Cet article devait juste apparaître en lien dans le suivant, mais un manque de maîtrise des changements en WordPress l’a publié directement… C’est un large extrait du chapitre 11 de « La prière renouvelée » de Donald CARSON (Éditions Excelsis) p 209 et ss
L’apôtre définit soigneusement la nature et les limites de puissance.
Celle-ci nous vient par le Saint-Esprit et s’exerce dans ce que Paul appelle l’être intérieur :
Celle-ci nous vient par le Saint-Esprit et s’exerce dans ce que Paul appelle l’être intérieur :
Je lui demande qu’il vous accorde… d’être fortifiés avec puissance par son Esprit dans votre être intérieur litt. l’homme intérieur) (Éphésiens 3.16).
Que veut-il dire exactement par là?
Considérons un autre passage où Paul emploie les mêmes mots.
Dans 2 Corinthiens 4.16-18, il écrit:
Dans 2 Corinthiens 4.16-18, il écrit:
Et même si notre être extérieur [litt, notre homme extérieur] se détériore peu à peu, intérieurement [litt. dans notre homme intérieur], nous sommes renouvelés de jour en jour. En effet, nos détresses présentes sont passagères et légères par rapport au poids insurpassable de gloire éternelle qu’elles nous préparent. Et nous ne portons pas notre attention sur les choses visibles, les réalités encore invisibles. Car les réalités visibles ne durent qu’un temps, mais les invisibles demeureront éternellement.
Le corps de Paul, son « homme extérieur », le poids des ans et de la persécution; l’homme est ce qui reste après que l’homme extérieur a totalement dépéri
La persécution est relativement rare dans nos pays occidentaux, mais le vieillissement est une expérience commune à tous.
Nous sommes parfois témoins dans notre entourage du processus évoqué par Paul.
Nous connaissons tous des chrétiens qui deviennent de plus en plus rayonnants au fur et à mesure que leurs forces physiques déclinent.
Leur mémoire peut être défaillante, leur arthrose presque insupportable et leurs déplacements se limiter à leur chambre. Et pourtant, ils vivent comme s’ils avaient déjà un pied au ciel. Alors que leur être extérieur s’affaiblit, leur être intérieur se fortifie de jour en jour. Inversement, certaines personnes âgées ne souffrent à notre connaissance d’aucune maladie organique, mais deviennent de plus en plus aigries, caustiques, exigeantes introverties. Dans leur jeunesse, leur volonté leur avait permis de garder leur être intérieur plus ou moins sous contrôle, mais maintenant que leurs réserves d’énergie diminuent, ce qu’ils sont vraiment dans leur être intérieur remonte à la surface.
Nous connaissons tous des chrétiens qui deviennent de plus en plus rayonnants au fur et à mesure que leurs forces physiques déclinent.
Leur mémoire peut être défaillante, leur arthrose presque insupportable et leurs déplacements se limiter à leur chambre. Et pourtant, ils vivent comme s’ils avaient déjà un pied au ciel. Alors que leur être extérieur s’affaiblit, leur être intérieur se fortifie de jour en jour. Inversement, certaines personnes âgées ne souffrent à notre connaissance d’aucune maladie organique, mais deviennent de plus en plus aigries, caustiques, exigeantes introverties. Dans leur jeunesse, leur volonté leur avait permis de garder leur être intérieur plus ou moins sous contrôle, mais maintenant que leurs réserves d’énergie diminuent, ce qu’ils sont vraiment dans leur être intérieur remonte à la surface.
Même ceux qui ne sont pas encore des vieillards ressentent les restrictions et les limites croissantes de l’être extérieur. Mon corps n’est plus ce qu’il était il y a vingt ans. À chaque douche, je vois quelques cheveux disparaître par la bonde; l’arthrose rend deux ou trois articulations sensibles; je dois surveiller mon apport calorique; mes réflexes sont plus lents; dans quelques années, j’aurai besoin de lunettes de lecture. Et un jour, je disparaîtrai et mon homme extérieur reposera six pieds sous terre. Pourtant, dans notre être intérieur, affirme Paul, nous sommes renouvelés de jour en jour.
Notre espérance ultime est le corps de résurrection que Dieu nous a promis. Mais d’ici là, c’est notre être intérieur qui est fortifié par la puissance de Dieu. Dans une culture où tant de personnes recherchent désespérément la santé physique, mais ne manifestent qu’un intérêt limité pour leur transformation intérieure, il est impératif que les chrétiens suivent l’exemple de Paul.
En résumé, l’objet principal de la prière de l’apôtre est la partie de notre être qui contrôle notre caractère et nous prépare pour le ciel. C’est là qu’il demande à Dieu de manifester sa puissance.
Nous connaissons tous des chrétiens dont les discours sur la puissance de Dieu dans leur vie s’apparentent dangereusement à une manœuvre de domination. Cette recherche de puissance est très éloignée de la pensée de l’apôtre. Si Paul désirait expérimenter toujours plus la puissance de la résurrection de Christ, il voulait aussi avoir une part accrue à ses souffrances (Ph 3.10), un équilibre pratiquement inconnu en Occident. Quelle est donc la véritable raison de cette requête de l’apôtre?
Une réflexion sur le but de cette puissance nous éclairera sur sa nature.
Je lui demande qu’il vous accorde, à la mesure de ses glorieuses richesses, d’être fortifiés avec puissance par son Esprit dans votre être intérieur. Que le Christ habite dans votre cœur par la foi (3.16-17a).
Cette prière a un caractère trinitaire évident. Paul demande au Père (v. 14) que nous soyons fortifiés par son Esprit (v. 16) pour que Christ habite dans notre cœur par la foi (v. 17). Ce but déclaré peut nous paraître étrange à première vue. Ne confessons-nous pas que lorsque nous nous convertissons, Christ vient demeurer en nous par son Esprit (voir Jn 14)? Pourquoi, alors, Paul demande-t-il à Dieu que Christ habite dans notre cœur par la foi? N’est-ce pas déjà le cas?
Il faut savoir que le verbe traduit ici par habite a un sens très fort.
Le souhait de Paul est que Christ puisse faire du cœur des croyants qui lui font confiance (le sens de par la foi) sa demeure permanente.
Pour mieux comprendre cette image, prenons un exemple de la vie courante. Imaginons un couple qui a fait des économies pour réaliser un projet immobilier. Ils achètent leur maison, conscients que certains travaux y seront nécessaires. Ils ne supportent pas le papier peint aux motifs noir et argent de leur chambre. Des montagnes de vieux objets encombrent le sous-sol. La cuisine n’est absolument pas fonctionnelle. Le toit fuit en plusieurs endroits et l’isolation est pratiquement inexistante. Le compteur électrique est trop faible, l’éclairage de la salle de bain insuffisant, le circulateur d’air de la chaudière vétuste. Tout cela n’empêche pas le couple d’être reconnaissant d’être enfin chez lui.
Les mois, puis les années, passent. Des motifs pastel ont remplacé l’affreuse tapisserie de la chambre. Le couple a réorganisé la cuisine, le toit est étanche et la chaudière a été remplacée par un système plus performant qui fait également office de climatiseur. Au fur et à mesure que la famille s’agrandit, ils aménagent des chambres au sous-sol et ajoutent une petite annexe. Le jardin est propre et bien fleuri. Vingt-cinq ans après l’achat, le mari peut dire à son épouse: J’aime beaucoup cette maison. Où que nous regardions, nous voyons le fruit de nos efforts. Nous l’avons aménagée en fonction de nos besoins et de nos goûts et je m’y sens vraiment bien.
Quand Christ vient habiter en nous par son Esprit,
nous ressemblons un peu à cette maison au moment de l’achat. II entreprend alors d’effectuer des transformations selon ses désirs, pour en faire une demeure où il se sent à l’aise, ce qui implique beaucoup de nettoyage, des réparations et quelques agrandissements indispensables. Mais son but est clair: faire sa demeure dans notre cœur, à mesure que nous exerçons notre foi en lui.
Quand des personnes habitent dans une maison depuis un certain temps, leur présence finit par donner un caractère à cette habitation.
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Ne vous y trompez pas: au moment où Christ vient habiter en nous, il trouve la maison dans un triste état. Notre transformation nécessite l’intervention puissante de Dieu,’ d’où cette prière de Paul. Il lui demande de faire ce qui est nécessaire pour que Christ puisse habiter en nous et faire de notre cœur une demeure dont tous les recoins reflètent sa personne.
Cette idée de se débarrasser de ce qui est vieux et souillé pour revêtir ce qui est neuf et propre revient souvent et sous maintes formes dans les lettres de Paul. Les versets de Colossiens 3.5 à 17, par exemple, méritent d’être lus lentement, dans une attitude honnête devant Dieu. (Note : Prendre le temps de le lire !)
Ce passage est à la fois puissant et pratique. Il énumère les changements concrets que Paul estime nécessaires dans la vie des croyants – ou, pour reprendre la formulation d’Éphésiens 3, ceux auxquels il pense, lorsqu’il prie que la puissance de Dieu agisse dans notre être intérieur pour faire de nous des demeures qui conviennent au Christ ressuscité.
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Comprenez-vous tout ce qu’implique cette prière? Paul déclare que nous ne pouvons pas atteindre la pleine maturité spirituelle, si Dieu ne nous rend pas capables de comprendre les dimensions infinies de l’amour de Christ. Nous pouvons penser que notre théologie, notre éducation, notre expérience, nos traditions font de nous des chrétiens particulièrement mûrs. Ce n’est pas ce qu’affirme Paul. Il sait que…
nous n’atteindrons jamais la maturité tant que nous ne connaîtrons pas cet amour qui surpasse tout ce qu’on peut en connaître .C’est pourquoi il prie pour que nous croissions dans notre compréhension de l’amour de Christ, pour que nous devenions des chrétiens adultes, remplis de toute la plénitude de Dieu.
Lire le livre entier de Donald CARSON vous sera d’un grand profit spirituel !
