Des excuses pour ne pas prier

Quel est le plus grand besoin de nos églises et de ses serviteurs ? Pour Don Carson, dans son livre La prière renouvelée, c’est largement le besoin de redécouvrir l’importance de la prière ! L’objectif de cet article est de vous donner envie de lire ce livre tellement utile pour nous stimuler à progresser dans ce fondamental négligé !

Au chapitre 7, l’auteur examine 6 excuses pour ne pas prier et la réponse biblique. Voici la première :

Trop  occupé  pour  prier  ?

Le manque de temps est probablement une de nos excuses les plus fréquentes. Nous menons une vie trépidante, qui ne favorise pas la contemplation. Dans notre travail comme dans nos loisirs, nous nous démenons pour réussir, accomplir, obtenir. Lorsque nous nous arrêtons de courir, c’est souvent pour nous affaler devant la télévision et absorber tout ce qui défile devant nos yeux.
La conséquence d’un tel rythme est que nous prenons rarement le temps de réfléchir de méditer, de nous interroger, d’analyser. Nous n’avons pas le temps à consacrer à la prière.
Lillian Guild rapporte une anecdote amusante; alors qu’elle était en voyage avec son mari, ils remarquèrent une Cadillac d’un modèle récent arrêtée au bord de la route, le capot relevé. Son conducteur paraissait perplexe et quelque peu énervé. Madame Guild et son mari s’arrêtèrent pour lui proposer leur aide. Il leur répondit d’un ton piteux qu’il savait, en quittant la maison, que son réservoir d’essence était presque vide, mais qu’il avait été trop pressé pour faire le plein, car il devait se rendre à une réunion importante. La Cadillac était simplement en panne sèche. Notre couple, qui avait heureusement un bidon d’essence dans le coffre, le versa dans le réservoir vide, en signalant au conducteur que la prochaine station-service se trouvait à quelques kilomètres.
Une vingtaine de kilomètres plus loin, ils virent la même voiture, à nouveau arrêtée sur le bas-côté. Le conducteur, toujours aussi perplexe et beaucoup plus énervé, ne cacha pas son soulagement lorsqu’ils se rangèrent derrière lui. Vous avez probablement deviné: il était tellement pressé d’arriver à sa réunion d’affaires qu’il avait dépassé la station-service en espérant que les quelques litres suffiraient.
Une telle stupidité est difficilement concevable, mais n’est-ce pas ainsi que nous nous comportons souvent dans notre vie chrétienne? Nous sommes tellement pressés de passer à l’activité suivante de notre emploi du temps, que nous ne prenons pas le temps de nous arrêter pour faire le plein. Les responsables chrétiens, malheureusement, sont souvent les pires à cet égard. Confrontés à des demandes constantes urgentes, ils ont tôt fait d’oublier leur vocation au ministère de la Parole et de la prière.
Comme ils ont tendance à spiritualiser tout ce qu’ils font, la conscience de l’importance de leur travail réussit généralement à faire taire la petite voix qui leur rappelle la médiocrité de leur vie de prière.
Tout au fond d’eux-mêmes, ils savent, bien entendu, que la prière a une importance cruciale. Mais ce mois-ci, en raison de leur emploi du temps surchargé, ils ne pourront pas lui consacrer l’attention qu’elle mérite.
Que  répond  D i e u  à  cette  excuse  ? 
L’histoire bien connue de Marthe et de Marie (Luc 10.38-42) nous montre bien ce  que Jésus pense de toute notre agitation. Marthe était tellement sûre d’avoir fait le bon choix en s’affairant aux travaux domestiques, que l’attitude contemplative de Marie la révoltait.
Qui plus est, elle ne s’adonnait pas à des tâches sans importance, mais elle était affairée aux multiples travaux que demandait le service». Au comble de l’exaspération, elle s’en prit à Jésus lui-même : Maître, cela ne te dérange pas de voir que ma sœur me laisse seule à servir ? Dis-lui donc de m’aider (10.40).
La réponse tranquille de Jésus nous déconcerte encore aujourd’hui:
Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses; il n’y en a qu’une seule qui soit vraiment nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, et personne ne la lui enlèvera (10.41-42). //
Que vous soyez
mère d’enfants turbulents qui pompent votre énergie,
cadre supérieur dans une multinationale,
étudiant à la veille d’échéances décisives,
plombier effectuant des heures supplémentaires pour payer les études de vos enfants,
pasteur d’une grande Église pour laquelle vous faites des semaines de quatre-vingt-dix heures,
à la fin de la journée, si vous n’avez pas le temps de prier, c’est que votre emploi du temps est trop chargé. Supprimez alors quelque chose.

Aperçu des autres chapitres de ce précieux livre :

Chapitre 1 : À l’école de la prière
8 conseils pratiques pour développer notre vie de prière. Au-moins deux d’entre eux sont assez inédits : (7) Responsables, soignez votre prière publique ! (8) Priez jusqu’à ce que vous priiez !
Chapitre 2 : Le cadre de la prière
Le modèle d’une prière de l’apôtre Paul pour les Thessaloniciens
Chapitre 3 : De nobles requêtes
Une autre prière de Paul pour les Thessaloniciens
Chapitre 4 : La prière pour les autres
Un patchwork de prières de Paul pour stimuler cette prière d’intercession. L’auteur aimerait que nous nous en imprégnions !
Chapitre 5 : La passion, moteur de la prière
Encore une autre prière de Paul pour les Thessaloniciens !
Chapitre 6 : Un modèle de prière 
Une belle prière de Paul pour les Colossiens.

Chapitre 8 : Franchir les obstacles à la prière
La prière de Paul pour les Philippiens.

Chapitre 9 : Un Dieu souverain et personnel
La tension entre l’absolue souveraineté de Dieu et l’entière responsabilité de l’être humain.

Chapitre 10 : Prier le Dieu souverain
La prière de Paul pour les Éphésiens

N o t e  pour  les  chapitres   9  et  10  :
Vous vous doutez bien qu’avec ces titres et cette lettre aux Éphésiens apparaissent les sujets chauds entre frères calvinistes et non calvinistes.
Il est notoire que Don Carson se range parmi les premiers et vous savez que bibi se reconnaît parmi les seconds.
Or, à chaque fois que je lis un livre de ce frère, je suis surpris de constater que je n’y décèle pas une seule ligne que je trouverais erronée !
Je n’ai pas dit: « pas une seule phrase où je m’exprimerais autrement », mais pas une seule phrase qui me semblerait fausse par rapport aux Écritures !
Comme déjà dit ailleurs, je ne crois pas au compatibilisme entre deux affirmations contraires, mais les affirmations de D Carson me semblent éviter cet écueil, et sont parfaitement compatibles avec mes propres convictions sotériologiques que je défens sur ce blog.
Simplement, selon l’école calviniste « compatibiliste », l’auteur invoque le mystère devant la double réalité de la souveraineté de Dieu et de la responsabilité de l’homme.
J’ose espérer que le prochain article, venant du bord arminien cette fois, effacera un peu ce mystère, en fournissant une clé précieuse, que moi-même je n’avais jamais vue aussi clairement et qui devrait rapprocher les positions jusqu’ici divergentes !
J’ajoute encore qu’il y a un deuxième frère calviniste qui commence à partager ce privilège 🙂 d’un accord de plus en plus total avec mes convictions : c’est Florent Varak !  (C’est une pointe d’humour, rassurez-vous, je reçois beaucoup de lui, sinon mon épouse et moi, nous n’écouterions pas régulièrement ses podcasts !)
Chapitre 11 : Prier pour la puissance
Encore une prière pour les Éphésiens
Mes amis séniors vous allez vous régaler, les autres aussi  !
Vous trouverez ici un très large extrait de ce chapitre. Prenez-vous le temps de le lire un autre jour : on ne lit pas un livre en un jour non plus !
Prier pour la puissance
Chapitre 12 : La prière pour le ministère
Prière de Paul pour les Romains