Juste des p’tits voyous ?

Nous sommes encore sous le double choc de la mort brutale de ce jeune de 17 ans et du déferlement ahurissant de violences, de vandalisme et de cambriolages qui en a suivi… Comment réagir en tant que chrétiens ?

la colère, l’indignation ?

Parallèlement à la compassion pour les victimes, honnêtement, oui !
La vue du mal met notre Créateur en colère :

Psaume 78.56 à 59 : Mais ils ont voulu forcer la main au Dieu très-haut et ils se sont rebellés contre lui. Ils n’ont pas gardé ses commandements. Ils se sont dérobés comme leurs pères et ils ont agi sans fidélité. On ne pouvait pas leur faire confiance pas plus qu’à l’arc dont la flèche dévie. Leurs hauts-lieux ont excité sa fureur et leurs idoles son indignation.
>> 
Dieu l’entendit : il se mit en colère et il prit Israël en aversion. 

Les êtres humains sont faits à l’image de Dieu, et, malgré le péché qui les conduit à faire cela même qu’ils réprouvent, leur conscience s’émeut devant le spectacle du mal. Oui, tout ce mal doit nous mettre en colère !

Rester impassible dénoterait une conscience cautérisée !

Mais toute colère n’est pas bonne, loin de là !

la politique du doigt pointé 

Ça nous est tellement naturel, ce réflexe du doigt accusateur pointé vers autrui ! Cette attitude fait l’impasse sur ce que vivent au quotidien autant les émeutiers que les policiers, et j’avoue que cette compréhension n’était pas non plus ma première réaction.

Si nous prenons cette optique de juges observateurs, nous caricaturons  globalement des gens  que nous connaissons si mal.

Clichés : L’état et le gouvernement sont iniques, les policiers sont tous racistes, les jeunes des banlieues sont tous des racailles désœuvrées, leurs parents sont tous lascifs, voire complices, etc.
(Heureusement que les faits, si on veut bien les considérer, démentent abondamment ces slogans et que nous avons assisté et assistons toujours à de multiples actes de dévouement admirables !)

Les non croyants ajoutent encore Dieu au bout de leur index ponté., car, « s’il y en avait un, ces horreurs ne pourraient avoir lieu, aussi peu que le Covid, la guerre en Ukraine ou en Syrie, les inondations, la sécheresse et les incendies… »
On raconte qu’un dentiste menait un tel langage à un patient immobilisé. Quand celui-ci a pu retrouver l’usage normal de sa bouche, il fit remarquer à son praticien que les dentistes n’existaient alors non plus, vu le nombre de gens aux dents cariées ! Le chirurgien aura-t-il compris qu’il se trompait de cible ?

l’oubli des trois doigts repliés 

Un autre ennui de la politique du doigt pointé, c’est qu’en ce faisant, nous cachons prudemment sur notre paume les 3 doigts repliés, qui sont en principe dirigés vers notre propre poitrine !

Notre société n’a-t-elle pas trop longtemps marginalisé les travailleurs étrangers, que nous étions contents d’accueillir pour faire les travaux insalubres que nous ne voulions pas faire, et cela, pour un salaire de misère ? Combien de ces jeunes effectivement déboussolés et sans repères vivent dans des taudis indignes, s’élèvent tout seuls, car les parents travaillent pour faire au mieux pour eux ? Combien d’ailleurs vivent dans une famille monoparentale ?

Mais il nous faut faire un pas de plus, car ces conditions de vie douloureuses de la vie de beaucoup d’émeutiers ne sont pas des circonstances atténuantes :
le mal reste le mal ! Celui qu’ils commettent comme celui qui est commis à leur égard !

Nous proclamons que tout ce mal est la conséquence logique d’une société qui a rejeté le Dieu de la Bible de son enseignement et par conséquent du cœur et de la vie de ses citoyens !

Et personnellement, je veux faire encore un pas de plus :
Si je me contentais de ce constat, je serais encore un pointeur de doigt, car, par la grâce de Dieu, je ne suis plus un ennemi du Seigneur qui m’a racheté !

Mais est-ce que ma vie reflète cette douceur, cet amour et cette maîtrise de soi que le Saint-Esprit veut faire éclore en moi, pour démontrer Christ à ce monde déboussolé ? (Galates 5.22)

Pourquoi est-ce qu’après tant d’années avec mon Seigneur, la violence n’est toujours pas éradiquée de mon cœur ? Pourquoi puis-je encore être vexé comme un pou et exprimer des paroles blessantes ? Tout cela est bien du même registre que les actes violents que nous déplorons, non ?

Un regard sur le mal des autres doit toujours aboutir à un autre sur moi-même et mon propre cœur ! C’est ma prière ! La vôtre aussi ?

Si nous n’intégrons pas profondément cette attitude, il y a de fortes chances que nous glissions dans la posture suivante…

la banalisation

Peut-être que tout comme moi, les émeutes n’ont pas touché votre localité ou votre région, aussi peu que le Covid, les inondations et les incendies ou l’afflux d’immigrés. Alors le danger est d’oublier tout cela petit à petit, et de continuer  notre petite vie tranquille sans nous laisser impacter… Ce serait triste, non ?

Mais… quelle aurait été la réaction de Jésus ? C’est la question fondamentale à se poser !

la compassion !

Quand j’ai fini par me poser cette question, immédiatement un mot étrange s’est imposé à mon esprit : la compassion !

Comment ça, la compassion envers ceux qui tuent, qui cassent tout, qui volent ?
Il y a un slogan bien connu dans le monde évangélique qui est actuellement remis en question par plusieurs auteurs, c’est celui-ci :

Dieu déteste le péché, mais il aime le pécheur !

On fait valoir que la colère de Dieu ne repose pas abstraitement sur le péché, mais bien concrètement sur celui qui le commet, c’est-à-dire sur le pécheur !
>> Tout à fait juste, l’Écriture l’atteste amplement !

Mais on oublie qu’une sain(t)e colère ne s’oppose pas à l’amour, c’en est plutôt une composante !

Des parents qui ne se mettent pas en colère contre leur enfant perdurant dans le mal ne lui témoignent pas de l’amour, mais de l’indifférence !

On dit aussi  que Dieu n’aime que les pécheurs qui se repentent !
>> Assurément, Dieu se réjouit pour un seul pécheur qui se repent. Mais avant d’en arriver là , ne déploie-t-il pas des cordages d’amour pour attirer ce pécheur à lui par le Saint-Esprit ? On peut juste dire qu’avant d’avoir cédé à l’amour de Dieu, le pécheur ne jouira pas des bienfaits de cet amour, à part la grâce commune de sa providence ! Nous, chrétiens, nous jouissons évidemment plus pleinement de cette compassion divine.

Psaume 103.13, 14 : Comme un père est plein d’amour pour ses enfants, l’Éternel est rempli d’amour pour ceux qui le révèrent : il sait de quelle pâte nous sommes façonnés, il se rappelle bien que nous sommes poussière.

La compassion de Dieu pour les pécheurs

Cette compassion ne se manifeste-t-elle pas avec force dès les premières pages de la Bible ? « Où es-tu ? » demanda-t-il à Adam, qui se cachait avec sa femme ?  Et à Caïn, juste avant le meurtre : « Pourquoi te mets-tu en colère et pourquoi ton visage est-il sombre ? 7 Si tu agis bien, tu le relèveras. Mais si tu n’agis pas bien, le péché est tapi à ta porte : son désir se porte vers toi, mais toi, maîtrise-le ! »

Et tout au long de l’histoire du peuple Israël, cette compassion s’exprime très fort, et le summum en est en Jésus, notre Sauveur !
Les larmes aux yeux, ne s’est-il pas écrié :

Ah, Jérusalem ! Jérusalem ! toi qui fais mourir les prophètes et qui tues à coups de pierres ceux que Dieu t’envoie ! Combien de fois j’ai voulu rassembler tes habitants auprès de moi comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes ! Mais vous ne l’avez pas voulu !  (Matthieu 23.37)

Sa mort ignoble sur la croix, n’était-elle pas dictée par son immense compassion pour nous, tellement coupables envers lui ?
Méritions-nous plus cette compassion que nos semblables ?

Et autour de nous, ne connaissons-nous pas de brebis égarées très très loin de leur divin Berger, et que celui-ci a cherchées inlassablement jusqu’à ce qu’il les ait trouvées ?

Aussi, fermerons-nous notre cœur à cette compassion réelle envers tous les fils prodigues de cette terre ? Certains sont peut-être encore loin du Père précisément parce que personne ne leur a fait connaître la compassion de ce Père en son Fils Jésus !

Alors, oui, en contemplant notre bien-aimé Maître Jésus, ouvrons notre cœur à ce qui nous est si peu naturel, la compassion aimante envers les coupables les plus vils ! 

Au lieu de pointer un doigt accusateur vers ceux qui sont encore esclaves de leur péché, à la suite de notre Maître, disons « que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre ! » Prenons le temps de nous courber et d’écrire dans le sable des doux mots de grâce ! Puis, relevons-nous, et osons dire, là où l’occasion se présente : « Je ne te condamne pas ! Mais va et ne pèche plus ! »

Dans le régime de la grâce, une juste colère conduit à la compassion, n’est-ce pas ?

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2 réflexions sur « Juste des p’tits voyous ? »

  1. Oui belle réflexion de fond. Une compassion tous azimuts ! À 360 degrés. Celle de Jésus. Notre modèle d’humanité ! Prions pour les uns et les autres.

  2. Ça résume très bien mes réflexions du moment, merci ☺️

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