La détresse des fins de vie en hospitalisation

Soins palliatifs, suicide assisté, voilà des faits de société auxquels nous pouvons tous être confrontés tôt ou tard ! Il y a un webinaire très éclairant à ce sujet. J’ai demandé à mon ami Alain STIRNEMANN, de l’équipe France Pour Christ de l’introduire…Merci de revenir ici après l’avoir visionné.

Petit commentaire

Salut Claude, 
Tu m’avais demandé d’écrire quelque chose au sujet de notre échange de table sur le sujet de la fin de vie. Je te propose en PJ ce témoignage. J’ai réécouté le webinaire de TPSG. Je le trouve très bien : 

Le docteur-écrivain présente avec raison la pertinence des soins palliatifs comme  »soins » respectueux des valeurs chrétiennes… mais nous sommes dans une société laïque et utilitariste. Avec l’explosion du coût financier de la prise en charge des patients, qui va pouvoir payer la facture ? 

La député souligne judicieusement qu’il est difficile en France d’aborder ces questions sous l’angle des religions… le militantisme a ses revers ! Mais elle nous encourage à vivre concrètement l’amour du prochain. 

Le théologien rappelle les fondements bibliques… je ne vois pas ce qu’il faudrait encore ajouter à tout cela. 

Quand je me sens dépassé par ce que j’entends dans mes accompagnements ou quand je n’arrive plus à comprendre ce que je suis en train de traverser, les livres de la sagesse (Job, Ecclésiaste, Ruth) sont d’un secours précieux. 
fraternellement Alain 

Témoignage d’Alain

Été 2000. Avec ma petite famille, nous quittons l’Alsace pour nous installer comme missionnaires dans l’Aisne. Dans les trois années à venir, le trentenaire que je suis est confronté à plusieurs décès, dont celle de mon papa.
Il n’était pas malade, il n’a pas eu à souffrir. Mais ces décès m’ouvrent une fenêtre sur la réalité de la mort, au-delà de l’éclaircissement théologique « le salaire du péché est la mort ». Désormais les questions suivantes vont s’imposer :
Qu’est-ce que le deuil ? comment entourer les proches endeuillés ?
Une association d’accompagnement de personnes en fin de vie et des endeuillés propose une conférence… je découvre l’existence et la pertinence des Soins Palliatifs j’apprends à connaitre des hommes et des femmes pour qui la bienveillance doit se concrétiser auprès des personnes malades et leur entourage.

Peu de chrétiens de mon entourage m’encourageaient dans mon engagement au sein de l’association Jalmalv-Ardennes qui va pourtant contribuer à la transformation de mon caractère. Par exemple : remplacer le jugement par l’écoute active !
Les 15 années d’accompagnements m’ont enrichi du témoignage des personnes en fin de vie, des réactions très variées de l’entourage et la complexité du travail des soignants. Certaines rencontres m’ont marqué. Je pense à cette maman atteinte d’un énième cancer. Elle était de mon âge et avait une petite fille de 9 ans. Le papa ne supportait plus d’être confronté aux récidives d’un cancer qui s’était déclaré 6 ans auparavant et déformait corps et âme de son épouse.
Les soignants étaient déroutés par cette situation familiale compliquée avec la perspective d’une mort assurée, mais qui semblait prendre son temps.

C’est une chose que de tenir un discours sur le sujet de ‘’la fin de vie’’, une autre de se confronter à sa réalité. J’ai fait le choix de ne pas être ‘’militant’’, mais de contribuer, à mon échelle, à aimer mon prochain.
Lorsque nous avons déménagé à Montigny-les-Metz, nous avons cherché à connaitre nos voisins. Parmi eux, deux dames âgées pour lesquelles nous veillons à être un soutien.

Au printemps, j’ai refusé de participer à un débat sur la fin de vie. Néanmoins j’organise cet automne une soirée pour faire connaitre les Soins Palliatifs aux Montigniens.

Alain STIRNEMANN

Petite conclusion perso

Partir dans l’éternité sans connaître son Sauveur est une réalité terrible. Cependant, dans cet article, ni Alain ni moi ne nous plaçons sur le terrain certes primordial du devenir de l’âme du pécheur appelé à comparaître devant son Dieu. Ce souci est pourtant autant le souci de l’ardent évangéliste qu’est Alain que le mien, mais ce n’est juste pas le sujet de nos propos d’aujourd’hui.

Une fin de vie peut être horrible même pour des chrétiens, j’en sais quelque chose pour de chères amies, pourtant animées de l’espérance vivante de l’éternité avec Christ ! Aussi, la question se pose :
Qui de nous aimerait voir l’un de ses bien-aimés dans une souffrance physique indicible, au-delà du supportable  ? Et qui ne comprendrait pas si certaines personnes n’aspirent plus qu’à une chose, mourir pour ne plus souffrir ?Au point où la proposition d’une piqûre « libératrice » pourrait être très tentante ?

Un projet de loi était en cours, qui semblait vouloir autoriser le suicide assisté dans notre pays. Depuis, il y a ce drôle de changement de gouvernement. 

Sans prendre parti, la pensée suivante me vient à l’esprit :
Et si nous priions avec foi pour un renversement de tendance ? Par exemple, pour un ministre de la santé qui aurait le courage de privilégier l’instauration des soins palliatifs dans tous les hôpitaux, malgré leur prix exorbitant ?

Prions aussi pour que nos soignants ne soient pas contraints à des actions contraires à ce que leur édicte leur conscience ! Autrement dit, incluons vraiment le sociétal dans nos intercessions auprès du Seigneur !
Et prenons aussi à cœur cet autre aspect d’un décès, l’accompagnement attentionné et aimant dans la durée des personnes endeuillées ! Merci, Alain !

Cet article fait partie de la rubrique « Chrétiens en ce monde », qui se veut interactive et pacifique, allez voir : https://jean3seize.com/ressources/
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7 réflexions sur « La détresse des fins de vie en hospitalisation »

  1. Merci pour les contributions de Alain et Claude.

    oui, pour prier pour les autorités, et le ministre de la Santé à venir, nous avons cette arme.

    Pour avoir exercé dans ces établissements administrativement rebaptisés EHPAD, j’ai pu constater dans la plupart des cas que les demandes appuyées d’en finir avec la vie signifiaient le souhait conscient ou non, d’en finir avec les non-dits, les conflits familiaux non résolus. La souffrance physique traduisait aussi la souffrance morale. Qu’il nous faut de la sagesse et du discernement pour avoir les bonnes attitudes, celles de l’écoute premièrement, celle des mots «  baume de Galaad » ensuite, quand c’est possible.

    Un directeur de Service de la Santé ( DASS) m’a rétorqué une fois qu’il ne fallait pas avoir d’état d’âme. Puisse la ministre de la Santé et les décideurs du ministère des Finances, avoir une âme, agissante, et bienveillante, au delà de l’aspect seulement comptable.

  2. Merci pour cette bonne contribution, zestful ! Heu… tu as peut-être aussi un nom français ? 😄


  3. quelle idée d’informaticien de me faire passer par un site en anglais qui me demande une inscription… J’en perds mon identité 😥…juste call me Denys, of course


  4. It,s very difficult to tame this english application…

    Mon identité s’en trouve affectée en conséquence 😢.

    je dois créer un compte avec mot de passe, et il me semble que malgré tout cela ne passe pas re -😢. Allô Houston i have a problem.

    just call me Denys 😉

  5. Ah bon, c’est toi Denys !!
    Normalement, je ne valide pas un commentaire anonyme, aid qq chose e disait que je n’étais pas en présence d’un inconnu ! Un peu d’humour ne fait pas de mal, cher zestful au matricule d’agent secret ! En espérant que tu arrives à te défaire de cette calamité informatique !

  6. Oui, c’est très bien d’avoir ce témoignage d’Alain, qui a pris le profil bas dans le bon sens. Et les commentaires de Claude et de Denys vont dans ce sens. Nous « brûlons » d’apporter l’Evangile dans des situations médicalement désespérée. Mais nous sommes aussi appelés à descendre d’un cran, à manifester simplement la compassion humaine. Pleurer avec ceux qui pleurent. Ne pas être frustrés si nous n’avons pas pu apporter la touche finale. Donner de l’amour à fonds perdus. C’est un apprentissage.

    Nous avons des connaissances dont la fille a choisi le départ assisté, dans un pays étranger. Nous avions de temps en temps prié pour cette jeune femme dépressive à mort, et nous avons donné des éléments, des encouragements. Quand j’ai appris sa mort, j’avais une acceptation, curieusement. Les gens sont libres et il faut les laisser partir. C’est le Seigneur qui veut produire en nous une compassion non « militante ». Encore une fois, nous restons militants dans l’âme. Ca ne changera pas. Mais apprenons à faire preuve d’humanité. Le chrétien a été pardonné et libéré de lui-même, justement pour avoir de la compassion. Sans attendre des « retours d’investissement ».

    C’est assez fascinant qu’Alain a vécu la transformation dont il témoigne. Un homme dynamique, fonceur, que nous voyons ici s’arrêter, s’asseoir au chevet d’un malade et vibrer avec la famille de celui-ci, ne bouillant pas de « placer un mot » ! Et pourtant, son expérience montre que quand il prend cette attitude, il y a des effets secondaires bénéfiques : des familles en détresse peuvent être touchées.

    Christ s’est fait homme, et il nous apprend à être humain. Je n’aime pas trop qu’on dénigre le terme d’humaniste. Pour moi, Christ serait le plus grand humaniste, trouvant son inspiration d’en haut. Et ceux que nous désignons comme humanistes ne le sont que pas assez !

  7. Mon cher Francis,

    Merci de ta contribution autant pour Alain que pour l’humanisme, je n’aurais pas pu mieux le dire ! J’apprécie bien le ton de ce billet, encore merci !

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