Qu’en est-il du salut des enfants qui décèdent avant l’âge de raison ?

Cette question du salut des petits enfants décédés avant l’âge de raison est récurrente. L’article de foi des Remontrants ci-dessous me donne l’occasion d’aller (re)voir cela de près !

Tous les enfants des croyants sont sanctifiés en Christ, de sorte qu’aucun d’entre eux ne périsse s’il quitte cette vie avant l’usage de la raison. Les enfants de croyants qui quittent cette vie dans leur enfance avant d’avoir commis un péché en leur nom propre, ne sont en aucun cas à compter dans le nombre des réprouvés.
(L’Opinion des remontrants (1618) , article 1.9)

Les enfants qui décèdent en bas âge -du moins ceux des chrétiens-(1) seraient donc sauvés automatiquement ?

Cette thèse semble aussi être sensiblement la même du côté calviniste, et  William Mac Arthur l’expose dans un livre dédié à la question.
Rassurant pour les parents, mais je verrais 3 objections :

  • C’est affreux de le dire, mais d’une certaine manière, la meilleure chose qui pourrait arriver à un enfant, ce serait de mourir en bas âge !?
  • Il y aurait 2 sortes de rachetés au ciel : ceux qui ont cru et ceux qui n’ont pas pu croire. Les premiers se seront approprié la grâce offerte par la foi, aux autres, ce salut serait attribué sans la foi.
  • La notion de salut même récuse cette thèse, me semble-t-il. Il ne s’agit pas juste d’une place au ciel, mais Christ est venu réconcilier les hommes avec Dieu ! Il me paraît problématique d’admettre que quelqu’un soit réconcilié à son insu…

Alors, que reste-t-il ? La prescience de Dieu qui voit ce que l’enfant aurait fait si… ? Un peu tiré par les cheveux ! Non, j’aurais tendance à me laisser convaincre par 3 considérations :

  • Les Écritures ne connaissent pas d’autre voie de salut que celle de la foi en Jésus-Christ et en son oeuvre expiatoire. (Celui qui croit… sera sauvé, celui qui ne croit pas en moi sera condamné…)
  • Dieu est assez puissant pour susciter une réaction de foi du cœur de chaque être humain, à partir du moment où il en est un, même si celui-ci ne pourra jamais formaliser cette foi. Cela inclut les embryons et les handicapés mentaux ! Considérons ces 3 évidences :
    * Doctrine : Jésus le dit ! Matthieu 21.16
    * Démonstration biblique : Luc 1.44
    * Expérience : Nous avons 2 jeunes adultes handicapés dans l’assemblée. Il faut voir leur bonheur de participer au culte, assis entre leurs parents !
  • Et si je me trompais ? Ben, comme vous, je dirais que de toute façon, Dieu est parfaitement juste et aimant !   Claude

(1) La suite du document suggère aussi une relation avec leur baptême, je ne m’y arrêterai pas ici.