Tout ramené à moi ? Richards/O’BRIEN

Découvrir le cœur de la volonté divine. Extraits et résumés du 9e chapitre du livre Lire la Bible sans filtre de E. Randolph RICHARDS et Brandon J. O’BRIEN,  La Maison de La Bible.

2021-08-03

Convention : Ce livre est à deux plumes. Par simplicité, je parlerai de « les auteurs », que ce soit l’un ou l’autre. Les citations des auteurs sont en retrait.

 Moi, je connais les projets que je forme pour vous, déclare l’Eternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l’espérance

_____________________

Qui ne s’est jamais approprié ce merveilleux verset de Jérémie 29.11 ?
Les auteurs rappellent que ce verset a un contexte, et que Dieu s’adresse ici à des Judéens en situation d’exil à Babylone :

En revanche, voici ce que dit l’Éternel : Dès que 70 ans seront passés pour Babylone, j’inter­viendrai en votre faveur, j’accomplirai ce que je vous ai promis en vous ramenant ici. (Jérémie 29.10).

Je me laisserai trouver par vous, déclare l’Éternel, et je ramènerai vos déportés. Je vous rassemblerai de toutes les nations et de tous les endroits où je vous ai chassés, déclare l’Éternel, et je vous ferai revenir à l’endroit d’où je vous ai fait partir en exil.  29.14).

Les auteurs s’alarment de la tendance de notre culture à citer la Bible hors de son contexte, en nous appropriant les textes qui nous parlent et constatent :

Ce verset parle clairement de l’Israël antique et non pas de moi. Néanmoins, nous trouvons chacun le moyen de ramener ce verset à nous. // À nos yeux, une telle application révèle une tendance …  à lire chaque promesse biblique, chaque bénédiction, comme si elle s’appliquait nécessairement à nous, à chacun de nous, individuellement. Plus précisément, nous sommes convaincus que le « nous » inclut toujours le « moi » individuel. Or, ce n’est pas forcément le cas. // Nous continuons à croire que l’univers tourne au­tour de nous.

Moi au centre

Moi au centre ? Ce n’est pas notre théologie, n’est-ce pas ? Mais les auteurs taclent :

Nous chantons le (magnifique) can­tique : « Tout est centré sur toi, Jésus. » Ah oui ? Tout est centré sur Jésus, mais seulement tant que le culte, le bâtiment et la musique me plaisent, tant que j’aime les gens qui m’entourent, tant que la durée du culte me convient. À un moment donné, au sein de la génération actuelle, l’invitation : « Prends ta croix et suis-moi » est devenue : « Viens à Jésus et il rendra ta vie meilleure. »

Les auteurs montrent comment l’individualisme a envahi et dominé nos sociétés occidentales, et craignent que l’Église en ait été bien infectée.
Ils citent le sociologue Christian Smith qui qualifie la religion de la plupart des adolescents aux États-Unis de déisme moraliste thérapeutique. De quoi s’agit-il ?

D’après le sociologue, l’adolescent moyen ne croit pas que l’homme existe pour accomplir la volonté de Dieu. Il croit plutôt que Dieu existe pour satisfaire tous les besoins humains. Les auteurs sont convaincus que les observations de Christian Smith ne s’appliquent pas uniquement aux adolescents et continuent :

De nombreuses prédications se focalisent sur les besoins des auditeurs tels qu’ils les perçoivent ; une telle pratique suggère que la valeur des Écritures, et en fin de compte de l’Évangile lui-même, se résume à ce qu’ils peuvent m’apporter. //
Si nous sommes encouragés à envisager notre relation avec Dieu et avec l’Église en termes d’avantages personnels, nous allons tout naturellement adopter la même approche envers la Bible. Vous l’aurez deviné : cette tendance peut nous conduire à commettre des erreurs d’interprétation biblique.

Moi et la Bible

Les auteurs reconnaissent que notre erreur d’interprétation que nous abordons ici s’appuie sur au moins deux convictions très positives.

Premièrement, en tant qu’évangéliques, nous croyons que la Bible nous concerne et s’applique à nous. Nous recon­naissons donc qu’elle rapporte des faits historiques, mais nous croyons qu’elle s’ap­plique également aux chrétiens dans le présent et, par extension, dans l’avenir.

Deuxième vérité pertinente : Dieu est le même hier, aujourd’hui et demain. Son caractère ne change pas ; c’est pourquoi nous sommes sûrs qu’il agira avec nous comme il a agi avec son peuple avant nous. Il était fidèle en ces temps-là ; il l’est toujours aujourd’hui. Nous en déduisons donc que les promesses qui s’appliquaient à son peuple dans le passé continuent à s’appliquer à son peuple actuellement. (Lamentations 3.22).

Les auteurs évaluent :

Nous affirmons de tout cœur ces deux vérités : la Bible s’applique à nous et Dieu n’est pas capricieux. Le problème, c’est que ces idées fondamentales sont déformées lorsque nous les examinons à tra­vers le prisme du moi. L’Église a toujours cru que les Écritures s’ap­pliquent à nous. Mais la signification de ce nous dépend de notre position dans l’histoire.

Citant Eugene Peterson, les auteurs montrent qu’autrefois, on recevait la Parole collectivement (lecture orale, prêche…) Depuis Gutenberg, on peut lire la Parole seul chez soi.

Désormais, au lieu de : « Que signifie cela pour nous ? », notre question instinctive est : « Que signifie cela pour moi ? » Après Gutenberg, le glissement vers une interprétation individuelle et centrée sur le lecteur était tout naturel. Mais nous ne devons ja­mais perdre de vue les implications d’un tel changement.

De plus, il va de soi pour nous que tout est centré sur moi. La Bible nous paraît soutenir notre préoccupation centrée sur nous- ­mêmes : nous déduisons de ses passages que Dieu nous a créés uniques, qu’il a un plan particulier pour chacun d’entre nous, que, par conséquent, il doit avoir quelque chose de spécifique à nous dire dans les Écritures.

Les auteurs prennent un exemple, qui va nous intéresser tout spécialement dans la thématique générale du blog :

Dieu a dit à Jérémie : « Avant de te former dans le ventre de ta mère, je te connaissais, et avant que tu naisses, je t’avais consacré » (Jérémie 1.5).
De la même manière, Ésaïe et Paul ont affirmé avoir été appelés par leur nom (Ésaïe 49.1) ou mis à part (Galates 1.15) avant même leur naissance.

Étant un Occidental, j’en conclus : « Si Dieu les a choisis dès le ventre de leur mère, alors il doit m’avoir choisi aussi. » Je citerai peut-être même le Psaume 139.13 à l’appui de cette conviction. Or, il s’agit d’un raisonnement circulaire : nous interprétons ces passages ainsi parce que notre culture nous dit que nous sommes à part et uniques. En fait, la Bible semble ici vouloir dire l’inverse : Jérémie, Ésaïe et Paul sont en train d’expliquer qu’ils constituent une exception. Contrairement à tous les autres, l’Éternel les a mis à part pour un message particulier et une mission particulière. Dans notre lecture à nous, Jérémie est certes « à part « , mais de la même manière que tous les autres.

Remarque : Ne pensons pas que les auteurs veuillent aller à l’autre extrême, qui serait de renoncer à toute application personnelle de la Parole lue à notre cas particulier. Il nous faut nous méfier tout autant d’un collectivisme total que d’un individualisme viscéral. L’équilibre est toujours une chose difficile, mais je soutiens les auteurs en suggérant que pour nous, occidentaux, le danger est certainement plus grand de nous fourvoyer par excès d’individualisme.
Et, attention, on parle ici de certaines promesses, pas des exhortations à l’obéissance et à la sanctification, que bien évidemment, nous ferions bien de prendre chacun personnellement pour soi, ainsi que beaucoup de promesses précieuses ! (CS)

Simplement, les auteurs nous montrent que « notre lecture des Écritures individualiste peut nous mener à des attentes irréalistes envers Dieu qui, lors­qu’elles sont déçues, peuvent nous amener à douter de la véracité des Écritures et de ses promesses ». C.S

Prenons le Psaume 37.25 : « J’ai été jeune, j’ai vieilli, et je n’ai pas vu le juste être abandonné ni ses descendants mendier leur pain.» Si nous prenons ce verset au pied de la lettre et hors de son contexte, nous pourrons croire qu’un chrétien n’aura jamais à souffrir de la faim, n’est-ce pas ?
Et si vous ne parvenez plus à payer le loyer ou à acheter de quoi manger, en conclurez-vous que Dieu n’a pas tenu ses promesses ?
Nous nous mettons à douter :
« Si ce verset n’est pas vrai pour moi, peut-il vraiment être vrai ? »
Nous aborderons ces problématiques plus en détail dans la suite du chapitre. Pour ce faire, nous nous attarderons sur trois célèbres passages bibliques : Jérémie 29, Romains 8 et Matthieu 24.

Le plan merveilleux de Dieu pour ma vie

 En effet, moi, je connais les projets que je forme pour vous, déclare l’Éternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l’espérance  (Jérémie 29.11).

Ce verset a déjà été replacé en amont dans son sens véritable concernant Israël. Les auteurs soulignent 3 erreurs que nous faisons souvent dans notre lecture de ce passage :

  1. Nous prenons ce qui nous arrange ! Il allait y avoir une période de jugement effroyable, et non de paix et bonheur immédiats. Les lecteurs s’appliquent-ils aussi cette partie de la prophétie ??
  2. Nous transformons sciemment le « nous » en « moi  » !  » Je connais les projets que j’ai pour toi, (Claude, Sonia etc…) »

Pour les destinataires initiaux, l’objet de la phrase, vous, signifiait « mon peuple, Israël, dans son ensemble  » (Si Dieu parlait de chaque Israélite individuellement, alors la pro­messe est absurde avant même qu’il ne l’ait pleinement énoncée. Hélas, cette promesse incluait qu’il y aurait le meurtre et l’esclavage de milliers d’in­dividus israélites (2 Rois 24-25), qui auraient sans aucun doute contesté la promesse « et non de malheur ».
En outre, Jérémie 29.4-7 indique que la bénédiction de Dieu s’étend aussi aux enne­mis d’Israël, les nations au sein desquelles les Juifs vivent en exi­lés. Pourtant, malgré les circonstances, l’Éternel a pour Israël des projets de paix.
Il ne leur épargne pas l’exil ; il les bénit en dépit de leur condition d’exilés.
De nombreux individus n’ont assuré­ment pas connu la prospérité. Ils ont dépéri sans pouvoir espérer un avenir meilleur. L’esclavage et la souffrance étaient leur lot. La promesse ne s’applique peut-être pas à moi, mais cela ne signifie pas qu’elle ne s’applique pas à nous.

3.  La troisième erreur : Les auteurs affirment que nous, les Occidentaux, nous avons tendance à ap­pliquer la méthode micro-ondes à ce verset : nous l’interprétons en mode avance rapide.

II est vrai que Dieu bénit les membres de son peuple : environ 70 ans plus tard, ils reviendront dans leur pays avec sa bénédiction. La plupart des chrétiens occidentaux qui citent ce verset seraient réticents à admettre que les projets de Dieu vont peut-être rester flous pendant deux générations. Pire encore, les deux générations intermédiaires vont probablement connaître toutes sortes de souffrances. //

Pour éviter les erreurs d’interprétation, nous devrions déterminer ce que le texte signifiait à l’époque avant d’essayer de tirer des applications pour nous aujourd’hui. Selon nous, meilleure manière d’interpréter Jérémie 29 serait de dire : Bien que les Israélites soient en situation d’exil, Dieu va les bénir en bénissant ceux qui les ont réduits à l’esclavage (Jérémie 29.7). Un jour, il les délivrera de l’exil, mais cela se produira bien plus tard. D’ici là, ils doivent garder confiance : Dieu est à l’œuvre pour délivrer, même s’ils ne le voient pas.

Pour les auteurs, cette interprétation conduit à des applications bien vastes et plus profondes que nos erreurs de lecture traditionnelles.

Nous devons nous rappeler que nous sommes « étrangers et exilés  sur ­la terre » (1 Pierre 2.11, BFC), membres des « douze tribus dis­persées » (Jacques 1.1) dont le « droit de cité est dans le ciel, (Philippiens 3.20). Tout comme les Israélites dans Jérémie 29, l’Église a été choisie par Dieu et vit en exil, dispersée dans le monde entier (1 Pierre 1.1).
Une application plus plausible de Jérémie 29.11 serait donc que Dieu met en œuvre ses projets de paix pour son Église. Bien que celle-ci semble parfois incapable de résister à ses ennemis (gouvernements ou idéologies hostiles, infidélité de ses propres membres), il est déterminé à la faire grandir, comme le grain de moutarde. Il a promis de la rendra parfaite.
En attendant ce jour, nous travaillons fidèlement, sachant que le Seigneur est en train d’accomplir ses projets pour son Église, dont nous faisons partie, chacun de nous, en tant que simples membres, mais non en tant que centre.

Le plan de Dieu dans mes épreuves

Les auteurs examinent un autre passage que nous avons coutume de mal interpréter : Romains 8.28. Nous comprenons que « nous  » signifie « moi ».

Nous savons, du reste, que Dieu fait concourir toutes choses au bien de ceux qui l ‘aiment, de ceux qui sont appelés se­lon son dessein.

Nous utilisons massivement ce verset pour encourager ceux qui souffrent. Décès d’un être cher, fin d’une carrière ou occasion manquée : les chrétiens ont tendance à citer, en toute sincérité, Romains 8.28 pour assurer aux personnes en souf­france que Dieu continue à œuvrer avec eux et pour eux et que ce malheur fait donc partie du plan de Dieu pour eux.

Les auteurs rendent attentif à deux sérieuses erreurs de lecture :
La première : Nous lisons que toutes choses sont bonnes, puisque venant de Dieu.

Nous entendons souvent : « Tout ce qui se produit est la volonté de Dieu. » Nous répondons : « Faites-vous toujours la volonté de Dieu ? »  « Non », finira-t-on par admettre à contrecœur. Exact. L’une des définitions du péché, c’est le refus d’obéir à la volonté divine. N’utilisons pas ce verset pour essayer de transformer une mau­vaise chose en une bonne chose en suggérant qu’elles sont toutes causées par le Seigneur. Ce serait une grossière erreur. Dieu fait parfois naître le bien des cendres du mal, mais ce n’est pas la même chose. Souvent, Job est mentionné ici. Quelqu’un me rap­pellera sans doute que Job a eu d’autres fils et filles (Job 42.13). Sans vouloir offenser quiconque, si Dieu prenait mes fils au­jourd’hui et m’en donnait deux autres plus tard, nous ne serions pas « quittes » pour autant. Je ne voudrais jamais, au grand jamais, citer Romains 8.28 à un parent endeuiIIé. Ce verset ne signifie pas : « Accroche-toi, Dieu va te dédommager. »

La deuxième erreur, c’est quand notre instinct individualiste nous fait lire : … au bien pour moi ! Les auteurs rappellent que tous les martyrs chrétiens étaient convaincus de la véracité de Romains 8.28. Pourtant, d’un point de vue humain, les choses n’ont pas bien tourné pour eux.

Romains 8.28, comme Jérémie 29.11, renvoie probablement à nous et non à moi. Tout concourt au bien du peuple de Dieu (au sens collectif), même si des croyants individuels endurent par­fois la mort ou toutes sortes de souffrances absurdes. Soyons prudents lorsque nous appliquons une promesse destinée à l’en­semble du peuple de Dieu à un individu ou même à un groupe ou une génération spécifiques. //
(Pour chacun d’entre nous), cette promesse ne dit pas que nous n’aurons jamais à souffrir et serons à l’abri de toute peine. Elle nous assure plutôt qu’à travers les souffrances et les peines qui découlent iné­vitablement de notre nature humaine, Dieu peut nous former à la piété. Dans le cas présent, l’accent n’est pas placé sur l’espoir qu’il fera tout contribuer à notre bien personnel. II est placé sur le fait que Dieu prépare son peuple, c’est-à-dire nous, à mieux le servir.

La fin prévue de mon vivant

Après avoir parlé de divers prophètes de la fin des temps imminente, les auteurs se demandent pourquoi les Occidentaux semblent être convaincus que Christ reviendra pendant « leur tour de garde ».  Ils dénoncent deux approches légères des textes bibliques.

La première consiste à affirmer qu’un passage donné traite de la fin des temps, sans aucune indication scripturaire à ce sujet.
La deuxième consiste à déduire que les temps en question sont les temps actuels.

Cette méthode vous semble-t-elle familière ? C’est celle qu’a utilisée Hal Lindsey pour inclure le communisme dans le plan de Dieu pour la fin des temps. Et beaucoup de chrétiens continuent à lire la Bible de cette manière, en particulier les livres de Daniel et de l’Apocalypse, ainsi que des passages comme Matthieu 24.3-8, où Jésus parle de « la fin du monde ». L’influence persistante de cette méthode en Occident s’explique probablement par l’impor­tance primordiale que nous accordons au moi. ( C’est avec cette méthode que nous lisons inconsciemment), les paroles de Jésus :

« Vous entendrez parler de guerres et de menaces de guerres. [ … ] Une nation se dressera contre une nation et un royaume contre un royaume, et il y aura en divers endroits des famines, des pestes et des tremblements de terre» (Matthieu 24.6-7) et à les appli­quer directement à notre situation actuelle. Tous ces événements se produisent en ce moment même, non ? Certes, oui. Cela ne signifie-t-il pas que la fin arrivera de mon vivant ? Pas forcément. De tels événements se produisent depuis deux mille ans, depuis que Jésus a énoncé cette prophétie. Et, en nous focalisant sur eux, nous passons à côté de son commandement : « Ne vous laissez pas effrayer, car il faut que toutes ces choses arrivent », mais « tout cela sera le commencement des douleurs » et non les signes évidents de la fin (Matthieu 24.6-8).

Le serviteur qui est prêt à l’arrivée de son maître est qualifié d’heureux : makarios (Luc 12.37-38). Lorsque ses disciples l’ont questionné sur la fin du monde, Jésus a raconté successivement trois paraboles (Matthieu 24.3). Dans la première, il avertit que le maître peut arriver n’importe quand : « C’est pourquoi, vous aussi, tenez-vous prêts, car le Fils de l’homme viendra à l’heure où vous n’y penserez pas » (Matthieu 24.44). Dans la deuxième, il signale que cela pourrait arriver plus tôt que nous ne le pensons (Matthieu 24.50), et dans la troisième, que cela pourrait arriver plus tard que nous ne le pensons (Matthieu 25.5). Nous voyons clairement où le Seigneur voulait en venir. Il a tenu compte de tous les aspects : plus tôt ou plus tard, les deux sont possibles. L’essentiel se trouvait dans la première parabole : il « viendra à l’heure où vous n’y penserez pas ».
Or, nous ne semblons jamais fatigués de nous livrer à des spéculations.

Conclusion

Depuis des siècles, notre culture nous pousse à lire la Bible en nous plaçant au centre, si bien que nous sommes influencés par des centaines d’années de renforce­ment culturel. Certains cherchent à rectifier le tir dans différents domaines. Plusieurs théologiens nous encouragent à reconnaître que, lorsque la Bible parle de rachat, elle ne se contente pas d’un salut personnel et individuel. La création elle-même sera restau­rée, cette création qui, «jusqu’à maintenant, [ … ] soupire et souffre les douleurs de l’accouchement» et aspire au jour où elle sera «elle aussi libérée de 1 ‘esclavage de la corruption pour prendre part à la glorieuse liberté des enfants de Dieu» (Romains 8.21-22). //

Lorsque nous prenons conscience que tous les passages de la Bible ne sont pas centrés sur nous, nous commençons à voir que le véritable sujet qu’elle traite, celui dont elle parle vraiment, c’est l’œuvre de libération de Dieu en Christ. Dieu est en train de restaurer toute la création (y compris moi), mais je ne suis pas le centre de son œuvre. Cessons d’être absorbés par nous-mêmes : il y a bien plus important !

Les auteurs donnent quelques conseils pour mettre cela en pratique. Je vous les laisse découvrir dans leur livre. Mais nous voulons vraiment nous entraîner à nous deman­der : « Comment ce passage s’applique-t-il au peuple de Dieu? »

Proverbes 22.6 déclare : « Éduque l’enfant d’après la voie qu’il doit suivre ! Même quand il sera vieux, il ne s’en écartera pas.» Parmi nos lecteurs, certains ont probablement éduqué leurs rejetons en leur montrant le chemin de la foi chrétienne, mais cela n’a pas empêché qu’ils s’en écartent. Si nous lisons ce verset de façon in­dividuelle (et avec la croyance occidentale selon laquelle cette pro­messe doit s’appliquer tout le temps à tout le monde), nous devons en conclure que vous avez échoué dans l’éducation prodiguée. Si nous comprenons ce verset de façon collective, une meilleure ap­plication consisterait à dire que, si le peuple de Dieu (dans son ensemble) enseigne le chemin de la foi à ses enfants, il y aura une nouvelle génération de chrétiens pour marcher sur ses traces.

Comme chaque chapitre, celui-ci se termine par des questions pour la réflexion. Découvrez-les. Je ne résiste pas à y « piquer » celle-ci. Les auteurs parlent d’une pandémie. C’était avant le Covid 19. Mais cela est très pertinent :

Lorsque frappera la prochaine plaie, citerons-­nous le Psaume 91.5-7 : «Tu ne redouteras ni les terreurs de la nuit ni la flèche qui vole durant le jour, ni la peste qui rôde dans les ténèbres ni le fléau qui frappe en plein midi. Si 1000 tombent à côté de toi et 10000 à ta droite, tu ne seras pas at­teint» ? Ce texte est-il pertinent pour moi ? Avant de vous em­presser de le revendiquer, rappelez-vous que Jésus ne l’a pas fait. Satan a essayé de le pousser à revendiquer les promesses de ce Psaume pour lui-même, notamment les versets 11-12, et Christ a refusé (Luc 4.9-11). Comment déterminer quelle est l’application correcte de ces versets ? A qui « tu » renvoie-t-il?

Dans 2 Corinthiens 6, Paul parle de Dieu en nous travaillant avec nous (2 Corinthiens 6.1) à tout point de vue (2 Corinthiens 6.4). Son argument ici ressemble à Romains 8.28. Ce passage est néanmoins moins populaire, peut-être parce que Paul précise en quoi consiste ce « à tout point de vue » (2 Corinthiens 6.4-5): souffrances, détresses et angoisses, coups, emprisonnements, émeutes, travaux pénibles, privations de sommeil et de nour­riture. De nombreux chrétiens non occidentaux témoignent que Dieu a fait concourir les coups et les emprisonnements « au bien « .
Dieu peut-il faire concourir ces choses à notre bien ? Quels problèmes d’interprétation se posent lorsque je lis ce verset en l’appliquant à moi spécifiquement ?

Et cette autre :

Combien de fois arrive-t-il que je me contente de demander à Dieu de changer une situation donnée à mon avantage ou pour mon confort personnel, dans mes prières ?

Notes :

  1. Vous trouverez deux articles extraits de celui-ci dans la rubrique « Sous la loupe ». Il s’agit de l’exégèse de Jérémie 1.5 et celle de Romains 8.28.

    Jérémie 1.5 : Choisis dès avant notre naissance ?
    Romains 8.28 : Toutes choses voulues par Dieu pour mon bien ?

Dans chaque cas, j’ai ajouté le lien vers 2 commentaires d’articles d’auteurs différents, qui exposent une application individuelle de ces versets complémentaire à l’exégèse collectiviste des auteurs, nullement contradictoires avec eux. Béni soit Dieu, dans son infinie sagesse, il ne confie pas toute la vérité à un seul messager, car là aussi, sa pensée est collectiviste : c’est l’Eglise, son messager, pour peu qu’elle s’appuie sur les Écritures ! 

2. Je me permets d’ajouter ici le verset du jour d’aujourd’hui de YouVersion :

Si tu traverses les eaux, je serai avec toi; Et les fleuves, ils ne te submergeront point; Si tu marches dans le feu, tu ne te brûleras pas, Et la flamme ne t’embrasera pas. Ésaïe 43:2

Voilà ce qu’écrit le commentateur Oswalt (Encyclopédie des Difficultés bibliques) :

La pointe de la déclaration prophétique est que Dieu libère son peuple non pour que les épreuves lui soient épargnées, mais mais afin qu’il affronte les inondations et feux de forêts avec la présence et l’aide du Seigneur qui est « avec lui » comme il a été avec Joseph dans ses épreuves (cf. Genèse 39.2, 21, 23, etc.) Pour Schneider (pas moi ! :-)), Dieu le mène exprès vers ses obstacles afin qu’il les surmonte par la foi. 

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4 réflexions sur « Tout ramené à moi ? Richards/O’BRIEN »

  1. Intéressant lorsque les auteurs ont souligné que le risque de nos lectures individualistes est de nous « mener à des attentes irréalistes envers Dieu qui, lors­qu’elles sont déçues, peuvent nous amener à douter de la véracité des Écritures et de ses promesses » !

    Merci d’avoir replacé tous ces versets si connus dans leur contexte. Ils n’en sont pas moins magnifiques car ils nous parlent de notre Dieu merveilleux qui aime son peuple… et quel privilège de faire partie de ce peuple !

    Donc que tout ceci ne nous empêche pas de rechercher les promesses et la volonté de Dieu, tout en sachant, comme tu l’as cité, que « le Seigneur est en train d’accomplir ses projets pour son Église, dont nous faisons partie, chacun de nous, en tant que simples membres, mais non en tant que centre. ». !

  2. « Il nous faut nous méfier tout autant d’un collectivisme total que d’un individualisme viscéral. », je souscris ! Mais il faudrait le même équilibre entre une application directe de l’Ecriture, sans aucune autre considération, et un détachement, une distance historique, où le texte ne me concerne plus.

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