Romains 6.3 : Baptisés en Christ, en sa mort ?

De quel baptême s’agit-il ? Le baptême d’eau ? Celui du Saint-Esprit ? Quelle importance ? Essayons brièvement d’y voir clair.

Voyons le texte, des versets 3 à  11 :

 Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c’est en sa mort que nous avons été baptisés? Par le baptême en sa mort nous avons donc été ensevelis avec lui afin que, comme Christ est ressuscité par la gloire du Père, de même nous aussi nous menions une vie nouvelle. En effet, si nous avons été unis à lui par une mort semblable à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection semblable à la sienne. Nous savons que notre vieil homme a été crucifié avec lui afin que le corps du péché soit réduit à l’impuissance et qu’ainsi nous ne soyons plus esclaves du péché. En effet, celui qui est mort est libéré du péché. Or, si nous sommes morts avec Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui,  car nous savons que Christ ressuscité ne meurt plus; la mort n’a plus de pouvoir sur lui. 10 Christ est mort, et c’est pour le péché qu’il est mort une fois pour toutes; maintenant qu’il est vivant, c’est pour Dieu qu’il vit. De la même manière, vous aussi, considérez-vous comme morts pour le péché et comme vivants pour Dieu en Jésus-Christ [notre Seigneur].

Notons que l’apôtre semble s’étonner que les Romains oublient  ce qu’il leur rappelle : Ignorez-vous ! Cela devait être assez important et faire partie de l’enseignement de base. Alors, que dire ?

Du côté sacramentaliste…

…, on voit ici le baptême d’eau, celui des nourrissons, qui ferait rentrer l’enfant dans l’Alliance. Ainsi, des côtés catholique, orthodoxe, luthérien et réformés, c’est clair que le salut est en Jésus-Christ, acquis uniquement parce que Jésus est mort à la croix pour nous. Mais l’appropriation de ce salut, comme déjà évoqué dans un autre article, se fait par le sacrement du baptême.
L’enfant baptisé n’est plus considéré comme étant un pécheur perdu, mais comme quelqu’un de l’intérieur de l’Alliance, qu’il convient d’enseigner pour en faire un disciple.

Les Évangéliques se sont résolument détournés de cette doctrine, au profit de la conviction que l’appropriation du salut se fait par la repentance et la foi.
À un moment donné, mes parents s’étaient distancés de cette doctrine,  avaient quitté leur paroisse luthérienne, et avaient contribué à la naissance d’une communauté libre, qui est devenue notre Église évangélique de Weislingen actuelle.
Avec ébahissement, je constate que de nos jours, il y a des signes de retour de certains Évangéliques au point… d’où nous venions !

Signalons encore en passant, une variante que j’appellerais… semi sacramentaliste : celles de certaines Églises du Christ, qui mettent bien la repentance et la foi en premier pour l’appropriation du salut, mais ils les complètent par la nécessité du baptême (d’adultes). Ils s’appuient sur ce texte :

Marc 16.16 : Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, 

Ils enseignent donc que tant qu’une personne convertie n’est pas baptisée, elle n’est pas encore sauvée, car elle n’a rempli que la moitié des conditions.
Mais, eux, ils oublient… la moitié de ce verset :

mais celui qui ne croira pas sera condamné.

Jamais un acte humain ne pourra compléter ce que Christ a accompli. La foi n’est pas un complément, c’est la main qui se saisit de la grâce offerte. Ajouter le baptême comme condition de salut, serait y mettre une œuvre, un sacrement même si le baptême est un acte d’obéissance de ceux qui sont déjà sauvés !

Du côté évangélique…

Par réaction, je pense qu’on a longtemps édicté que Romains 6.3 et ss. parlait du baptême du Saint-Esprit, sans autre assise exégétique que celle de dire que c’est par le Saint-Esprit que nous sommes en Christ, ce qui est vrai, mais n’est pas suffisant pour conclure.

Aujourd’hui, la majorité des commentateurs évangéliques voient bien en Romains 6.3… le baptême d’eau des nouveaux croyants. Mais nullement comme un sacrement ! Ils font remarquer qu’à l’époque, le baptême suivait immédiatement la conversion, (cf. l’eunuque éthiopien), les deux évènements n’en faisaient qu’un.  Ainsi, le baptême d’eau était plus qu’un symbole a postériori, c’était vraiment, comme écrit Pierre :

1 Pierre3.21 : C’était une figure: nous aussi maintenant, nous sommes sauvés par un baptême qui ne consiste pas dans la purification d’une impureté physique, mais dans l’engagement d’une bonne conscience envers Dieu. Il nous sauve à travers la résurrection de Jésus-Christ.

Illustrons cela par une de mes  comparaisons favorites : Quand est-ce que mon épouse et moi avons été liés par un lien indestructible et fort ?
À notre mariage civil ? Mais beaucoup de couples sont passés devant Monsieur le Maire sans jamais s’attacher l’un à l’autre ! Le rôle du magistrat est uniquement d’officialiser l’union d’un couple, pas de le créer !
À la cérémonie de la communauté et de la famille ? Elle n’a pas le pouvoir de créer un couple non plus, son rôle est uniquement d’être témoin des engagements pris et d’entourer le couple d’amour et de prières !

Pour moi, le moment crucial où Sonia et moi sommes devenus réellement un couple pour la vie, c’est quand chacun de nous deux a fait don de son cœur à l’autre, en ayant fait table rase de toute autre amourette antérieure, et en ayant éliminé radicalement tout autre choix futur d’une autre personne à côté ou à la place de l’être aimé. >> Rupture, union !

La cérémonie à la mairie, indispensable, n’a fait que sceller et officialiser notre union. À 8H00, ce samedi 26 octobre 1974, nous sommes rentrés à la mairie de mon village. À 8H10, nous étions déjà sortis, mari et femme. J’ai trouvé cela si expéditif que j’ai prolongé l’évènement en frappant à la porte de l’école, dans le même bâtiment, pour présenter ma nouvelle épouse à mon ancienne institutrice ! Vous vous doutez bien que ce n’est pas cet acte civil, aussi fondateur qu’il soit pour la réalité du mariage, qui aura laissé un souvenir impérissable ! 🙂

Ainsi en est-il, me semble-t-il, du baptême de Romains 6.
Paul parle bien du baptême d’eau des croyants, mais prenant toute sa valeur dans ce qui venait d’avoir lieu : l’union du pécheur repentant à Jésus-Christ son Sauveur, l’engagement sans ambiguïté des baptisés à suivre Jésus dans sa mort et sa résurrection !

Ils ont rompu avec tout faux Sauveur et Seigneur, ils ont renié la domination du péché et du Moi sur leur vie, et se sont confiés en celui qui les a libérés de leur esclavage à leur égard. Cette conversion, cette nouvelle naissance et cette officialisation de la chose par les eaux du baptême forment donc un tout indissociable, sans que le baptême d’eau en lui-même n’ajoute quoi que ce soit à ces réalités. >> Rupture, union !

Compléments

Pédobaptisme et sotériologie

Christ a-t-il envoyé Paul baptiser ou non ? 1 Corinthiens 1 :17 dans le(s) contexte(s)   (sur l’importance du baptême d’eau)

Sophie : Une vie au service du Maître
(témoignage de ma maman, voir ma réponse au commentaire de mon frangin ci-dessous)

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7 réflexions sur « Romains 6.3 : Baptisés en Christ, en sa mort ? »

  1. Mon ami Richard Doulière ne partage pas ma lecture de Romains 6.3. Au lecteur de se faire une opinion :
    « Il me semble évident que Paul en Romains 6 ne parle pas du baptême dans l’eau, ni Pierre en 1 Pi 3.21. J’ai toujours baptisé ceux qui me l’ont demandé. Je crois la chose utile, mais je ne crois pas que Jésus nous le demande, à nous païens. Donc parler d’obéissance n’est pas correct si je n’ai pas tout faux. Ce fut demandé aux prosélytes et Jean-Baptiste l’inaugura pour les Juifs pour qu’ils comprennent et confessent par là qu’ils avaient autant besoin d’être purifiés que les païens. Mais nulle part, après la mise de côté (provisoire) d’Israël en Actes 28 (et, par là même de l’église judéo-chrétienne, le baptême d’eau n’est mentionné comme une prescription du Seigneur qui n’a lui-même jamais baptisé dans l’eau !

    Je pense, par ailleurs, que pour être identifié au Christ en sa mort, il y a un nouvel acte de foi à poser, c’est une vérité à prendre en compte, comme Paul le demande en Ro 6.11 ? Tous ceux qui sont nés de nouveau suite à l’acte de foi dans le pardon ne sont pas dès lors immergés dans la mort du Christ !
    Montrer ces diverses étapes est le sens de mon livre « Les Clés de la croissance »
    Meilleures pensées, Richard

  2. Je ne peux pas en dire autant pour ma famille, mais j’apprécie bien les histoires de famille témoignant de la fidélité de Dieu au-delà des générations ! Et comme j’ai eu le privilège de connaître et de fréquenter la maman de Claude et de Francis, j’apprécie d’autant plus ! Ceci étant, je rejoins Claude pour sa lecture de Romains 6, elle me semble la plus appropriée au contexte (mais j’ai hésité un temps pour une lecture plus spiritualiste).

    1. Merci, Roland ! Ça m’encourage ! Je fais comme toi, je lis, je trie, j’hésite, je confronte, et révise ma conviction, prêt à la modeler encore. (Il y aura une suite, après les pavés Sproul et Anderson, qui prendront encore un peu de temps.) D’ailleurs c’est toi qui m’a formé, Roland ! 🙂

  3. Merci pour cet article, Claude, mon frangin. Oui, nos parents avaient ouvert la voie. Au départ, ils voulaient être témoins dans leur milieu religieux, sans le quitter. Mais il leur a été signifié qu’on n’a pas besoin de conversion, puisqu’on était baptisés et qu’on se convertissait tous les jours… Ils ne pouvaient pas être d’accord avec ça. Nous sommes reconnaissants pour leur prise de position respectueuse et attristée !

    1. Merci pour ce complément d’info utile, cher frangin à double titre ! 🙂
      J’ajouterai une préhistoire à notre histoire familiale : Il se trouve que les arrière-grands-parents de notre maman avaient été des anabaptistes, baptisés par aspersion comme croyants. (Ce n’est que plus-tard que ces communautés sont passées au baptême par immersion). Le nom de « baptiseurs » s’est attaché aux descendants de ces aïeux, même s’ils avaient abandonné la foi de leurs ancêtres. C’est ainsi que dans ce village de Struth, qui est devenu le nôtre, on appelait ma mère : « La Sophie des Baptiseurs », longtemps avant que cela ne corresponde à une réalité dans sa vie ! Mon père aussi a pu remonter à des ancêtres chrétiens, dans un toute autre contexte. Merci Seigneur pour cette résurgence bénie qui nous a permis, à mon frère et moi, de connaître l’Evangile très jeunes ! Voir le témoignage de notre maman au bas de cet article.

      1. Nous avons lu le témoignage de mémé ainsi que tes rajouts avec émotion, et beaucoup de fierté pour ce personnage qu’était ma grand mère ! Merci 😃

      2. Je ne sais pas si beaucoup de personnes reviendront encore sur cet article, mais au cas où, je signale quand-même que ton témoignage à toi, Marylène, est également présent sur ce blog, aussi dans la rubrique « Témoignages »! D’ailleurs, je suis preneur de nouveaux témoignages de vie !

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