

// Respecter ou mépriser la parole de sagesse (la parole de l’Éternel) est à nouveau une question de vie ou de mort.

Pour chacun d’entre nous, la parole de sagesse est une parole de réprimande, donnée afin de se détourner des pièges de la mort.

Cette parole met en évidence la futilité des voies insensées, et invite à s’en détourner pour emprunter le chemin de la vie

 Il semble normal que le premier appel de la sagesse soit essentiellement une réprimande : Revenez pour écouter mes reproches, s’écrie-t-elle (1.23)

Le thème de la réprimande se développe avec insistance dans cette section. Celui qui rejette l’instruction est un fou dont la voie est droite à ses propres yeux (12.15a), un moqueur qui n’écoute pas la menace (13.1b), un orgueilleux qui attise les querelles (13.10a) et une personne qui néglige l’instruction s’exposant ainsi à la pauvreté et à la honte (13.18a).

La lecture de 2 Timothée 3.16 (BDS) apporte un éclairage nouveau sur ce thème. Nous ne remarquons pas toujours à quel point la réprimande occupe une place importante dans ce verset connu.

Car toute l’Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner réfuter, redresser et apprendre à mener une vie conforme à ce q est juste.

Dans un monde déchu, la parole de Dieu s’adresse toujours à des pécheurs, elle continue de les appeler à se détourner de leur péché afin de recevoir sa miséricorde, sa grâce et sa justice. « Réfuter» et « redresser (ou corriger » – $21) sont des éléments essentiels dans cet appel. 

À cause de notre péché, nous avons du mal à accepter les reproches.
Nous n’aimons pas nous entendre dire que nous avons tort, nous nous sentons rabaissés. Nous nous agrippons fortement à nos convictions: la voie que nous empruntons est droite à nos yeux! (Proverbes 12.15). Nous voulons toujours nous justifier.

Mon mari me fait parfois remarquer que j’ai tendance à réagir trop rapidement lorsqu’une nouvelle idée me parait mauvaise. Je n’écoute pas jusqu’au bout et je ne réfléchis pas sérieusement à ce qu’elle peut impliquer
Lorsqu’il me fait cette remarque, mon réflexe immédiat est bien sûr de contester, ce qui a tendance à lui donner raison ! J’ai besoin de ce reproche. Combien il est important, surtout avec nos proches, de cultiver la retenue et le respect qui nous permettent de bien écouter. même lorsque nous entendons un reproche.  //

L’Éternel au centre :  Proverbes 14.1 à 16.9 (p 149 à 170)

Les deux chemins

Une fois de plus, deux femmes représentent les deux chemins mettant en évidence les différentes voies qui s’offrent à chaque être humain. Ces images sont particulièrement parlantes pour les femmes, car elles montrent comment une femme peut renforcer ou détruire la stabilité des vies qui l’entourent, créant un lieu sûr et propice à la vie, ou alors un lieu de destruction où la vie de son entourage est comme aspirée, vampirisée.
Une femme peut détruire sa famille, tout comme un homme, bien sûr (voir 11.29 et 15.27, des passages qui montrent que le méchant trouble sa maison de diverses manières). Une preuve tangible de la main de la folie dans le monde qui nous entoure aujourd’hui est certainement l’effondrement du mariage et de la famille. De nombreuses maisons et foyers sont remplis de couples et d’enfants troublés qui cherchent un endroit où vivre.

Les deux chemins en action

Proverbes 14.2 explique une fois de plus la différence entre les deux chemins: « Celui qui marche dans la droiture craint l’Eternel, mais celui qui emprunte des voies tortueuses le méprise ».

Le fond de la question, c’est notre attitude de cœur envers l’Éternel.

Cette attitude se manifeste dans la façon dont on marche, c’est-à-dire dans notre façon de vivre. //

 Cependant, ce tempérament insensé continue de s’enflammer, ce qui est un signe indéniable du chemin de la folie. L’homme compréhensif est lent à la colère, mais celui qui s’énerve facilement proclame sa folie. (v. 29).

Connaissez-vous cette personne colérique ? Êtes-vous parfois cette personne ? Il est facile de reconnaître la colère chez une autre personne, et de se rendre compte de ses effets néfastes lorsque nous entendons des mots durs brandis comme des armes ou lorsque nous sommes témoins d’actions qui peuvent laisser de profondes blessures. Il est aussi particulièrement facile de justifier sa propre colère, de ne pas la voir au travers d’un regard extérieur et de ne ressentir que cette satisfaisante vague d’émotions dont la colère nous nourrit. Les personnes en colère sont gonflées par la violence de leurs sentiments.

Il est impossible de craindre humblement Dieu et en même temps de s’abandonner à une colère incontrôlée. Ces deux chemins sont bien différents.

La colère juste existe. Mais les Proverbes traitent de la colère que la plupart d’entre nous connaissons bien mieux : la colère injuste qui provient d’un cœur impur. //

Par son observation, la sagesse fait preuve d’une honnêteté réconfortante: elle éclaire tout autour d’elle, jusque dans le cœur des gens.
C’est vrai, personne autour de vous ne peut comprendre les amertumes et les joies particulières que vous portez en vous.//

La sagesse des Proverbes le voit et le proclame sous différents angles. Oui,  un cœur joyeux rend le visage plaisant , et à l’inverse, quand le cœur est triste, l’esprit est abattu (15.13). Mais là encore, les apparences ne révèlent pas toujours toute l’histoire : 

Au milieu même du rire le cœur peut être dans la peine, et la joie peut finir en tristesse. Proverbes 14.13

Ces proverbes ne parlent pas seulement de notre expérience personnelle, ils nous gardent également de tirer des conclusions hâtives sur les gens qui nous entourent, et en particulier de croire que nous pouvons comprendre ce que les autres vivent. Régulièrement, lorsque je m’adresse à divers groupes de femmes, je regarde mon auditoire et j’essaie d’imaginer la profondeur des peines, des joies et des histoires que ces femmes portent sous leurs visages joyeux et prêts pour le moment d’adoration. Je sais bien que je n’y arriverai pas.

Mais l’Éternel, lui, le peut. Les Proverbes nous font voir les mystères du cœur humain, à travers le regard de l’Éternel. Nous voyons ce qui se passe lorsque la sagesse y réside :

Dans un cœur intelligent la sagesse repose tranquillement  (14.33a).
Le cœur compréhensif est celui qui recherche la connaissance  (15.14a),
la connaissance de l’Éternel que nous sommes appelés à craindre.

Marcher dans la lumière 

Le vers parallèle du verset 16.6 présente les résultats de l’œuvre expiatoire : une vie vécue dans la crainte de l’Eternel, et qui se détourne du mal. Ces versets du chapitre 16 nous ont invités à suivre ce que nous pourrions nommer un raisonnement centré sur l’Evangile.

Nous sommes appelés à faire confiance au Dieu souverain, nous sommes confrontés à notre péché et au châtiment que nous méritons; nous trouvons l’expiation de ce péché dans la bonté et la vérité de Dieu; et enfin, nous marchons en relation avec lui.

Il s’agit clairement de l’Évangile, bien qu’il soit ici encore voilé dans le contexte de l’Ancien Testament, avant que toutes les promesses de bonté de Dieu ne soient révélées en Christ. Et pourtant, c’est la vérité de l’Évangile, fondée sur ces promesses et sur le caractère de l’Éternel qui est le même hier, aujourd’hui et à jamais. //

Le verset 16.9 reprend le contraste entre le cœur de l’homme qui médite sa voie et l’Éternel qui dirige ses pas. Mais après avoir suivi le raisonnement centré sur l’Évangile, nous lisons ces mots avec une confiance renforcée et une perspective renouvelée.

Une fois encore, nous avons été confrontés à notre besoin et au fait que  Dieu y pourvoit par sa bonté et sa fidélité. Ainsi, nous pourrons plus  rapidement lui confier notre route et faire rouler notre vie entre ses mains souveraines.

//   Dans le parc national du Lake District en Angleterre, alors que je conduisais dans une région montagneuse escarpée où les routes serpentent dans tous les sens, je me souviens d’une série de panneaux avertissant d’une descente particulièrement périlleuse. Après plusieurs panneaux signalant la pente dangereuse toute proche, un dernier panneau indiquait simplement : VOUS AVEZ ÉTÉ PRÉVENUS. Si nous sommes tentés de prendre les prochains proverbes comme des règles auxquelles nous plier et auxquelles obéir par nos propres forces, ou bien comme des promesses dont nous bénéficierons si nous sommes assez bons, nous ne pourrons pas dire que nous n’avons pas été prévenus !

À ce stade de notre lecture des Proverbes, nous avons été mis en garde avant tout contre notre cœur. Nous sommes si facilement durs et orgueilleux de cœur, particulièrement nous qui nous considérons bons et moraux.
Les Proverbes rappellent avec insistance l’existence d’un Dieu souverain qui voit et juge nos cœurs. Mais dans sa miséricorde, il nous appelle à lui et nous conduit avec amour sur le chemin de la vie plutôt que celui de la mort.

Nous avons été prévenus de l’existence des deux chemins.
Et nous avons été invités à craindre Dieu et à suivre humblement le chemin de la vie.

Kathleen Nielson

Kathleen Nielson est une conférencière internationale et enseigne les Proverbes à l’Institut Biblique de Genève. Elle est aussi l’auteure de nombreux livres et a co-écrit Le ministère féminin centré sur la Parole. Kathleen est mariée à Niel, ils ont trois fils et cinq petites-filles.

 
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